« Je pensais que cette voiture n’était plus à moi depuis deux ans » : les gendarmes m’ont expliqué ce qui manquait à ma vente

Louise
Par Louise S

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"Je pensais que cette voiture n'était plus à moi depuis deux ans" : les gendarmes m'ont expliqué ce qui manquait à ma vente

Vendre une voiture et s'en débarrasser ne sont pas la même chose aux yeux de l'administration. La remise des clés et du chèque marque la fin de la transaction entre particuliers, mais pas forcément la fin des responsabilités du vendeur. Entre ces deux notions se glisse une démarche administrative trop souvent oubliée, qui peut coûter cher des mois, voire des années après la vente. Un oubli raconté par de nombreux automobilistes, qui reçoivent des amendes pour des infractions commises par le nouveau propriétaire, sans comprendre pourquoi leur nom apparaît encore sur le procès-verbal.

À retenir
  • La déclaration de cession doit être effectuée sur le site de l'ANTS dans les 15 jours suivant la vente, sinon le vendeur reste responsable des infractions commises avec le véhicule.
  • Sans déclaration, le vendeur risque une amende de 4ᵉ classe de 135 euros, pouvant atteindre 375 euros en cas de majoration.
  • L'application Simplimmat, disponible depuis octobre 2023, permet de réaliser la cession et la demande de carte grise en une dizaine de minutes depuis un smartphone.

Une vente qui semblait pourtant régulière

Un certificat de cession signé, un chèque encaissé, une voiture qui change de main : sur le papier, tout semble en ordre. C'est le scénario que vivent chaque année des milliers de vendeurs particuliers, convaincus que la transaction est close une fois les documents échangés. Pourtant, deux ans après une vente de ce type, certains reçoivent un avis de contravention pour une infraction qu'ils n'ont jamais commise : radar flashé sur autoroute, stationnement gênant en centre-ville, excès de vitesse en agglomération. Le véhicule concerné ne leur appartient plus depuis longtemps, mais leur nom reste pourtant associé à la carte grise dans les fichiers de l'administration.

La déclaration de cession : l'étape que j'avais négligée

La raison de ce courrier inattendu tient en une démarche administrative méconnue : la déclaration de cession. L'article R322-4 du Code de la route impose au vendeur de signaler la vente de son véhicule dans un délai de quinze jours après la cession. Cette formalité s'effectue gratuitement sur le site de l'Agence Nationale des Titres Sécurisés, à l'adresse immatriculation.ants.gouv.fr. Tant que cette déclaration n'est pas enregistrée dans le Système d'Immatriculation des Véhicules, c'est la personne dont le nom figure sur le certificat d'immatriculation qui reste responsable de toute infraction commise avec le véhicule, quel que soit le conducteur au moment des faits. Si le vendeur ne fait pas la déclaration de cession sur le site de l'ANTS dans les 15 jours, les amendes restent à son nom, parfois durant des années, jusqu'à ce que l'acheteur effectue lui-même les démarches de son côté. Un simple oubli expose donc le vendeur à une contravention de 4ᵉ classe, avec une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant grimper jusqu'à 375 euros en cas de majoration, bien qu'aucun point ne soit retiré du permis dans ce cas précis. À l'issue de la déclaration, un accusé est délivré avec un code de cession, affiché directement à l'écran et non envoyé par mail : il est donc essentiel de le conserver précieusement. En cas de contestation d'un procès-verbal reçu après la vente, ce document devient indispensable, au même titre que le certificat de cession signé avec l'acheteur. Sans cet accusé d'enregistrement dans le SIV, impossible de prouver que le véhicule a bien changé de propriétaire aux yeux de l'administration.

Comment éviter ce piège lors de votre prochaine vente

Pour ne pas revivre ce genre de mésaventure, quelques réflexes simples permettent de sécuriser une vente de véhicule entre particuliers. Voici les étapes à respecter scrupuleusement :

  • Remplir le certificat de cession avec l'acheteur, daté et signé par les deux parties, au moment de la transaction.
  • Effectuer la déclaration de cession en ligne sur le site de l'ANTS dans les quinze jours suivant la vente, sans attendre.
  • Conserver l'accusé de déclaration de cession et le code de cession délivrés à l'issue de la démarche.
  • Vérifier que l'acheteur demande bien une nouvelle carte grise à son nom dans le mois suivant la déclaration de cession.

Depuis octobre 2023, une solution simplifie encore ces démarches : l'application Simplimmat, généralisée à l'ensemble du territoire après une phase de test lancée en 2021. Gratuite et accessible à tous, elle permet au vendeur et à l'acheteur de réaliser ensemble la cession et la demande de carte grise en une dizaine de minutes, directement depuis un smartphone, sans aucun formulaire papier à remplir. Un gain de temps appréciable qui limite considérablement le risque d'oubli, puisque les deux parties finalisent la démarche au même moment, avant même de se quitter.

Un simple clic suffit pourtant à éviter des années de tracas administratifs. La déclaration de cession n'est pas une formalité accessoire, mais une protection juridique essentielle pour tout vendeur de véhicule. Prendre quelques minutes pour l'effectuer sur le portail de l'ANTS, ou plus rapidement encore via l'application Simplimmat, évite de recevoir des amendes pour des infractions commises par un inconnu au volant d'une voiture qui ne vous appartient plus.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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