Un sifflement aigu, une silhouette dorée qui plonge dans son terrier, et voilà toute une famille de randonneurs attendrie. La marmotte fait partie de ces animaux qui inspirent une tendresse presque automatique, au point que beaucoup imaginent son statut protégé comme une évidence gravée dans le marbre. Sauf qu'en ce mois de septembre, alors que les alpages se parent de leurs couleurs automnales, une réalité surprend encore de nombreux promeneurs : dans plusieurs départements alpins, la chasse à la marmotte est bel et bien autorisée, et son ouverture coïncide justement avec cette période de l'année. De quoi bousculer quelques certitudes bien ancrées sur cette icône des sommets.
- La marmotte des Alpes n'est pas une espèce intégralement protégée et reste classée parmi les espèces chassables.
- Dans plusieurs départements comme la Savoie, la Haute-Savoie ou les Hautes-Alpes, une période de chasse s'ouvre en septembre, avec dates, quotas et zones fixés par arrêtés préfectoraux.
- Cette chasse reste très encadrée, avec des prélèvements limités souvent réservés aux chasseurs locaux, dans un objectif de régulation des populations.
La marmotte, cette icône alpine qu'on croit à tort inviolable
Difficile d'imaginer la montagne sans elle. La marmotte s'est imposée comme un véritable emblème touristique, décorée sur les cartes postales, les peluches de boutiques de souvenirs et les panneaux d'information des parcs naturels. Cette image d'animal choyé, presque sacré, a fini par installer une idée reçue tenace : celle d'une espèce totalement intouchable, protégée en toutes circonstances. Pourtant, la marmotte des Alpes ne bénéficie pas d'un statut de protection intégrale comme peuvent l'avoir certains rapaces ou le bouquetin dans certaines zones. Elle reste classée parmi les espèces chassables, avec des règles précises qui varient selon les territoires. Une nuance qui change tout, et qui surprend souvent ceux qui pensaient l'animal définitivement à l'abri des fusils.
Ce que dit vraiment la loi : quand et où la chasse s'ouvre en 2026
Concrètement, plusieurs départements des Alpes, notamment en Savoie, en Haute-Savoie ou encore dans les Hautes-Alpes, autorisent chaque année une période de chasse à la marmotte, généralement calée sur la fin de l'été et le début de l'automne. En 2026, cette ouverture démarre bien en septembre, période durant laquelle les préfectures fixent des arrêtés précisant les dates exactes, les quotas autorisés et les zones concernées. Cette chasse reste toutefois très encadrée : elle ne s'apparente en rien à une pratique généralisée ou incontrôlée. Les prélèvements sont limités, souvent réservés à des chasseurs locaux inscrits dans des sociétés de chasse communales, et l'objectif affiché est de réguler les populations sans mettre en péril l'équilibre des colonies. Un cadre légal qui existe donc bel et bien, même s'il reste largement méconnu du grand public et des visiteurs de passage.
Une pratique encadrée mais controversée entre tradition et préservation
Si la réglementation autorise cette chasse, elle n'échappe pas pour autant aux débats. D'un côté, certains y voient une tradition montagnarde ancienne, liée à une gestion locale des espaces naturels et à un usage historique de la viande ou de la graisse de marmotte dans certaines régions alpines. De l'autre, les défenseurs de la biodiversité s'inquiètent de la pression exercée sur une espèce sensible aux modifications de son habitat, notamment avec le réchauffement climatique qui bouleverse déjà les périodes d'hibernation. Entre ces deux visions, les autorités tentent de maintenir un équilibre en ajustant régulièrement les quotas et les zones ouvertes à la chasse. Ce sujet illustre bien la difficulté de concilier tradition cynégétique et impératifs de préservation, dans un contexte où la montagne subit déjà de nombreuses pressions environnementales.
Au final, la marmotte alpine n'est ni un animal totalement sanctuarisé, ni une proie sans limites : elle navigue entre ces deux réalités, encadrée par des textes précis mais encore mal connus du grand public. Une chose est sûre, la prochaine fois qu'un sifflement résonnera sur un sentier de randonnée en septembre, il faudra peut-être se rappeler que cette scène paisible cache une réglementation bien plus complexe qu'il n'y paraît.


