Le chèque ne s’appuie pas sur les 40 grammes affichés par la balance. Il repose sur la quantité d’or fin contenue dans ces 40 grammes, et pour un bijou en 750 millièmes, elle s’élève à 30 grammes. Personne ne me l’avait annoncé quand l’employé a posé la poignée de chaînes sur le plateau.
J’ai fait peser au comptoir les bijoux cassés de ma mère, 40 grammes d’or sur la balance : le chèque, lui, a été calculé sur un tout autre chiffre

- Un bijou en 750 millièmes contient 75 % d'or fin, soit 30 grammes pour 40 grammes affichés sur la balance
- Le titre de l'or figure sur le poinçon du bijou : l'aigle signale du 750, la coquille du 585, le trèfle du 375
- Demandez toujours le prix au gramme d'or fin, pas au gramme brut, et exigez le titre pour chaque pièce sur le devis
Quarante grammes sur la balance, trente dans le calcul
Le chèque ne s'appuie pas sur les 40 grammes affichés par la balance. Il repose sur la quantité d'or fin contenue dans ces 40 grammes, et pour un bijou en 750 millièmes, elle s'élève à 30 grammes. Personne ne me l'avait annoncé quand l'employé a posé la poignée de chaînes sur le plateau.
L'écart tient à une simple règle d'arithmétique.
Dans le tiroir de ma mère, il y avait des chaînes au maillon rompu, des boucles d'oreille orphelines, un fermoir sans sa chaîne. On vide ces tiroirs à l'approche des fêtes, et le cours de l'or, haut en ce moment, donne encore plus envie de s'y mettre. Rien d'illégitime à cela. Encore faut-il comprendre ce que l'on vous tend en échange.
Ce que la loi appelle un titre
Le titre exprime, en millièmes, la part d'or pur contenue dans un alliage. Un bijou en 750 millièmes contient 75 % d'or fin, ce qui correspond aux 18 carats des bijoutiers.
Les titres légaux de l'or sont fixés par l'article 522 du Code général des impôts : 999, 916, 750, 585 et 375 millièmes. Ce texte a été abrogé par une ordonnance du 20 décembre 2023, mais la même liste figure dans la législation sur le commerce des matières d'or, d'argent et de platine. Elle équivaut à 24, 22, 18, 14 et 9 carats.
Le 750 reste le titre traditionnel des bijoux français.
Au détail, seul un ouvrage titrant au moins 375 millièmes peut s'appeler « or ». Le 375 est donc de l'or au sens de la loi, même s'il en contient 37,5 % seulement.
Le calcul que le comptoir fait pour vous
Reprenons les 40 grammes. En 750 millièmes, 40 x 0,750 donne 30 grammes d'or fin. En 585 millièmes, le résultat tombe à 23,4 grammes. En 375 millièmes, il n'en reste que 15 grammes.
Sur la balance, les trois lots affichent pourtant le même chiffre. Seul le poinçon dit lequel des trois vous avez dans la main.
Un fond de tiroir est rarement homogène. Une chaîne peut être en 750, une boucle en 585 et un pendentif en 375, et chaque pièce se calcule alors sur son propre titre. Si un acheteur appliquait un titre unique à l'ensemble du lot, la somme s'en ressentirait, d'où l'intérêt de demander le détail pièce par pièce.
Le poinçon, à la loupe
Un ouvrage en or porte en principe deux poinçons voisins : le losange du fabricant, puis la marque qui garantit le titre. La tête d'aigle signale le 750, la coquille Saint-Jacques le 585, le trèfle à trois feuilles le 375 et l'hippocampe le 999. Un chiffre inscrit dans un cartouche géométrique remplace parfois la figure ancienne. On les cherche à l'intérieur d'un anneau ou sur un fermoir.
Les ouvrages en or de moins de 3 grammes sont dispensés du poinçon de garantie, seul celui du fabricant reste exigé. Une boucle orpheline légère peut donc n'afficher qu'un losange, qui ne renseigne pas sur son titre.
Une loupe et une lampe suffisent pour tout déchiffrer.
Photographiez chaque marque en gros plan et notez le titre lu, pièce par pièce, avant de sortir de chez vous. Un poinçon usé par des années de port se lit mal, mais l'intérieur d'une bague ou la tranche d'un fermoir sont des zones où il survit souvent. Les mentions « plaqué », « gold filled » ou « 1/20 » désignent un métal qui n'est pas de l'or massif : ces pièces sortent du lot.
Les deux questions à poser au comptoir
Demandez le prix au gramme d'or fin, pas au gramme brut, puis le titre retenu pour chaque pièce. Faites inscrire les deux sur le devis.
Un prix au gramme annoncé sans précision peut s'appliquer aux 40 grammes de la balance ou aux 30 grammes d'or fin. Le même chiffre produit alors deux chèques différents. Retenir 30 grammes plutôt que 40 réduit la base de calcul d'un quart.
Comparez au moins deux devis. Les marges des racheteurs varient d'un professionnel à l'autre, et je me garderai de les chiffrer. Mais deux devis établis sur la même base, avec les mêmes titres, le même poids et les mêmes pièces, se comparent sans effort. L'écart restant tient alors au prix du gramme d'or fin proposé.
Avant de vider le tiroir
Triez par poinçon plutôt que par forme : les 750 d'un côté, les 585 de l'autre, les 375 plus loin. Une balance de cuisine précise au gramme vous donnera un ordre de grandeur avant d'entrer au comptoir.
Multipliez ensuite chaque tas par son titre, 0,750, 0,585 ou 0,375. Vous obtenez votre propre quantité d'or fin, à confronter à celle du devis. Une pierre sertie ou un fermoir en autre métal peuvent peser sur la balance sans compter dans l'or fin, d'où l'utilité de demander comment ils ont été traités.
Pour mémoire, 40 grammes en 375 millièmes ne donnent que 15 grammes d'or fin, deux fois moins que les 30 grammes du même poids en 750. Entre les deux chèques, la balance n'y est pour rien.
Sources : neo-encheres.com | legifrance.gouv.fr
