Un retard d’au moins 3 heures à l’arrivée ouvre droit à une indemnité de 250 € pour les trajets de 1 500 km ou moins. Vous disposez de 5 ans pour la réclamer à la compagnie aérienne par courrier recommandé, et les repas fournis pendant l’attente ne remplacent pas cette indemnisation.
« Personne ne m’avait prévenu » : un vol de la Toussaint arrivé avec 3 heures de retard ouvre droit à 250 € jusqu’à 1 500 km, sur cinq ans

« Personne ne m'avait prévenu » : la phrase revient chez bien des voyageurs de la Toussaint dont l'avion s'est posé tard. Un vol arrivé avec 3 heures de retard ou plus ouvre droit à une indemnité de 250 € pour un trajet de 1 500 km ou moins, et vous disposez de 5 ans pour la réclamer. Le service-public.gouv.fr le rappelle noir sur blanc.
Le plateau-repas tendu au comptoir ne solde donc rien.
- Le délai de 3 heures se compte à l'arrivée réelle, pas au décollage
- L'indemnité est de 250 € jusqu'à 1 500 km, 400 € au-delà en UE, 600 € au-delà de 3 500 km
- Les repas et hôtels offerts sont une assistance distincte de l'indemnité
- Les circonstances extraordinaires (météo, grève aérienne) exemptent la compagnie
Trois heures, mais à l'arrivée
Le seuil se compte à destination, pas au décollage. Un avion parti avec 2 heures de décalage et rattrapé en vol peut ne rien déclencher, alors qu'un départ à l'heure suivi d'un long détour au sol peut tout déclencher. Seule compte l'heure à laquelle vous arrivez, comparée à celle qui figurait sur votre billet.
Le calcul paraît technique, il est surtout contre-intuitif. Beaucoup de passagers jugent leur retard à l'écran des départs, là où la règle regarde l'écran des arrivées.
Notez l'heure réelle d'arrivée dès la descente d'avion, avec une capture d'écran de l'application de la compagnie ou de l'aéroport si possible. Ce détail, anodin sur le moment, pèsera dans votre dossier trois semaines plus tard.
250 €, 400 € ou 600 € : la distance décide
Le barème tient en trois lignes. 250 € pour un vol de 1 500 km ou moins, 400 € au-delà de 1 500 km dans l'Union européenne, 600 € au-delà de 3 500 km hors de l'UE. Pour un aller-retour en famille de quatre personnes, la somme se multiplie par le nombre de passagers concernés, à condition que chacun ait son billet.
Pour un trajet de 1 500 km ou moins, la somme est donc de 250 €.
C'est le cas de nombreuses liaisons de vacances en métropole ou vers les pays voisins. Mais le montant exact dépend toujours de la distance de votre vol, pas de celle que vous avez ressentie dans le hall d'embarquement : vérifiez-la avant d'écrire à la compagnie.
Repas et hôtel : l'assistance n'est pas l'indemnité
Ce que la compagnie vous propose pendant l'attente porte un autre nom : l'assistance. Elle comprend les repas et, si la nuit s'en mêle, l'hébergement. Pour les vols courts, elle est due dès 2 heures d'attente, soit bien avant que le seuil d'indemnisation ne soit atteint.
Les deux droits s'additionnent, ils ne se remplacent pas. Accepter le sandwich ne vaut pas renonciation à l'indemnité, et personne n'est tenu de signer un papier en ce sens au comptoir.
Gardez vos tickets si vous avez dû avancer des frais, de repas ou de transport, parce que la compagnie ne les a pas pris en charge. Ils pourront être joints à votre réclamation, au même titre que la carte d'embarquement et la confirmation de réservation. Un dossier propre se constitue sur place, pas un mois après devant une boîte mail encombrée.
Quand la compagnie peut dire non
Il existe une porte de sortie pour le transporteur : les circonstances extraordinaires. Une météo sévère, une grève du contrôle aérien, et l'indemnité n'est plus due. La compagnie n'y est pour rien, la règle le reconnaît, et vous non plus.
Ces situations pèsent sur le droit à l'indemnité, pas sur le reste. Selon la fiche officielle, l'exception vise l'indemnisation elle-même, ce qui n'efface pas l'assistance (repas, hébergement) pendant l'attente.
La grève du personnel de la compagnie, elle, n'exonère pas.
La distinction est subtile, et c'est là que les refus de principe se glissent. Un courrier qui invoque « un mouvement social » sans préciser lequel mérite une relance : un conflit interne à l'entreprise ne se traite pas comme une grève du contrôle aérien.
Réclamer par écrit, sans se presser mais sans traîner
La démarche commence par un courrier adressé à la compagnie. Le service-public conseille la lettre recommandée, qui date votre demande et prouve qu'elle a été reçue. Indiquez le numéro de vol, la date, l'heure d'arrivée prévue et l'heure réelle, puis le montant que vous réclamez.
Restez factuel. Pas besoin de plaider, ni de raconter la nuit passée sur un banc de l'aérogare, seulement de poser les éléments du barème.
Si le vol faisait partie d'un séjour réservé avec plusieurs passagers, chacun peut réclamer pour soi. Un courrier par personne évite les réponses bancales, et un seul oubli ne fait pas perdre le droit des autres.
Cinq ans pour agir, et un médiateur avant le tribunal
Le délai pour agir est de 5 ans. Un vol de la Toussaint 2026 pourrait donc encore être réclamé à l'automne 2031, ce qui laisse le temps de retrouver ses papiers, de comparer, de décider. Rien ne justifie pourtant d'attendre : les preuves se perdent, les adresses mail changent.
Le parcours a changé en février 2026. Depuis le 6 février, une médiation est obligatoire avant le tribunal pour la plupart des cas, d'après le service-public. Le médiateur du tourisme et du voyage figure parmi les interlocuteurs possibles, selon le site économie.gouv.fr.
Concrètement, une compagnie qui refuse ou se tait n'ouvre plus directement la porte du juge : le passage par la médiation devient l'étape suivante. Pour un voyageur qui avait pris l'habitude de saisir directement la justice, c'est un détour de plus.
Des associations de passagers ont jugé cette évolution défavorable aux voyageurs, ce qui ne change pas le montant des indemnités : le barème de 250 €, 400 € et 600 € reste le même.
Sources : selectra.info | air-journal.fr
