Les boules de naphtaline ont disparu des armoires européennes depuis 2008 suite à une décision de la Commission européenne. Cèdre, lavande et vétiver offrent aujourd’hui des alternatives naturelles pour tenir les mites à distance lors du rangement des pulls d’automne.
Plus personne ne glisse de boules de naphtaline entre ses pulls : voici ce qui les remplace dans les armoires pour éloigner les mites cet automne

Fin septembre, on ressort les pulls, et il manque quelque chose dans l'air de l'armoire : cette odeur âcre de naphtaline que nos parents connaissaient par cœur. Le naphtalène n'est plus autorisé comme répulsif dans l'Union européenne depuis 2008, et ce sont aujourd'hui le cèdre, la lavande et quelques gestes de saison qui tiennent les mites à distance.
Les boules blanches ont quitté les tiroirs.
- La naphtaline est interdite comme antimite dans l'Union européenne depuis juillet 2008.
- Le cèdre, la lavande et le vétiver remplacent les boules blanches comme répulsifs naturels.
- Une inspection minutieuse des pulls et un rangement en boîte fermée complètent l'efficacité des répulsifs végétaux.
Une décision de juillet 2008 qui a tout changé
Le texte date du 28 juillet 2008. C'est une décision de la Commission européenne, référencée 2008/681/CE (CELEX:32008D0681 dans la base EUR-Lex). Elle concerne les produits biocides de type 19, la catégorie des répulsifs, et le naphtalène n'y a pas été inclus comme substance active.
Les mots comptent ici. Il ne s'agit pas, au sens strict, d'une « interdiction de vente » prononcée contre un objet, mais d'une non-inclusion : la substance n'a pas obtenu sa place sur la liste des actives retenues pour cet usage. La conséquence pratique est qu'elle n'est plus autorisée comme antimite dans l'UE. Le périmètre est donc précis : c'est l'usage répulsif, celui des armoires, qui est visé.
Rien de commun avec une mode passagère ou un caprice de fabricants. Le texte est daté, numéroté, et chacun peut le lire sur EUR-Lex.
Le classement 2B du CIRC, une référence plus ancienne encore
Une seconde référence pèse dans le dossier. Dans sa monographie numéro 82, publiée en 2002, le Centre international de recherche sur le cancer a rangé le naphtalène dans le groupe 2B. La formule consacrée : « peut-être cancérogène pour l'homme ».
Ce classement précède de 6 ans la décision européenne.
Le groupe 2B reste un niveau de prudence, celui du « peut-être ». On comprend qu'un tel classement fasse regarder de plus près ce que l'on glisse entre ses pulls. L'agence danoise de l'environnement, Miljøstyrelsen, a d'ailleurs consacré à la substance un rapport intitulé « Survey of naphthalene », publié en 2015.
L'armoire de vos parents, relue en 2026
Nos parents n'avaient rien d'imprudents : ils faisaient ce que tout le monde faisait, une poignée de boules entre les piles de laine en début de saison. Le geste se transmettait comme une recette, sans mode d'emploi.
Ce réflexe hérité de génération en génération est passé dans la catégorie de ce qui n'est plus autorisé, et il y a de quoi sourire un peu. Plus l'odeur piquait le nez, plus on y voyait la preuve de l'efficacité. Le parfum faisait office de certificat, et personne ne songeait à lui demander ses papiers.
Cela fait 18 ans que la décision a été prise.
Cèdre, lavande, vétiver : ce qui prend la relève
Dans les rayons et les herboristeries, on croise désormais surtout des solutions végétales : blocs ou anneaux de cèdre, sachets de lavande séchée, racines de vétiver, huiles essentielles déposées sur un galet poreux. Leur point commun est l'odeur, que les mites adultes chercheraient à éviter. Certains guides précisent que le cèdre perd de son parfum avec le temps et qu'un coup de papier de verre le raviverait. D'autres rappellent que le parfum de la lavande s'estompe en quelques mois.
On mise ici sur des parfums de plantes plutôt que sur une molécule de synthèse. D'après certains comparatifs, ces répulsifs relèveraient de la prévention, pas du traitement d'une infestation déjà installée.
Ce marché foisonne, et je me méfie un peu des promesses de « 100 % efficace » imprimées sur des sachets. Mieux vaut y voir un renfort qu'une barrière absolue. Sachets à remplacer, blocs à raviver : un rappel dans l'agenda à chaque changement de saison évite l'oubli.
Regardez la composition affichée plutôt que la promesse en façade. Le nom de la plante ou de l'huile essentielle doit y figurer, et c'est lui qui vous dit ce que vous glissez réellement entre vos piles.
Les gestes de la fin septembre
Le moment de sortir les pulls est aussi celui de l'inspection. Dépliez chaque pièce à la lumière, passez en revue les plis, les cols et les manches. Secouez-la ensuite à la fenêtre avant de la ranger sur l'étagère.
Plusieurs guides notent que les mites seraient attirées par les odeurs corporelles, d'où l'intérêt de ne ranger que du linge propre au printemps. Pour les pulls sortis aujourd'hui, un lavage adapté à la fibre, selon l'étiquette, est une précaution raisonnable.
Le rangement compte autant que le répulsif. Une boîte fermée, avec un bloc de cèdre ou un savon parfumé à la lavande, figure parmi les méthodes que citent les guides pratiques. Un anneau de cèdre glissé sur le cintre peut aussi protéger les manteaux. Quant aux placards très chargés, aérez-les par temps sec, porte grande ouverte, avant de les refermer.
Vérifier à la source
Le texte de la décision de 2008 se lit en ligne sur EUR-Lex, sous la référence CELEX:32008D0681. Quiconque veut vérifier peut donc le faire sans intermédiaire. La monographie 82 du CIRC, elle, remonte à 2002.
Une nuance de périmètre pour finir : la décision du 28 juillet 2008 porte sur le type de produit 19, celui des répulsifs. C'est cet usage, celui des armoires, qui n'est plus autorisé dans l'UE, et le texte fixe un périmètre, pas un procès de la substance entière.
Sources : economie.gouv.fr | blog.bivea.fr