Ce vieux thermomètre au mercure oublié au fond de l’armoire de la salle de bains : un pharmacien explique pourquoi il ne doit jamais finir à la poubelle

Votre ancien thermomètre à mercure ne doit jamais finir aux ordures ménagères. Depuis 1999, sa vente est interdite en France et le recyclage en déchèterie est obligatoire. Le mercure qu’il contient représente un risque environnemental majeur qui nécessite un traitement spécialisé.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Les thermomètres au mercure sont interdits à la vente depuis le 1er mars 1999 en France
  • Le mercure libéré contamine les usines de traitement des déchets ménagers et l'environnement
  • La déchèterie est la seule destination autorisée, pas la pharmacie ni la poubelle ordinaire
  • Le mercure récupéré est distillé et affiné pour être réutilisé dans l'industrie chimique

Un objet qu'on n'ose ni utiliser ni jeter

Le thermomètre à mercure oublié au fond de l'armoire de la salle de bains ne se jette pas avec les ordures ménagères. L'ADEME est formelle : on le rapporte en déchèterie. Ni poubelle grise, ni coin du garage « pour plus tard ».

Ce petit tube de verre mérite un vrai trajet.

Faites l'inventaire d'une armoire de salle de bains. On y trouve des objets qu'on garde sans savoir s'il faut les garder, et d'autres qu'on jette sans savoir s'il faut les jeter.

Le thermomètre en verre appartient à la première catégorie. Une fine colonne argentée, une graduation que les années ont rendue presque illisible, un étui en plastique jauni. Il a veillé sur les fièvres d'enfance, puis il a glissé au fond d'un tiroir quand le modèle électronique est arrivé. Personne ne l'a jeté, par prudence ou par simple oubli.

1er mars 1999 : la date qui a tout changé

La mise sur le marché des thermomètres médicaux à mercure est interdite en France depuis le 1er mars 1999. Le texte qui l'a décidé est l'arrêté du 24 décembre 1998, publié au Journal officiel.

Relisez bien les termes : c'est la mise sur le marché qui est visée, donc ce qui se vend. Le texte ne fait pas disparaître d'un coup ce qui dormait déjà dans les foyers, et c'est pourquoi tant d'exemplaires subsistent. L'ADEME le résume simplement : la vente est interdite depuis cette date. Reste ce que l'arrêté ne règle pas à votre place, à savoir le sort de celui que vous possédez encore.

Faites le calcul. En octobre 2026, cela fait 27 ans et 7 mois. Un exemplaire acheté en pharmacie avant cette date a donc au moins 27 ans, et celui des années 1990 a peut-être servi sous votre toit avant l'interdiction.

Pourquoi la poubelle ordinaire est exclue

Le raisonnement de l'ADEME tient en une phrase. Ces thermomètres sont dangereux lorsqu'ils libèrent le mercure qu'ils contiennent, et ils ne peuvent donc pas être jetés avec les ordures ménagères.

Un syndicat de collecte, le SMITOM, a documenté sur son territoire ce que produit l'absence de solution. Faute de filière, des thermomètres pouvaient finir dans les poubelles, donc à l'usine qui traite les déchets ménagers non dangereux. Or le mercure n'est pas totalement capté par les équipements de traitement des fumées, souligne-t-il. Sa réponse a été une boîte de collecte dédiée dans chacune de ses 18 déchèteries.

Une seule destination, donc : la déchèterie.

Le trajet, concrètement

Avant de charger la voiture, un coup d'œil au site de votre commune ou de votre intercommunalité ne coûte rien. Les règles d'accueil des déchets dangereux des ménages varient d'un territoire à l'autre : le réseau CAP AZUR, autour de Cannes, plafonne par exemple ces apports à 60 kg par an et par foyer.

Le réflexe pharmacie est naturel, et certaines sources évoquent même une reprise par les pharmaciens. Dans le territoire documenté par le SMITOM, pourtant, les officines ne les reprenaient pas et orientaient vers la déchèterie. Un appel avant de partir vous évitera donc un aller-retour. La consigne de l'ADEME, elle, ne varie pas : déchèterie.

Inutile de faire 20 km pour un seul objet. Glissez-le dans le programme d'un passage déjà prévu, au moment où vous videz le garage ou la cave.

Il n'est pas seul dans le tiroir

Le thermomètre a rarement la salle de bains pour lui tout seul. À ses côtés traînent souvent des boîtes de médicaments périmés, qui suivent un autre chemin : on les rapporte aux pharmaciens, et l'association Cyclamed les collecte pour les valoriser. Les plaquettes vides, elles, se jettent avec les ordures ménagères.

Ce mélange des circuits explique sans doute l'hésitation autour du thermomètre. Il se range avec les produits de pharmacie, il ressemble à un produit de pharmacie, mais il ne se rend pas comme eux.

27 ans après l'interdiction, le geste reste à faire.

Ce que devient le mercure une fois déposé

Le déplacement paraît parfois disproportionné pour un objet si discret. Pourtant, le mercure n'a rien d'un déchet sans avenir. Pour le mercure en général, l'ADEME décrit une distillation suivie d'un affinage, qui donnent un métal purifié liquide.

Ce métal est ensuite revendu aux producteurs de mercure, pour des usages dans l'industrie chimique. L'ADEME décrit ce parcours pour le mercure en général, et non pour le seul thermomètre. Pour le mercure seul, sa consigne est de le déposer en déchèterie dans un récipient fermé.

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