Ce matin-là, mon voisin m’a vu enfoncer la pédale avant de tourner la clé, et il a simplement souri. Je pensais faire comme mon père, sans me poser de question.
J’appuyais sur l’accélérateur en démarrant les matins froids, comme mon père : mon voisin m’a expliqué pourquoi ça ne sert plus à rien sur les voitures d’aujourd’hui

Appuyer sur l'accélérateur en démarrant par temps froid ne sert plus à rien sur une voiture à injection électronique. Le calculateur dose seul le carburant au démarrage, sans qu'on lui demande quoi que ce soit. Mon père faisait pourtant ce geste chaque matin d'hiver, et je l'ai reproduit pendant des années sans me poser la question.
Mon voisin m'a coupé dans mon élan un matin de givre.
Il m'a vu enfoncer la pédale avant de tourner la clé, et il a souri sans la moindre moquerie. « Tu fais comme ton père », a-t-il lancé par-dessus la haie. Ma voiture n'a pourtant rien d'un modèle des années 1980. Quelques minutes de conversation m'ont suffi pour comprendre que j'appliquais un réflexe venu d'une autre époque.
- Sur une voiture à injection électronique, le calculateur dose seul le carburant au démarrage.
- Pomper l'accélérateur était utile sur les anciennes voitures à carburateur, avant 1990.
- Insister en appuyant sur la pédale peut noyer le moteur et n'arrange rien.
- Certains constructeurs prévoient une légère pression par très grand froid, indiquée dans le manuel.
Pourquoi nos pères « pompaient » l'accélérateur
Les voitures à carburateur, fréquentes avant 1990, demandaient de « pomper » l'accélérateur avant de démarrer. Chaque pression envoyait un peu de carburant dans le moteur. Ce surplus servait à obtenir un mélange plus riche, dont un moteur froid a besoin pour s'allumer.
Le carburateur est une pièce purement mécanique, sans capteur ni calculateur pour corriger le tir. On le reconnaît à son boîtier métallique massif, relié à la pédale par un câble direct, et souvent à un starter à manœuvrer à la main.
Le geste de mon père était donc parfaitement logique.
Ce que l'injection fait désormais à votre place
Sur un moteur à injection électronique, le calculateur dose seul le carburant au démarrage. Il s'appuie sur des capteurs, dont celui de la température du liquide de refroidissement, pour ajuster la composition du mélange. Quand il fait froid, il enrichit celui-ci de lui-même, sans aucune manipulation de votre part.
Dans ce cas, l'accélérateur n'apporte rien. Le geste est inutile et peut même gêner le démarrage plutôt que l'aider. Sur un moteur à injection, l'usage le plus répandu consiste à ne pas solliciter la pédale du tout. Tournez la clé, ou appuyez sur le bouton, et laissez faire.
Un doute sur ce que cache votre capot ? Mettez le contact sans démarrer : un bruit de pompe électrique pendant 2 à 3 secondes trahit une injection.
Mon voisin a trouvé une image qui m'a fait rire. Le calculateur est un cuisinier qui pèse ses ingrédients au gramme près, et votre pied ressemble à quelqu'un qui passerait derrière lui pour rajouter une pincée de sel. Cette précision explique aussi que l'injection consomme, selon certaines sources, 10 à 20 % de moins en moyenne qu'un carburateur. Le cuisinier gaspille moins que le cuisinier à la louche.
Démarrages ratés : là se trouve le vrai sujet
À mon avis, ce réflexe se transmet comme une recette de famille, par imitation plutôt que par raisonnement. Le geste n'abîme pas le moteur en soi, inutile d'en faire un drame. Le sujet se situe ailleurs, dans les tentatives de démarrage ratées qui se répètent.
Quand le moteur tourne sans s'allumer, l'essence injectée n'est pas brûlée. À force d'essais, il peut se retrouver noyé, et cette essence non brûlée peut alors descendre jusqu'à l'huile. Appuyer sur la pédale pour insister n'arrange rien, puisque le calculateur a déjà dosé ce qu'il fallait.
Batterie, bougies, démarreur : les suspects habituels sont ailleurs.
Les spécialistes citent aussi des injecteurs partiellement bouchés, qui rendent le démarrage difficile. Le démarreur entraîne le moteur jusqu'à l'allumage, et un démarreur en fin de vie figure parmi les causes classiques d'un démarrage laborieux. Couper la radio, le chauffage, le dégivrage et les phares avant de tourner la clé soulage la batterie. Mettre le contact quelques secondes avant de démarrer fait partie des réflexes conseillés.
L'exception du très grand froid
Une exception existe, et elle ne contredit pas le reste. Par très grand froid, certains constructeurs recommandent une légère pression sur l'accélérateur si le moteur peine à démarrer.
Le manuel du véhicule fait foi sur ce point. Il indique, modèle par modèle, si ce coup de pouce est prévu et comment le donner. Il dort souvent dans la boîte à gants, à côté du carnet d'entretien.
Du côté des anciens diesels, certaines sources techniques évoquent un dispositif dédié, l'accélérateur de démarrage à froid, généralement commandé par un bouton. C'est un mécanisme prévu par le constructeur, bien différent d'un geste improvisé du pied.
Les autres réflexes hérités de nos pères
La même logique s'applique à la fameuse chauffe du moteur à l'arrêt. Sur une voiture à injection, on peut démarrer, enclencher la première et rouler directement, selon plusieurs sources. Je laissais pourtant tourner le moteur de longues minutes, par pur mimétisme.
Un moteur à carburateur réclamait 5 minutes de chauffe, selon certaines sources.
Le prochain matin de gel
Le prochain matin de gel, tournez la clé sans toucher à la pédale. Laissez le démarreur faire son travail. Si le moteur ne prend pas, patientez avant de recommencer plutôt que d'enchaîner les tentatives, au risque de le noyer. Si les échecs se répètent, ouvrez le manuel, puis faites vérifier la voiture dans un garage.
Les propriétaires de voitures de collection à carburateur, eux, peuvent garder le geste de leurs pères, car il conserve tout son sens sur ces mécaniques-là. Pour ces modèles anciens, le manuel reste le meilleur arbitre.
Sources : forum.2cv-legende.com | motorlegend.com
