On s’obstine tous à poser cette carte bleue et jaune sur le tableau de bord, alors qu’une seule mention imprimée dessus décide si la place est autorisée

La carte mobilité inclusion (CMI) peut porter trois mentions différentes : invalidité, priorité et stationnement. Seule la mention « stationnement » autorise l’usage des places réservées. Beaucoup de titulaires ignorent cette distinction et se garent illégalement, croyant à tort que leur carte suffit.

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Par L'équipe JDS

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Sur la plage arrière ou collée au pare-brise, la carte bleue et jaune est devenue un réflexe. On la pose, on l'oublie, on suppose qu'elle ouvre toutes les portes du stationnement réservé. Pourtant, une seule ligne imprimée sur ce rectangle plastifié décide si la place à côté du magasin vous est vraiment accessible.

Ce détail change tout.

Cette carte s'appelle la carte mobilité inclusion, la CMI pour les initiés. Prévue à l'article L241-3 du Code de l'Action Sociale et des Familles, elle se substitue depuis le 1er janvier 2017 aux anciennes cartes de stationnement, de priorité et d'invalidité. Trois documents distincts, fusionnés en un seul format, mais pas en un seul droit.

À retenir
  • La CMI comporte trois mentions distinctes : invalidité, priorité et stationnement, avec des droits différents
  • Seule la mention stationnement autorise l'utilisation des places handicapées réservées
  • Deux cartes identiques en apparence peuvent ouvrir des droits totalement différents selon les mentions imprimées

Une carte, trois mentions bien séparées

La CMI peut comporter trois mentions : invalidité, priorité, stationnement. Le type et le nombre de mentions indiquées sur la carte varient selon la situation du titulaire. deux cartes bleues et jaunes peuvent se ressembler à s'y méprendre tout en n'ouvrant pas les mêmes portes. L'une autorisera son titulaire à se garer sur une place réservée, l'autre non, selon ce qui est réellement écrit dessus.

La confusion vient de là : on regarde la couleur, jamais le texte.

En fonction de la situation et des besoins, elle peut porter une ou plusieurs des mentions suivantes : invalidité, priorité, stationnement. Certaines personnes n'ont qu'une seule mention, d'autres en cumulent deux, rarement les trois en même temps. Ce n'est pas un hasard administratif : chaque mention correspond à une situation de handicap évaluée séparément, avec ses propres critères. Poser sa carte sur le tableau de bord sans savoir laquelle des mentions y figure, c'est prendre le risque d'utiliser une place à laquelle on n'a en réalité pas droit.

La mention stationnement, celle qui compte sur le parking

Pour les places réservées, une seule mention fait foi : stationnement. C'est cette carte, mention « stationnement », qu'il faut fixer au pare-brise de son véhicule. Sans elle, peu importe le reste de la carte, la place réservée n'est pas ouverte au conducteur.

Voilà le piège le plus fréquent.

Une personne peut très bien détenir une CMI mention invalidité ou priorité, utile dans les files d'attente ou pour obtenir une place assise, sans pour autant avoir demandé la mention stationnement. Ces deux mentions, invalidité et priorité, ne sont d'ailleurs pas cumulables entre elles, ce qui renforce l'idée qu'il faut bien distinguer chaque usage. Résultat : sur le parking, cette carte ne vaut rien pour la place handicapée, même si elle a l'air identique à celle du voisin.

La mention priorité, un droit de passage, pas de stationnement

La mention priorité répond à un besoin différent. Appelée auparavant « carte station debout pénible », elle permet de bénéficier d'une priorité d'accès aux places assises dans les transports en commun, dans les espaces publics et salles d'attente, ainsi qu'une priorité d'accès dans les files d'attente. Un droit de passage, donc, utile à la caisse du supermarché ou au guichet, mais sans aucun rapport avec le parking.

Ce droit s'adresse à un public précis. La mention priorité est attribuée à une personne si elle est atteinte d'une incapacité inférieure à 80 % mais pour qui la station debout est pénible, une pénibilité qui n'est jamais devinée mais évaluée. Ce même critère explique pourquoi deux personnes avec un handicap comparable peuvent recevoir des mentions différentes.

Pourquoi les mentions ne s'additionnent pas toutes seules

Beaucoup de titulaires imaginent qu'obtenir une mention ouvre automatiquement les autres. Ce n'est pas le cas.

Tous les avantages donnés par la mention priorité sont aussi donnés par la mention invalidité, mais l'inverse ne concerne jamais le stationnement. La mention stationnement reste une démarche à part, même quand on possède déjà l'une des deux autres. Il est possible de demander la CMI « stationnement » et la CMI « invalidité » sur le même formulaire, à condition de cocher les deux cases, sans quoi seule l'une des deux sera instruite.

Concrètement, quand la demande englobe plusieurs mentions liées au fauteuil ou à la marche, l'administration délivre deux supports physiques. Si, en plus du stationnement, la carte comporte la mention priorité ou invalidité, deux cartes sont alors délivrées : l'une à apposer sur la voiture, l'autre à conserver sur soi. Cette carte à poser sur le pare-brise n'est donc pas un doublon inutile, c'est bien la pièce qui autorise la place réservée.

Le rôle de la MDPH dans l'attribution

Rien de tout cela ne se décide au guichet du magasin. La demande de CMI doit être faite auprès de la MDPH, la maison départementale des personnes handicapées, via un dossier de demande. C'est cet organisme, présent dans chaque département, qui reçoit et instruit chaque situation individuelle.

L'évaluation n'est jamais automatique non plus.

Pour la mention priorité par exemple, la pénibilité de la station debout est évaluée par l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, sur la base du dossier médical fourni. Chaque mention fait ainsi l'objet d'un examen distinct, avec ses propres critères de handicap ou de perte d'autonomie. C'est cette instruction, mention par mention, qui explique pourquoi deux cartes bleues et jaunes peuvent afficher des droits totalement différents malgré une apparence identique.

Ce que cela change sur le terrain

Sur un parking bondé, personne ne vérifie le détail de la mention avant de se garer. C'est justement là que le malentendu se joue.

Une carte mention priorité posée sur le tableau de bord ne protège en rien d'une contestation, puisque seule la mention stationnement autorise l'usage de la place réservée. Vérifier sa propre carte, relire la mention exacte inscrite dessus, prend quelques secondes et évite bien des malentendus au retour des courses.

Pour les personnes qui possèdent déjà une mention priorité ou invalidité sans la mention stationnement, la solution ne réclame pas un nouveau dossier complet. Il suffit de demander l'ajout de cette mention auprès de la MDPH de son département, en précisant clairement la case correspondante sur le formulaire. Un geste administratif simple, mais qui fait toute la différence le jour où la place réservée est la seule libre sur le parking.

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