J’économisais pour Bora Bora depuis dix ans : en 2027, j’embarquerai plutôt sur un cargo qui livre les îles du bout de la Polynésie avec 198 passagers

Oceane V2
Par Oceane B

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

Un cargo mixte est un navire qui transporte à la fois des marchandises et des passagers, une formule ancienne mais rare dans le tourisme de croisière moderne. En Polynésie française, ce modèle a toujours eu du sens: certaines îles ne vivent que par la mer, sans aéroport ni port de plaisance digne de ce nom. Depuis plus de quarante ans, la compagnie familiale Aranui a bâti sa réputation sur ce principe simple: ravitailler les habitants tout en embarquant des voyageurs curieux. Avec l'arrivée d'un second navire, baptisé Aranoa, cette philosophie s'apprête à toucher des recoins de l'archipel jusque-là réservés à une poignée de passionnés.

À retenir
  • L'Aranoa, nouveau cargo mixte de 198 passagers, dessert pour la première fois les îles Australes, dont Rapa, lors d'un voyage de 13 jours au départ de Papeete
  • Les tarifs démarrent à partir de 3 205 euros par personne en cabine intérieure (pension complète, vin de table inclus) pour cette traversée de 13 jours
  • Les réservations pour la saison 2027 sont ouvertes depuis juin 2025 en raison de la faible capacité du navire et de la forte demande

Pourquoi changer ses plans pour Bora Bora

Bora Bora reste la carte postale par excellence, celle qu'on s'imagine depuis des années en feuilletant des catalogues de voyage. Mais la Polynésie ne se résume pas à ce lagon ultra-photographié. L'archipel des Australes commence à 600 kilomètres au sud de Tahiti et s'étire jusqu'à l'île de Rapa, poussée à plus de 1 200 kilomètres. C'est l'un des territoires les moins fréquentés de Polynésie, sans hôtels pour la plupart et sans aéroport pour certaines d'entre elles.

C'est justement cette absence d'infrastructures qui rend leur découverte si rare. Rapa, la plus isolée de toutes, ne figure que dans six croisières programmées en 2027. Troquer Bora Bora contre un itinéraire qui file vers ces terres oubliées, ce n'est pas renoncer au rêve polynésien, c'est en choisir une version moins balisée, presque confidentielle.

L'Aranoa, le nouveau cargo mixte Aranui qui redéfinit le voyage en Polynésie

L'Aranoa marque un tournant pour Aranui, qui va pour la première fois exploiter deux navires simultanément aux côtés de l'Aranui 5. Son nom signifie chemin paisible en tahitien, un clin d'œil assumé à la vocation du bateau. Construit dans un chantier naval chinois, il mesure 116 mètres de long pour 21 mètres de large et peut accueillir 198 passagers répartis dans 91 cabines, dont 62 avec balcon.

Côté équipements, le navire ne ressemble plus vraiment aux cargos d'autrefois: deux restaurants, deux bars, deux jacuzzis, une salle de sport, une boutique et même un espace spa et tatouage complètent l'offre. Sa propulsion diesel-électrique avec système azimutal lui permet une manœuvrabilité précise, utile pour accoster dans des ports exigus où les gros paquebots ne s'aventurent jamais. L'Aranoa continuera malgré tout sa mission première: livrer vivres et matériel aux habitants des îles reculées, le tourisme venant s'ajouter à cette logistique essentielle.

À bord de l'Aranoa : itinéraire, durée et tarifs du voyage jusqu'à Rapa

Le voyage inaugural est programmé au départ de Papeete pour 13 jours et 12 nuits, avec un retour à Tahiti prévu le 18 mars 2027. L'itinéraire égrène Rimatara, Rurutu, Tubuai, Raivavae et Rapa dans les Australes, avant de remonter vers Raiatea et Bora Bora dans l'archipel de la Société.

Les réservations pour la saison 2027 sont ouvertes depuis juin 2025, un délai qui s'explique par la faible capacité du navire et la demande déjà soutenue pour ce type d'expédition. Les tarifs démarrent autour de 3 205 euros par personne en cabine intérieure (pension complète, vin de table inclus) pour cette traversée inédite jusqu'à Rapa. Un budget loin des standards des grands paquebots, mais qui s'explique par la rareté de la destination et le format restreint du navire.

Ce que l'Aranoa propose, finalement, ce n'est pas un luxe tapageur mais un accès. Un accès à des îles que même certains Polynésiens n'ont jamais visitées, faute de liaison régulière. Pour les voyageurs qui avaient mis de côté pendant des années pour un lagon déjà mille fois vu en photo, ce nouvel itinéraire offre une alternative qui a le mérite d'être rare: embarquer sur un navire qui nourrit autant les habitants que la curiosité des passagers.

Oceane V2

Grande voyageuse avant tout, j’ai posé ma valise dans de nombreux pays. C’est donc tout naturellement que je suis devenue rédactrice voyage, pour partager cette passion et raconter tout ce que je vis.

Aucun commentaire à «J’économisais pour Bora Bora depuis dix ans : en 2027, j’embarquerai plutôt sur un cargo qui livre les îles du bout de la Polynésie avec 198 passagers»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires