J’ai longtemps cru que le bonus était mort avec son nom. Puis j’ai découvert une ligne dans un tableau de revenus, et tout a changé.
On s’obstine tous à croire que l’aide pour acheter une voiture électrique a disparu, alors que certains ménages peuvent encore toucher jusqu’à 5 700 €

- La prime a remplacé le bonus écologique en 2025 et reste active en 2026.
- Un ménage précaire peut obtenir jusqu'à 5 700 € pour une voiture neuve.
- Le montant dépend des revenus du foyer, de la batterie et du vendeur.
- Seuls les véhicules neufs, figurant sur la liste de l'ADEME, sont éligibles.
Le bonus a disparu, l'aide non
Le bonus écologique a disparu, c'est vrai, mais l'aide à l'achat n'a pas quitté le paysage. La prime « coup de pouce véhicules particuliers électriques » l'a remplacé en 2025, et economie.gouv.fr la dit maintenue en 2026 dans le cadre des certificats d'économies d'énergie (CEE). Un ménage précaire peut y prétendre jusqu'à 5 700 € pour une voiture neuve.
Le malentendu tient d'abord à un simple changement de nom.
L'ancien bonus était financé directement par l'État. La nouvelle prime relève du dispositif des CEE, via la fiche d'opération standardisée TRA-EQ-117. Ce mode de financement explique le vocabulaire prudent de l'administration, qui parle de montants « indicatifs ». Ils dépendent du marché des CEE et peuvent donc évoluer dans le temps.
Combien, au juste, en 2026 ?
Trois niveaux, selon les revenus du foyer. Pour 2026, les montants indicatifs sont de 5 700 € pour les ménages précaires, 4 700 € pour les ménages modestes non précaires et 3 500 € pour les autres ménages. Un foyer qui dépasse les plafonds n'est donc pas exclu.
À ce socle s'ajoute un bonus pour les véhicules dont la batterie est fabriquée en Europe, de 1 200 € à 2 000 €. Depuis le 1er octobre 2025, une prime complémentaire de 1 000 € est ajoutée si le véhicule est assemblé en Europe et équipé d'une batterie européenne.
Méfiez-vous des chiffres qui circulent. Dans une autre section, la page d'economie.gouv.fr mentionne aussi 4 200 € et 3 100 €, des montants qui semblent correspondre à un barème antérieur. Selon les acteurs, un ménage précaire se voit annoncer 6 500 € pour un véhicule européen, tandis que d'autres communiquent entre 3 100 € et 4 200 €. Le même modèle peut donc recevoir des propositions très différentes d'un vendeur à l'autre.
Le barème du jour, vérifié avant la signature, reste la seule référence.
Qui entre dans quelle case
La prime s'adresse à toute personne physique majeure domiciliée en France. Elle couvre l'achat, ou la location de deux ans ou plus, d'un véhicule neuf. Le véhicule doit être de catégorie M1, avec un poids total autorisé en charge de 3,5 tonnes au plus.
Les plafonds de revenus se lisent dans le tableau officiel, selon la taille du foyer. Pour une personne seule, la limite est de 24 031 € en catégorie précaire et de 29 253 € en catégorie modeste. Pour deux personnes, elle passe à 35 270 € et 42 933 €, puis à 49 455 € et 60 208 € pour quatre. Chaque personne supplémentaire ajoute 7 116 € côté précaire et 8 663 € côté modeste.
Prenons une famille de cinq personnes. Elle reste classée modeste jusqu'à 68 877 € et précaire jusqu'à 56 580 €, d'après ce même tableau. Au-delà de ces seuils, la tranche applicable est celle des 3 500 €.
Neuf, éligible, éco-scoré : les règles du véhicule
Une seule porte d'entrée : le neuf. Le dispositif ne prévoit aucune aide nationale pour l'électrique d'occasion. Le véhicule doit en effet être neuf, c'est-à-dire en première immatriculation. Qui vise un modèle d'un ou deux ans devra se tourner vers d'éventuelles aides locales.
Le véhicule doit aussi atteindre un score environnemental minimal, fixé par l'ADEME. L'agence publie la liste des véhicules éligibles, à consulter avant de signer un bon de commande. Les modèles récents, notamment ceux assemblés en Europe, sont les mieux placés pour cumuler les compléments évoqués plus haut. Un véhicule éligible à la prime de base ne l'est pas forcément aux majorations liées à l'origine européenne.
C'est la liste de l'ADEME qui tranche, pas la réputation d'une marque.
Les gestes pour la demander
La demande passe en principe par le vendeur. D'après les informations relayées, certains concessionnaires signataires de la charte « coup de pouce » peuvent avancer la prime et la déduire de la facture. Demandez dès le devis si le point de vente en fait partie.
Sans avance du vendeur, une demande en ligne reste possible dans un délai de 6 mois à compter de la facturation du véhicule, ou du premier loyer en cas de location, selon aide-sociale.fr. Préparez la facture, un justificatif de domicile et vos avis d'imposition, qui servent généralement à établir votre catégorie de revenus. Chaque signataire fixe toutefois sa propre liste de pièces. Le même site indique que la prime n'est pas imposable.
Le cumul avec des aides locales est possible dans la plupart des cas, mais chaque collectivité a ses règles. Un appel à la mairie, à la région ou à la métropole avant l'achat permet de savoir ce qui s'additionne.
Un dispositif moins lisible que l'ancien bonus
Le jeu de données Ecolab publié sur data.gouv.fr, mis à jour le 25 mars 2026, suit la part des voitures électriques et hydrogène dans les immatriculations de voitures particulières neuves. Cet indicateur est présenté comme l'un des principaux leviers pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur. L'aide à l'achat s'inscrit dans cette logique.
Mon avis : le bonus d'hier avait une qualité que sa remplaçante n'a plus, la lisibilité. Il offrait un barème fixe selon le véhicule, alors que la prime d'aujourd'hui varie selon vos revenus, l'origine de la batterie et l'interlocuteur. De là vient cette impression tenace que tout a disparu. Trois vérifications suffisent à y voir clair : votre tranche dans le tableau officiel, l'éligibilité du modèle sur la liste de l'ADEME et le montant exact inscrit sur le devis.
Les pages officielles consultées datent du 26 décembre 2025 pour economie.gouv.fr et du 1er janvier 2026 pour service-public.gouv.fr. Le marché des CEE pouvant faire bouger les montants, relisez le barème à la date de votre commande.
Sources : mes-aides.francetravail.fr | quelles-aides.fr | particulier.hellio.com
