Votre fournisseur retient votre trop-perçu sur les prochaines mensualités ? C’est un choix par défaut, pas une obligation. Au-delà de 25 €, vous avez le droit à un remboursement en 15 jours. Un service client explique ce droit méconnu et comment le faire valoir sans tracas.
J’ai laissé mon fournisseur reporter les 180 € de ma régularisation d’électricité sur mes prochaines mensualités : au service client, on m’a expliqué ce que j’aurais pu exiger dès le premier jour

- Un trop-perçu inférieur à 25 € est déduit automatiquement de la facture suivante.
- Au-delà de 25 €, le fournisseur dispose de 15 jours pour vous rembourser sur demande.
- En cas de résiliation, le remboursement doit intervenir au maximum 2 semaines après la facture de clôture.
- Un report non demandé représente un prêt sans intérêt consenti au fournisseur.
180 € en attente chez le fournisseur
Mon fournisseur a décidé seul de garder mes 180 € de trop-perçu et de les glisser dans mes prochaines mensualités. J'ai laissé faire, sans savoir que ce report n'a rien d'automatique au-delà d'un certain montant. Au service client, on m'a ensuite expliqué ce que j'aurais pu exiger dès la réception de la facture.
Le chiffre clé tient en deux caractères : 25 €.
La mécanique est connue, mais on l'oublie vite. Vos mensualités reposent sur une estimation de consommation, et la facture de régularisation, qui arrive souvent à l'automne, compare cette estimation à ce que vous avez réellement consommé. Si vous avez trop payé, la différence vous appartient. Elle ne devient pas un avoir maison par simple habitude commerciale.
Ce que prévoit la règle, chiffres à l'appui
Selon energie-info, le site d'information du Médiateur national de l'énergie, un trop-perçu inférieur à 25 € est déduit automatiquement de la prochaine facture. Pour ces petits montants, le report est donc la règle.
Au-delà de 25 €, ou si vous en faites la demande, le fournisseur dispose de 15 jours pour vous rembourser. Ce cadre figure dans le Code de la consommation, dans la section consacrée aux contrats de fourniture d'électricité et de gaz. Il ne dépend ni de la bonne volonté du fournisseur ni de la formule choisie par son service client.
Mes 180 € représentent plus de 7 fois ce seuil.
Le seuil n'est pas non plus une frontière étanche. Sous 25 €, rien ne vous interdit de réclamer votre argent : dès que vous formulez la demande, le délai de 15 jours s'applique. Le report automatique est un réglage par défaut, pas une obligation qui s'impose à vous. Je m'en suis rendu compte trop tard.
Pourquoi le report passe sans qu'on s'en aperçoive
Le mot « report » sonne rassurant. Il évoque une facilité, presque un service rendu, et la ligne apparaît discrètement sur la facture.
Pourtant, pendant ce temps, la somme reste sur le compte du fournisseur. Avec une mensualité de 90 € par exemple (un chiffre d'illustration), 180 € équivalent à 2 mois de prélèvements que vous auriez pu récupérer immédiatement. Chaque mois de report est un mois de prêt sans intérêt, consenti à une entreprise qui ne vous l'a pas demandé.
Personne ne vous oblige à accepter ce prêt quand le trop-perçu dépasse 25 €.
Comment réclamer, sans se fâcher
La démarche est simple : contactez le service client par le canal habituel, téléphone ou espace personnel en ligne. Demandez le remboursement du trop-perçu indiqué sur votre facture de régularisation, en citant le montant. Une formulation claire, sans agressivité, suffit.
Notez la date de votre demande, puisque c'est elle qui fait courir le délai de 15 jours quand vous réclamez vous-même. Si vous passez par écrit, conservez une copie du message. Une demande formulée à l'oral se prouve mal, et un mail horodaté règle la question en une seconde.
Si les 15 jours s'écoulent sans virement, relancez en rappelant la règle. La suite logique consiste alors à se tourner vers le Médiateur national de l'énergie, celui-là même qui édite energie-info. Les fournisseurs savent que le dossier peut y remonter.
Déménagement ou changement de fournisseur : le calendrier change
Quand vous résiliez votre contrat, la logique se resserre. Le fournisseur émet une facture de clôture, et le trop-perçu doit vous être remboursé au plus tard 2 semaines après cette facture.
Ici, plus de report possible : vous partez, il n'y a pas de « prochaine mensualité » sur laquelle imputer quoi que ce soit. L'argent doit donc revenir vers vous, et vite. Vérifier que vos coordonnées bancaires sont à jour avant de quitter le contrat évite un virement en errance.
Deux semaines, c'est un délai plafond, pas un objectif.
Ce que je ferais différemment à l'automne prochain
Dès l'ouverture de la facture de régularisation, je chercherais la ligne du trop-perçu avant toute autre chose. Si elle dépasse 25 €, j'appellerais ou j'écrirais le jour même, sans attendre que le report se fasse tout seul. Cinq minutes suffisent.
Un trop-perçu important signale aussi des mensualités surdimensionnées. Je demanderais à mon fournisseur s'il est possible de les ajuster en cours d'année, pour que l'écart ne se reforme pas d'une saison sur l'autre. Les conditions varient d'un contrat à l'autre, d'où l'intérêt de poser la question.
Le report sur les prochaines mensualités reste un choix parfaitement légitime, si vous préférez alléger vos prélèvements des mois à venir. La nuance est là : c'est à vous de le décider, avec la possibilité de réclamer les 15 jours de délai plutôt que de le subir.
Sources : legifrance.gouv.fr | hellowatt.fr