Je choisis toujours « payer en euros » quand le terminal me le propose en vacances à l’étranger : à ma banque, on m’a montré ce que je laissais à chaque addition

Je pensais que choisir l’euro au terminal me simplifiait la vie, sans rien coûter. Une conseillère de ma banque a posé deux additions côte à côte sur son écran, et le résultat m’a laissé sans voix.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • La conversion dynamique ajoute généralement 3 à 8 % au montant payé.
  • Sur une semaine de repas, cette marge représente entre 18 et 48 euros.
  • Votre banque applique aussi sa commission de change, souvent de 2 à 3 %.
  • Choisir la devise locale au terminal évite la marge du commerçant.

Ce que l'écran du terminal vous propose vraiment

Choisir « payer en euros » au terminal, c'est confier la conversion au commerçant et à son prestataire de paiement, pas à votre banque. La marge prélevée se situe généralement entre 3 et 8 %, selon Bankoscope, et elle se partage entre les deux. Sur une addition de restaurant, cela fait quelques euros qui ne vont ni dans votre assiette ni dans votre verre.

Le taux figurait pourtant sur le ticket, en petit.

Ma semaine de vacances ressemblait à bien d'autres : Londres, Marrakech, puis Genève, trois villes hors zone euro. À chaque fois, le serveur tendait le terminal, l'écran affichait deux boutons, « EUR » ou la monnaie du pays, et j'appuyais sur l'euro. Mon raisonnement tenait en une phrase, « je sais exactement ce que je dépense ». Un montant en euros rassure, c'est même sa fonction.

Ce que la conseillère a sorti du relevé

De retour, j'ai poussé la porte de mon agence pour comprendre un total un peu plus lourd que prévu. La conseillère a posé deux additions côte à côte sur son écran. L'une réglée en euros au terminal, l'autre en monnaie locale.

Elle a sorti le taux du jour et refait la conversion à la main. L'écart n'avait rien de spectaculaire, une addition après l'autre. Mais il se répétait à chaque repas, et il allait toujours dans le même sens, vers le commerçant.

Ce que je laissais, c'était la marge, pas une erreur.

Comment fonctionne la conversion dynamique

Le mécanisme porte un nom un peu technique, la conversion dynamique de devises, abrégée en CDD ou DCC. Le commerçant ou le distributeur peut vous proposer de régler dans la devise de votre carte. Visa précise que cette option s'accompagne de conditions de taux de change et de frais supplémentaires. Le professionnel doit afficher le taux appliqué et la majoration.

Cette obligation d'affichage explique la ligne du ticket que je n'avais jamais lue. On y trouve le montant dans les deux monnaies, le taux retenu et la majoration. Elle tient souvent en caractères minuscules, entre le total et la mention « merci de votre visite ».

Reste la question de la marge, qui n'a rien d'anecdotique. Selon Bankoscope, elle va généralement de 3 à 8 % et se répartit entre le commerçant et le prestataire. Le premier a donc un intérêt direct à ce que vous tapiez sur le bouton « EUR ».

Le calcul sur une semaine de repas

Prenons un dîner dont le montant équivaut à 60 euros. Avec une marge de 3 %, vous laissez 1,80 euro de plus. À 8 %, vous en laissez 4,80.

Multipliez maintenant par une semaine ordinaire de vacances, avec deux repas au restaurant par jour, soit 10 repas sur 5 jours à ce rythme. Le total pèse 600 euros, et la marge représente alors entre 18 et 48 euros. Il s'agit d'un exemple chiffré de ma part, pas de mon relevé, mais l'arithmétique ne dépend pas du restaurant.

Ajoutez le café du matin, le taxi, la boutique de souvenirs, et chaque paiement par carte proposé en euros porte la même marge. Les terminaux des restaurants ne sont pas les seuls concernés, puisque le distributeur peut lui aussi proposer cette conversion. Sur un séjour entier, la somme finit par payer plusieurs repas, voire une excursion.

La nuance : votre propre banque prend aussi sa part

Payer en monnaie locale n'est pas gratuit pour autant. Votre banque applique sa propre commission de change, souvent de 2 à 3 %, sauf si votre carte relève d'une offre sans frais à l'étranger. La perte réelle, c'est donc l'écart entre les deux options, pas la marge du terminal prise isolément.

Sur les 600 euros de l'exemple, une commission bancaire de 2 à 3 % coûte entre 12 et 18 euros. La marge du terminal, elle, oscille entre 18 et 48 euros. L'avantage de la monnaie locale varie selon votre contrat, mais il existe presque toujours quand la marge du terminal est élevée.

La conseillère m'a fait remarquer un point que je n'avais jamais vérifié : les conditions de ma carte. Mon contrat prévoit des frais sur les paiements hors zone euro, que je n'avais jamais regardés de près. Avant un départ, la ligne « paiements hors zone euro » de la grille tarifaire vaut une minute de lecture.

Le réflexe à adopter dès le prochain voyage

Au terminal, appuyez sur la devise locale.

Le geste ne demande aucun calcul. Le terminal affiche la livre, le dirham ou le franc suisse, vous validez, et la conversion se fait ensuite au taux de votre banque. Vous perdez le confort du montant en euros sous les yeux, mais vous gagnez la marge du commerçant. Une application de conversion ou un simple repère mental (un tiers de plus, un tiers de moins, selon la monnaie) suffit pour garder le fil.

Si vous hésitez, lisez la ligne du ticket avant de signer ou de taper votre code. Elle indique le taux et la majoration, et la comparer au taux du jour prend dix secondes. Un taux nettement moins favorable que celui de la presse financière, c'est la signature d'une conversion dynamique.

Pour les retraits, le principe reste identique. Au distributeur, l'écran peut aussi proposer de convertir en euros, et la même marge de 3 à 8 % peut s'appliquer. Refusez, retirez en devise locale, et vous restez sous le seul régime des frais prévus par votre banque.

Une dernière garantie vaut d'être connue : selon la Banque de France, la réglementation européenne impose aux banques d'afficher le taux de la BCE et leurs frais de conversion. Vous pouvez donc comparer, avant de partir, ce que votre établissement prélève réellement, puis décider en connaissance de cause à chaque addition.

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