Injecter de la mousse expansive autour d’une fenêtre semble résoudre les courants d’air, mais crée rapidement de la condensation et endommage la menuiserie. La norme DTU 36.5 l’interdit explicitement, préférant des solutions élastiques comme les bandes compribande et le mastic silicone.
Pour calfeutrer une fenêtre aux courants d’air, évitez la mousse expansive

La mousse expansive en bombe n'est pas une solution conforme pour calfeutrer le pourtour d'une fenêtre : le DTU 36.5 ne retient que les mastics sur fond de joint, les mousses imprégnées classe 1 et les membranes d'étanchéité. Pour un courant d'air, posez un fond de joint puis un mastic adapté au cadre, ou un bourrelet adhésif pour les petits interstices, en sachant qu'il s'agit d'une solution d'appoint.
Pourquoi la mousse expansive est-elle déconseillée autour d'une fenêtre ?
La mousse polyuréthane en bombe gonfle, durcit et occupe le vide entre le dormant et la maçonnerie. Elle ne gère pas correctement le transfert de vapeur d'eau et ne supporte pas les mouvements naturels du bâti : dilatation du dormant, tassement du mur. Une fois sèche, elle devient rigide et se fissure ; ces microfissures invisibles laissent passer l'humidité.
Son usage pour calfeutrer les fenêtres n'est pas conseillé en raison de sa faible résistance aux intempéries. Avec le temps, elle peut perdre son efficacité et compromettre l'isolation intérieure. L'air froid et l'humidité reprennent alors le chemin que l'on croyait avoir bouché.
Que prévoit le DTU 36.5 pour le calfeutrement d'une fenêtre ?
Le DTU 36.5 encadre la pose des fenêtres en France. Il est catégorique : un calfeutrement entre gros œuvre et dormant par injection de mousse expansive ne permet pas de satisfaire aux exigences d'étanchéité décrites et d'en assurer la pérennité. Les mousses polyuréthane en bombe n'ont pas reçu d'avis technique couvrant cette application.
Le document ne mentionne que trois types de calfeutrement :
- les mastics sur fonds de joint ;
- les mousses imprégnées classe 1 ;
- les membranes d'étanchéité.
La mousse expansive en bombe n'y figure nulle part. Elle ne doit jamais servir sur le pourtour exposé ni remplacer un joint d'étanchéité.
Quels risques pour le bois, le PVC et l'humidité ?
En emprisonnant la vapeur d'eau dans le joint, la mousse l'empêche de migrer vers l'extérieur. Elle stagne contre le bois du dormant ou contre le PVC. Le vitrage peut se couvrir de buée au premier matin froid : le joint a modifié la circulation de l'air et déplacé le point où la condensation se forme. Le courant d'air initial devient un problème d'humidité stagnante.
Sur un dormant en bois, cette humidité répétée ouvre la voie aux moisissures et, à terme, au pourrissement de la menuiserie. Sur un dormant en PVC, le risque porte davantage sur les ferrures métalliques et les joints d'origine, qui se corrodent au contact prolongé de l'eau.
Comment calfeutrer correctement un courant d'air de fenêtre ?
Les professionnels travaillent avec un ensemble périphérique qui reste souple dans la durée : bande compribande, fond de joint et silicone bâtiment en finition. La compribande, une mousse imprégnée qui se dilate progressivement, épouse les mouvements du bâti sans se fissurer. Le mastic silicone ou acrylique posé par-dessus assure la finition étanche visible.
Pour un courant d'air léger, sans gros écart entre dormant et mur, un bourrelet en mousse polyuréthane adhésif peut suffire. Il se colle sur le dormant et calfeutre des interstices de 1 à 5 mm, mais sa durée de vie reste limitée, de l'ordre de deux ans. C'est une solution d'appoint, pas un traitement définitif.
Comment retirer la mousse expansive et rattraper l'erreur ?
- Retirer la mousse durcie au cutter, en découpant l'excédent au ras du dormant sans entamer le bois ou le PVC en dessous.
- Dégager le support pour retrouver une base propre.
- Installer un véritable fond de joint, puis un cordon de mastic adapté au matériau du cadre : silicone neutre sur le PVC et l'aluminium, acrylique peignable sur le bois.
La mousse sèche se taille au cutter pour une pose nette. Cette reprise permet de rétablir un calfeutrement conforme, avec un fond de joint et un mastic de finition.
Qui est responsable si un artisan a posé la mousse expansive ?
Lorsque la mousse a été posée par un artisan lors d'une pose complète de fenêtre, il est légitime de lui demander s'il confirme que ses travaux seront couverts par la garantie décennale, en rappelant la position des fabricants de menuiseries en lien avec les DTU. Un calfeutrement non conforme engage sa responsabilité, pas celle du propriétaire.
Lors des réceptions de chantier, l'usage de mousse expansive peut être relevé comme non-conformité, parfois avec photos à l'appui. La buée du premier matin froid est un symptôme visible d'un défaut de calfeutrement.
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Sources : batiweb.com | forumconstruire.com
