« Tout le monde le saluait dans le quartier » : cette série documentaire raconte ce que ses voisins n’ont jamais vu venir

Axelb
Par Axel B.

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Trente-trois jeunes hommes et adolescents ont été assassinés par John Wayne Gacy entre 1972 et 1978, puis, pour beaucoup d’entre eux, dissimulés sous sa maison. Dans son quartier de la banlieue de Chicago, l’homme renvoyait pourtant l’image rassurante d’un entrepreneur sociable, engagé dans la vie locale et apprécié des familles.

À l’approche d’Halloween, Ciné+ OCS propose Devil In Disguise: John Wayne Gacy, une série américaine de huit épisodes qui s’attache moins au mythe du tueur qu’à ce que son entourage, les enquêteurs et les institutions n’ont pas su voir.

À retenir
  • Devil In Disguise: John Wayne Gacy est diffusée sur Ciné+ OCS dès le 6 octobre, avec deux épisodes chaque mardi à 20 h 50.
  • La série de huit épisodes revient sur les 33 meurtres commis par John Wayne Gacy entre 1972 et 1978.
  • Elle privilégie le point de vue des victimes, des proches et des failles de l’enquête plutôt que la fascination pour le tueur.

Diffusée en exclusivité sur OCS à partir du 6 octobre, avec deux épisodes chaque mardi à 20 h 50 et disponible à la demande, cette fiction créée par Patrick Macmanus mérite une précision : elle ne doit pas être confondue avec le documentaire de 2021 portant un titre voisin. Ici, le récit dramatique cherche surtout à redonner une place aux victimes, souvent réduites à une ligne dans les récits de faits divers.

Un voisin modèle, un clown aimé des enfants : la façade parfaite de John Wayne Gacy

Le point de départ est celui de la disparition de Robert Piest, adolescent aperçu pour la dernière fois avec John Wayne Gacy après son travail. Sa mère l’attendait dans la voiture : ce détail concret installe immédiatement une inquiétude intime, loin des codes tapageurs du polar. Michael Chernus compose un Gacy affable, volontiers drôle, mais traversé d’un cynisme que l’acteur laisse affleurer sans en faire un numéro de monstre.

C’est toute la force de la série : montrer comment une figure respectée peut se rendre invisible à force de paraître familière. Entrepreneur, bénévole, impliqué localement, Gacy allait jusqu’à enfiler le costume de Pogo le clown pour divertir des enfants malades. Une image devenue terriblement dérangeante, que la mise en scène utilise avec retenue.

Sous la maison, l’horreur : comment 33 victimes ont échappé aux regards du quartier

L’horreur n’est pas traitée comme un spectacle. Patrick Macmanus privilégie les angles morts : les disparitions insuffisamment reliées entre elles, les préjugés visant les jeunes hommes portés disparus, les lenteurs de l’enquête et les occasions manquées. Gabriel Luna, dans le rôle du détective Rafael Tovar, et James Badge Dale, qui incarne le détective Joe Kozenczak, donnent à l’investigation une fatigue très humaine, celle d’hommes qui comprennent peu à peu l’ampleur de ce qui leur échappait.

La découverte de corps sous la maison ne sert pas de coup de théâtre gratuit : elle révèle la faillite d’un regard collectif. La série rappelle ainsi qu’un criminel ne prospère pas seulement grâce à son habileté, mais aussi grâce aux silences et aux aveuglements qui l’entourent.

Devilindisguise Saison1 Keyart#2
Source: DR

Une série glaçante à découvrir sur Ciné+ OCS dès le 6 octobre

Avec ses épisodes de 52 minutes, Devil In Disguise: John Wayne Gacy adopte un rythme plus posé que nombre de productions de true crime conçues pour être dévorées en une soirée. Cette respiration permet de suivre aussi l’avocat Sam Amirante, interprété par Michael Angarano, et de ne pas réduire l’affaire à la seule personnalité de Gacy. Les scénaristes, parmi lesquels Patrick Macmanus, Gregory Locklear et Yasmin Almanaseer, s’emploient à déplacer le centre de gravité vers les proches et les victimes. Michael Chernus, nommé lors de la saison des récompenses aux côtés de Marin Ireland, impressionne précisément parce qu’il ne cherche jamais à rendre son personnage fascinant.

La série observe un masque social, pas une légende criminelle. À une époque où les récits de tueurs en série peuvent vite confondre analyse et fascination, cette série choisit une voie plus sombre et plus utile : celle des conséquences. Elle ne demande pas seulement comment John Wayne Gacy a pu tromper son voisinage, mais ce que notre besoin de croire aux apparences peut laisser passer. Une question qui, bien au-delà du fait divers, demeure inconfortablement actuelle.

Axelb

Passionné de pop culture sous toutes ses formes, Axel ne rate jamais une série qui fait parler, un film à revoir dix fois ou une référence geek à glisser dans la conversation. Mais pas question pour ce jeune quadra de vivre collé à un écran : dès que l’occasion se présente, il enfourche son vélo, prend le large ou part en road trip, toujours curieux de découvrir ce qui l’attend au prochain virage.

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