Pendant des années, je pensais que fermer tous mes volets était la meilleure protection. Jusqu’au jour où un gendarme m’a montré ce qu’il voyait vraiment depuis la rue.
Je fermais tous mes volets chaque fois que je partais une semaine : les gendarmes m’ont expliqué ce que les cambrioleurs remarquaient en premier

- Des volets fermés pendant huit jours sans aucun changement signalent une absence.
- Une personne de confiance doit ouvrir et fermer les volets et relever le courrier.
- L'inscription à l'opération tranquillité vacances est gratuite et se fait au moins 3 jours avant le départ.
Huit jours d'immobilité : ce que les patrouilles notent d'abord
Fermer tous ses volets avant de partir une semaine paraît relever du bon sens, et beaucoup d'entre nous l'ont fait pendant des années. Les patrouilles de gendarmerie notent pourtant, lors de leurs rondes estivales, des volets fermés du rez-de-chaussée au dernier étage pendant huit jours sans le moindre changement. Les volets clos ne posent pas problème en soi : c'est leur immobilité totale, jour après jour, qui trahit l'absence.
Une façade figée pendant 8 jours se remarque depuis la rue.
Les patrouilles de l'opération tranquillité vacances observent les accès visibles : portail, porte, volets, fenêtres, traces d'effraction ou comportement suspect. Les cambrioleurs, rappellent les gendarmes, regardent exactement les mêmes détails. Volets immobiles, portail resté ouvert, véhicule inconnu garé trop longtemps : chaque signal compte.
Faire vivre le logement plutôt que le calfeutrer
La consigne tient en une formule : « faire vivre » le logement. Un voisin ou un ami doit pouvoir régulièrement ouvrir et fermer les volets, et allumer quelques lumières.
Fermer correctement fenêtres et volets avant le départ reste de rigueur. La différence se joue ensuite : une personne de confiance prend le relais et varie les horaires, ce que ne fera jamais un volet verrouillé pendant une semaine. Certaines préfectures précisent qu'il suffit de demander que l'on ouvre régulièrement les volets le matin pour que le domicile paraisse habité.
Une prise de type minuteur peut allumer certaines lampes sans présence dans le logement, et un programmateur peut aussi piloter la télévision ou la radio. Des recommandations relayées ces dernières semaines indiqueraient que les gendarmes ne conseillent plus la lampe allumée en continu : un signal fixe, répété chaque soir à la même heure, trahirait lui aussi une maison vide.
Courrier, réseaux sociaux, téléphone : les autres indices d'une absence
Une boîte aux lettres qui déborde de lettres, de colis et de publicités éveille les soupçons. Une personne de confiance doit pouvoir relever le courrier à votre place. Les services postaux peuvent aussi le renvoyer automatiquement vers votre lieu de villégiature.
Vos dates de départ n'ont pas leur place sur les réseaux sociaux.
Les services de l'État demandent de ne jamais diffuser ses dates de vacances en ligne, d'y veiller pour ses enfants, et déconseillent aussi de publier ses photos de vacances : toutes ces informations facilitent l'action des cambrioleurs. La messagerie téléphonique ne doit pas non plus annoncer vos dates de congés. Si vous le pouvez, renvoyez votre téléphone fixe vers un ami, un membre de la famille ou votre portable. Un détail qui coûte une minute de réglage.
Les clés ne se cachent jamais sous un paillasson, dans un pot ou dans la boîte aux lettres. Il faut aussi ranger échelle et outils du jardin, qui facilitent une intrusion, et placer les objets de valeur hors de vue depuis l'extérieur.
S'inscrire à l'opération tranquillité vacances
Avant de partir, vous devez signaler votre départ à la brigade de gendarmerie de votre domicile. Des patrouilles de surveillance sont alors effectuées de jour comme de nuit, en semaine comme le week-end, pour dissuader tout cambriolage. Le dispositif est gratuit.
Vous pouvez vous inscrire en ligne sur Service-Public avec FranceConnect, ou directement à la brigade, muni d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile. Pensez à conserver le récépissé de la demande. L'inscription doit se faire au moins 3 jours avant le départ. Selon la préfecture du Gers, la surveillance en zone gendarmerie couvre résidences principales et secondaires, jusqu'à 12 mois ; en zone police, la durée va de 3 à 90 jours.
La demande en ligne ne peut pas être déléguée à une tierce personne. En cas de retour anticipé, prévenez les forces de l'ordre.
Ce qu'il faut préparer avant de remplir la demande
Quelques informations suffisent, mais elles doivent être exactes. Il faut les dates précises de départ et de retour, l'adresse complète du logement, un numéro où vous joindre pendant l'absence et les coordonnées d'une personne de confiance proche du domicile. Cette personne sera la première sollicitée en cas de souci.
Précisez aussi ce qui est habituel chez vous : portail, alarme, accès particulier, animal, véhicule normalement présent. Ces informations permettent aux policiers et aux gendarmes de mieux repérer ce qui est normal ou non, des volets fermés au portail.
En cas d'anomalie, vous ou votre personne de confiance êtes contactés en priorité.
Serrures, objets de valeur et réflexe en cas de doute
Vérifiez le bon état de vos serrures et verrous, et prenez conseil auprès de professionnels pour ces fermetures. Fermez aussi portail, garage et dépendances. Évitez de laisser de grosses sommes d'argent chez vous, et mettez bijoux et objets d'art en lieu sûr, après les avoir photographiés.
L'opération reste un dispositif de prévention : pour une intrusion en cours ou une personne suspecte, il ne faut pas attendre et contacter directement les secours. Si vous constatez quelque chose d'anormal chez un voisin absent, ne touchez à rien et contactez la gendarmerie ou le 17.
Selon une réponse ministérielle publiée à l'Assemblée nationale, chaque passage des patrouilles est matérialisé par le dépôt d'un avis mentionnant le jour et l'heure. Ce texte date de plusieurs années, et il vaut mieux demander à votre brigade si la pratique a toujours cours chez vous. Le cas échéant, ce papier glissé chez vous au retour vous dira quand la patrouille est passée.
Sources : socialmag.news | meuse.gouv.fr
