Le plafond de 22 950 € m’a semblé une évidence, alors j’ai tout retiré dès que les intérêts sont tombés. C’est ma conseillère qui m’a fait comprendre ce que je venais de perdre.
J’ai retiré ce qui dépassait 22 950 € sur mon Livret A dès que les intérêts sont tombés : ma conseillère m’a expliqué ce que je venais de perdre pour rien

Le plafond du Livret A est fixé à 22 950 euros depuis le 1er janvier 2013 et s'applique uniquement au capital versé. L'article R221-2 du code monétaire et financier prévoit que la capitalisation des intérêts peut porter le solde au-delà de ce plafond. Retirer ce qui dépasse, c'est donc corriger un problème qui n'existe pas, pour une perte modeste mais définitive.
- Le plafond de 22 950 € s'applique aux versements, pas au solde.
- Les intérêts capitalisés peuvent légitimement dépasser ce plafond.
- Un retrait réduit définitivement la base qui produira les intérêts futurs.
Un plafond qui ne vise que vos versements
Un solde supérieur à 22 950 € ne gêne en rien votre banque.
Selon Selectra, un Livret A resté à 22 950 € toute l'année 2026 affichera 23 317,20 € en janvier prochain. Le taux était de 1,7 % en janvier, puis de 1,5 % de février à juillet, avant de remonter à 1,7 % le 1er août. Un livret à 22 950 € au 1er janvier, sans aucun mouvement, reçoit ainsi 367,20 € d'intérêts au 31 décembre. C'est cette somme, ou une somme voisine, que certains titulaires retirent par prudence dès que les intérêts sont tombés.
Ce que la conseillère a mis sur la table
L'explication de la conseillère tient en une règle que peu de titulaires connaissent. Après un retrait, vous ne pouvez reverser de l'argent que jusqu'au plafond de 22 950 €.
Selectra l'illustre avec un livret ramené au plafond. Les intérêts de 2027 le feront repasser au-dessus de 22 950 € le 31 décembre 2027. Il restera pourtant durablement au moins 367,20 € plus bas que s'il n'avait pas été touché.
Aucun versement ne peut reconstituer ces 367,20 € une fois le plafond atteint.
Le calcul, au centime près
Prenons ces 367,20 € au taux de 1,7 % : ils auraient rapporté environ 6,24 € la première année. C'est peu, on en convient. Mais ces intérêts auraient eux aussi été capitalisés au 31 décembre, puis auraient produit leurs propres intérêts l'année suivante, comme le rappelle Comparabanques. Le manque à gagner se recalcule à chaque révision du taux, la prochaine étant prévue au 1er février 2027.
Pour mesurer l'ordre de grandeur, 22 950 € multipliés par 1,7 % donnent 390,15 € nets par an, calcule Ramify pour un livret plein. Ce gain est exonéré d'impôts et de prélèvements sociaux.
Les intérêts se comptent par quinzaine, du 1er au 15 et du 16 à la fin du mois. Un retrait en cours de quinzaine pourrait donc priver la somme sortie de ses intérêts sur la période entamée, ce qu'il vaut mieux faire confirmer par votre agence. Les intérêts sont ensuite capitalisés au 31 décembre de chaque année.
Un réflexe répandu, sans fondement
Le réflexe naît d'une confusion entre le plafond de versement et le plafond de solde. Toute opération qui ferait dépasser 22 950 € est rejetée par l'établissement, ce qui laisse croire qu'un solde supérieur serait irrégulier. Le rejet ne vise pourtant que le dépôt, jamais les intérêts que la banque ajoute. Ce plafond est le même dans toutes les banques, car il est fixé par l'État.
Un solde de 23 317,20 € passe sans que la banque y trouve à redire.
Le plafond n'a pas bougé depuis 2013, et Ramify en publie l'historique avec sa valeur ajustée de l'inflation en euros 2026. Les titulaires ont donc de bonnes raisons de comparer les placements. Le Livret A conserve de son côté un triple avantage : liquidité immédiate, exonération fiscale totale, risque nul.
Où placer le surplus si vous y tenez
Le LDDS reste le plus simple : 12 000 € de plafond et 1,70 % au 1er août 2026, comme le Livret A. Les deux livrets cumulés autorisent 34 950 € de versements défiscalisés.
Le LEP séduit davantage par son taux : il reste à 2,50 % au 1er août 2026, avec un plafond de 10 000 € et des conditions de revenus. La formule donnait 2,20 %, et l'écart avec le Livret A tombe à 0,80 point. Vérifiez votre éligibilité avant d'y transférer quoi que ce soit.
Le PEL ouvert depuis le 1er janvier 2026 rapporte 2 % brut, soit environ 1,4 % net, donc moins que le Livret A. Assurance-vie, comptes à terme, livrets bancaires boostés ou SCPI de rendement sont souvent plus rémunérateurs, mais pour des épargnants qui acceptent une part de risque ou une moindre liquidité. Le Livret A offre une liquidité totale et une garantie de l'État à 100 %. Son taux est fixé par l'État, identique dans toutes les banques.
Ce qui pourrait encore bouger
La prochaine révision du taux sera annoncée vers le 15 janvier 2027, pour une application au 1er février 2027. Les premières estimations évoqueraient une hausse vers 2,3 % ou 2,4 %, à prendre au conditionnel. D'ici là, le taux reste à 1,7 %.
La ministre Monique Barbut étudie un relèvement du plafond de 22 950 € à 30 000 €, pour financer l'adaptation climatique. La Fédération bancaire française s'y oppose, estimant que la mesure profiterait surtout aux épargnants les plus aisés, et le plafond applicable demeure de 22 950 € hors intérêts capitalisés.
Un dernier détail concerne ceux qui songeraient à changer de banque. Depuis le 1er janvier 2012, un Livret A ne se transfère plus d'un établissement à un autre : il faut le clôturer, verser l'épargne sur un compte, puis en ouvrir un nouveau, où vous ne pourrez déposer que 22 950 €. Les intérêts capitalisés au-delà de ce montant, soit 367,20 € pour un livret plein en 2026, subiraient alors le même sort qu'un retrait.
Sources : ramify.fr | l-investisseur-long-terme.fr
