J’ai souscrit l’option heures creuses pour faire des économies sur l’électricité : en comparant mes factures, j’ai compris ce qu’elle me coûtait vraiment

Louise
Par Louise S

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Votre facture d'électricité ne baisse pas, malgré cette fameuse option heures creuses censée vous faire gagner quelques euros chaque mois. La cause est souvent la même : on souscrit ce contrat un peu vite, sans vérifier si notre mode de vie colle vraiment avec le principe du jour et de la nuit. Après plusieurs mois à éplucher mes relevés, j'ai fini par comprendre ce que ce choix me coûtait réellement, et la réponse n'avait rien d'évident.

À retenir
  • L'option HP/HC n'est rentable que si environ 25 % ou plus de la consommation annuelle est déplacée vers les heures creuses
  • Le kWh en heures pleines (0,2142 €) coûte environ 7 % plus cher qu'en option Base (0,2001 €), avec un abonnement également plus élevé
  • Pour les compteurs de 9 kVA et plus, l'option Base est en extinction progressive et ne peut plus être resouscrite une fois quittée

Ce que l'option heures creuses a réellement changé sur mes factures

Sur le papier, l'option heures creuses promet un kWh moins cher pendant huit heures par jour, en échange d'un tarif plus élevé le reste du temps. En comparant mes anciennes factures en option Base avec les nouvelles, j'ai constaté un écart surprenant : certains mois, la différence était dérisoire, voire négative. La raison est simple, et un peu bête quand on y pense : je ne décalais presque rien de ma consommation. Le lave-linge tournait en soirée, le four aussi, et mon chauffage électrique fonctionnait surtout en journée. Résultat, je payais une bonne partie de mon électricité au tarif heures pleines, plus cher qu'en Base, tout en ayant un abonnement annuel plus élevé que celui que j'avais auparavant.

Les tarifs du contrat et leur impact direct sur les économies réalisées

Pour comprendre ce mécanisme, il faut regarder les chiffres de près. Au tarif réglementé de vente, le kWh en heures pleines tourne autour de 0,2142 euro TTC, contre environ 0,2001 euro TTC en option Base, soit un surcoût d'environ 7 % sur toute consommation diurne non décalée. À cela s'ajoute un abonnement annuel systématiquement plus cher en HP/HC qu'en Base, quelle que soit la puissance souscrite. Autrement dit, ce contrat part avec un handicap de départ qu'il faut absolument compenser par des économies sur les heures creuses. Les foyers chauffés au gaz ou au fioul, sans ballon d'eau chaude asservi ni gros appareils programmables, sont les premiers perdants : leur consommation se concentre le matin et le soir, aux heures les plus chères. À l'inverse, les ménages avec un ballon d'eau chaude électrique piloté par contacteur jour/nuit, ou ceux qui rechargent une voiture électrique la nuit, tirent vraiment leur épingle du jeu, car une part conséquente de leur consommation bascule automatiquement en heures creuses.

La part de consommation déplacée : le véritable facteur de rentabilité

Voilà le nœud du problème, celui que j'ai fini par identifier en creusant mes propres chiffres : la rentabilité dépend des tarifs du contrat et de la part de consommation réellement déplacée pendant les heures creuses. Le Médiateur national de l'énergie a d'ailleurs revu son barème à la baisse : il ne suffit plus de décaler un tiers de sa consommation comme on le disait autrefois, il faut désormais atteindre au moins un quart, soit environ 25 % du total annuel, pour commencer à y gagner. Voici un aperçu synthétique selon le profil de compteur.

Profil de compteur Consommation type Seuil de rentabilité (part HC) Gain financier estimé
3 kVA 3 000 kWh/an 25,5 % à 26 % 24 €/an avec 40 % en HC (722 € contre 746 € en Base)
9 kVA (maison tout-électrique) 8 500 kWh/an 28,4 % à 28,5 % Variable, perte rapide sous 28 %

Ce seuil n'a rien d'anecdotique, surtout pour les puissances de 9 kVA et plus. Depuis les décisions de la Commission de régulation de l'énergie, l'option Base est en extinction progressive pour ces puissances : impossible de la souscrire à nouveau une fois qu'on l'a quittée. Un foyer qui teste l'option HP/HC sans jamais dépasser 28 % de consommation décalée reste alors coincé avec un tarif pénalisant, sans possibilité de revenir en arrière au tarif réglementé. Sa seule porte de sortie : basculer vers une offre de marché concurrente, ou réduire sa puissance de compteur. Et le déficit d'information n'arrange rien : environ 14 % des abonnés en HP/HC ignorent encore leurs propres plages horaires, ce qui rend toute optimisation impossible. À l'inverse, plusieurs centaines de milliers de foyers encore en Base auraient tout intérêt à basculer, notamment grâce à un chauffe-eau électrique bien utilisé, sans changer quoi que ce soit à leurs habitudes.

À cela s'ajoute un changement à surveiller de près : Enedis prépare une seconde phase de déploiement qui introduira une saisonnalité des créneaux, pour mieux absorber les pics de production solaire. Concrètement, en période estivale, jusqu'à trois heures creuses pourraient être positionnées l'après-midi, entre 11 heures et 17 heures, tout en conservant au moins cinq heures consécutives la nuit. De quoi redistribuer les cartes pour des millions d'abonnés, et donner une bonne raison de reprendre sa calculette au moment venu.

Au final, l'option heures creuses n'est ni un piège systématique ni une martingale automatique : c'est un pari qui ne tient que si votre mode de vie colle vraiment aux plages horaires proposées. Avant de signer, ou avant de rester fidèle à ce contrat par habitude, prenez le temps de calculer la part réelle de votre consommation qui bascule la nuit. C'est ce simple réflexe, et rien d'autre, qui fait toute la différence sur la facture.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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