510 ch et 4,6 s au 0 à 100 : pourquoi le Volvo EX60 refuse de jouer au SUV sportif

Sur le papier, le Volvo EX60 P10 coche presque toutes les cases du SUV électrique surpuissant. Deux moteurs, quatre roues motrices, 510 ch et un 0 à 100 km/h annoncé en 4,6 secondes. De quoi imaginer un engin prêt à transformer chaque sortie de rond-point en démonstration. Après l’avoir emmené sur les routes du Champ du Feu, le constat est assez différent : l’EX60 va vite, très vite même, mais Volvo a clairement choisi de ne pas en faire une sportive.

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Par Julien Thoraval

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510 ch, mais aucune envie d’en faire des tonnes

La montée vers le Champ du Feu fournit rapidement le terrain idéal pour vérifier ce que valent les 510 ch de cette version P10. Mode Performance activé, l’EX60 répond immédiatement à l’accélérateur. En sortie d’épingle, la poussée est franche, continue et surtout parfaitement lisse. Pas de coup de pied brutal ni de mise en scène artificielle. Le corps enregistre davantage une réserve de puissance qu’une démonstration permanente. Et pourtant, les chiffres sont là : le 0 à 100 km/h est expédié en 4,6 secondes. À titre de comparaison, un XC60 T8 ne lui rend que trois dixièmes sur le même exercice.

C’est probablement ce qui surprend le plus. Beaucoup de SUV électriques dépassant les 500 ch semblent considérer l’accélération comme leur principal argument. Le Volvo adopte l’approche inverse. La puissance est disponible quand on la réclame, puis disparaît presque aussitôt derrière le confort général de la voiture.

Ses 2,35 tonnes finissent forcément par se rappeler à vous

Une accélération en ligne droite ne suffit évidemment pas à faire une sportive. Et lorsque les virages s’enchaînent, les 2 350 kg de l’EX60 finissent par reprendre leurs droits. Dans les appuis les plus marqués, la caisse prend un peu de roulis. Rien d’inquiétant : l’amortissement contient proprement les mouvements et son réglage le plus ferme ne transforme jamais la suspension en planche. La direction peut elle aussi être ajustée entre plusieurs niveaux, ce qui modifie le ressenti sans métamorphoser la voiture.

Essai Volvo Ex60 3863 Panorama
Crédit : Julien Thoraval

Même menée à un rythme peu raisonnable sur ces départementales, notre EX60 chaussé en Michelin Primacy 5 ne démérite pas. L’adhérence est là, la motricité aussi, et la plateforme accepte sans difficulté la puissance disponible. Mais il ne cherche jamais à masquer totalement sa masse ni à donner l’impression d’une voiture plus petite qu’elle ne l’est. Volvo semble avoir préféré préserver le confort plutôt que poursuivre artificiellement un comportement de sportive.

Un détail finit d’ailleurs par le rappeler : les sièges. Excellents lorsqu’il s’agit d’enchaîner les kilomètres, ils manquent de maintien latéral quand le rythme augmente vraiment. Ce n’est pas un défaut dans l’usage auquel l’EX60 se destine principalement. C’est plutôt un indice supplémentaire sur ses priorités.

La performance est là, le caractère sportif beaucoup moins

Cela ne veut pas dire que l’EX60 soit pataud. Bien au contraire. Son châssis encaisse facilement les 510 ch et la transmission intégrale permet d’exploiter la puissance sans avoir à lutter avec la voiture. Mais il existe une différence entre être performant et être sportif. L’EX60 appartient clairement à la première catégorie.

Même avec plus de 500 ch, Volvo conserve cette volonté de filtrer ce qui pourrait devenir fatigant sur un long trajet : les réactions trop sèches, les accélérations caricaturales, une suspension inutilement ferme. Cela correspond d’ailleurs assez bien au reste de la voiture, dont le silence et le confort comptent parmi les qualités les plus évidentes après plus de 300 kilomètres à son volant.

Pour ceux qui cherchent une Volvo électrique véritablement tournée vers la performance, le cousin Polestar paraît naturellement mieux placé. L’EX60 poursuit un autre objectif : disposer d’une réserve de puissance considérable sans sacrifier ce qui fait sa vocation première.

510 ch ne suffisent donc pas à faire de lui un SUV sportif. Et, dans son cas, ce n’est probablement pas ce qu’on lui demande.

Essai Volvo Ex60 3966
Crédit : Julien Thoraval

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Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent. Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.

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