Depuis 40 ans, les Allemands gardent ce lac italien pour eux — à 4h de Lyon, les Français passent à côté

Le lac de Garde, à moins de 500 km de Lyon, est une destination prisée par les Allemands depuis quarante ans. Pourtant, les Français ignorent encore ce joyau italien offrant un microclimat méditerranéen exceptionnel et trois visages distincts selon les rives.

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Par L'équipe JDS

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Le lac de Garde est, à vol d'oiseau, à moins de 300 kilomètres de Munich, et en Bavière, il porte même le surnom de « Lago di Monaco », en raison des nombreux visiteurs, à environ quatre heures de route de Munich. Les Français de Lyon, eux, mettent le même temps. La différence, c'est que les uns y vont depuis quarante ans, et les autres viennent à peine de le découvrir.

Le lac de Garde, en Italie, est populaire auprès des vacanciers depuis des années. Tout particulièrement chez les Allemands. Les touristes allemands mènent encore la liste des vacanciers à Sirmione. Ce n'est pas un hasard ni une mode passagère : c'est une fidélité culturelle ancrée depuis la fin des années 1970, quand les Bavarois ont compris qu'en traversant les Alpes, ils trouvaient en quatre heures ce que leur propre pays ne pouvait leur offrir, la lumière méditerranéenne, les oliviers, le sentiment d'être ailleurs sans décalage horaire.

À retenir

  • Les Bavarois ont colonisé le lac de Garde depuis les années 1970 — les Français viennent à peine de le découvrir
  • Un microclimat unique en Europe permet de voir de la neige au col du Brenner et 24 degrés au lac le même jour
  • Avril révèle un secret que même les guides touristiques oublient : le meilleur moment pour visiter sans les foules

Un lac qui joue dans une autre catégorie

Le lac de Garde est le plus grand lac italien, avec une superficie de 370 km². Plus qu'un lac, on peut le considérer comme une mer entre les montagnes. Il s'étend sur trois régions italiennes : la Lombardie, la Vénétie et le Trentin Haut-Adige. Cette géographie tripartite explique sa diversité radicale : au nord, des falaises vertigineuses et des villages alpins ; au sud, une plaine lacustre presque sicilienne, avec des plages de galets et des eaux translucides.

Sur les rives du lac de Garde, le climat est tempéré par le lac, et il est assez doux pour permettre la culture des vignes, des olives et des agrumes. La chaîne des Alpes protège le lac : tandis que le versant nord connaît des chutes de neige, le fœhn protège le versant sud, il n'est pas rare de voir en avril de la neige au col du Brenner et, en même temps, du soleil avec 24 degrés au bord du lac. Ce privilège climatique, les Bavarois l'ont intégré depuis longtemps dans leur calcul de bonheur. Les Français, qui partent généralement plus loin, Barcelone, Lisbonne, Marrakech, passent à côté d'une destination qui se trouve au fond de leur jardin.

Avril : le meilleur moment que presque personne ne connaît

Les meilleurs moments pour visiter le lac de Garde sont le printemps et le début de l'été, en particulier de la mi-avril à la mi-juin. En avril, on peut espérer avoir environ 14 jours avec des températures maximales supérieures à 18 degrés, soit 47 % du mois. Les terrasses ouvrent, les prix sont encore raisonnables, et les ruelles de Sirmione ne ressemblent pas encore à un aéroport un jour de grève.

Le printemps, entre avril et juin, est probablement le moment idéal : les températures sont douces, la végétation est au mieux de sa forme avec les citronniers et les oliviers en fleurs, et les foules touristiques ne sont pas encore là. La fréquentation est certes en hausse dès avril, mai et juin, mais cette « haute saison de printemps » reste sans commune mesure avec l'engorgement de juillet et août, quand le petit village de Sirmione accueille un si grand nombre de touristes que la commune s'apparenterait presque à un parc d'attraction.

Un détail climatique que même les habitués ignorent : le lac de Garde ne compte que 69 jours de pluie en moyenne par année, contre 113 à Genève, la plupart concentrés au début du printemps et à la fin de l'automne. En avril, les journées ensoleillées dominent largement, et l'ensoleillement varie de 6 à 11 heures par jour tout au long du mois.

Sirmione, Malcesine, Limone : trois lacs en un

Sirmione est un important centre touristique grâce à son ancienne villa balnéaire et à son agréable centre historique où est situé son château médiéval et les ruines de son ancienne villa romaine. Trop fréquentée en été ? Oui. En avril, elle révèle son vrai visage : lumière dorée sur les pierres, terrasses de café presque vides, lac d'un bleu presque inquiétant. À la pointe de la presqu'île, les Grottes de Catulle dévoilent les vestiges grandioses d'une villa romaine du Ier siècle, nichée au milieu d'oliviers centenaires.

Plus au nord, Limone sul Garda est sans doute l'un des villages les plus photogéniques du lac. Agrippé à une étroite bande de terre au pied de falaises vertigineuses, il doit sa renommée à ses limonaie, ces serres historiques en terrasses dédiées à la culture des agrumes. C'est d'ailleurs le lieu le plus au nord de l'Europe où l'on peut trouver des cultures d'agrumes. Une anomalie botanique qui dit tout du microclimat de ce lac.

Du côté vénitien, Malcesine est une escale incontournable, une bourgade médiévale dominée par la silhouette imposante du Castello Scaligero. C'est de Malcesine que s'élance le téléphérique panoramique dont les cabines rotatives vous transportent à 1 800 mètres d'altitude, sur le Monte Baldo, surnommé le « Jardin de l'Europe » pour sa biodiversité florale exceptionnelle. Le spectacle : regarder depuis les hauteurs enneigées le lac scintiller 1 800 mètres en contrebas, avec Vérone dans les brumes au loin. La ville de Roméo et Juliette est à seulement 30 minutes.

La rive orientale mérite aussi une mention spéciale. Surnommée à juste titre la « Riviera des Oliviers », les paysages y sont plus doux, les collines ondulent et l'atmosphère est délicieusement méditerranéenne. La gastronomie locale brille par son huile d'olive DOP, ses poissons du lac et ses vins renommés comme le Bardolino et le Lugana, à déguster dans des trattorias authentiques.

Comment s'y rendre depuis Lyon (et pourquoi les Français attendent)

Lyon–Sirmione, c'est un peu moins de 500 kilomètres par l'autoroute, via le tunnel du Fréjus ou le Mont-Blanc. Comptez quatre heures à quatre heures trente selon le trafic alpin, soit le même temps qu'un Lyon–Paris–Barcelone en comptant l'aéroport. La différence : vous arrivez directement au bord du lac, sans valise à roulettes dans le métro.

Les Allemands, eux, ont optimisé la chose depuis longtemps. Depuis Munich, la distance à vol d'oiseau est de 283 kilomètres, et l'autoroute du Brenner est rodée, connue, balisée. Les familles bavaroises ont leurs locations habituelles, leurs trattorias préférées, leurs pizzaiolos qui les appellent par leur prénom. Jouissant d'un microclimat d'une douceur exceptionnelle qui permet la culture d'oliviers et de citronniers, le lac s'est imposé comme l'une des destinations les plus prisées au monde. Déjà en 1786, lors de son célèbre voyage en Italie, Goethe en décrivait la beauté avec fascination. On ne dira pas que les Français sont en retard sur Goethe, mais il y a un écart à combler.

Pour se déplacer sur place, le ferry reste votre meilleur allié : il relie les principaux villages et offre des points de vue imprenables tout en évitant les embouteillages de la route côtière. En avril, les lignes sont déjà opérationnelles, les bateaux peu chargés, et traverser le lac d'une rive à l'autre en regardant les falaises défiler a quelque chose d'infiniment plus reposant que de chercher un parking à Limone en plein août.

Un dernier fait qui peut convaincre les plus sceptiques : dans les années 1970, des chercheurs ont découvert que plusieurs habitants de Limone présentaient un taux de cholestérol anormalement bas grâce à une mutation génétique rare, appelée apolipoprotéine A-1 Milano. Cette découverte a ouvert des pistes importantes dans la recherche cardiovasculaire mondiale. Un village qui a contribué à la science médicale mondiale, des oliviers qui fleurissent en avril sous les Alpes, et quatre heures de route depuis Lyon, le dossier est solide.

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