« On a annulé Nice au dernier moment » : cette ville à 2h de vol nous a fait oublier toute la Côte d’Azur

À deux heures de vol de Paris, Rovinj en Croatie offre tout ce que cherchent les voyageurs : une vieille ville pittoresque digne de Venise, une gastronomie exceptionnelle à base de truffes, et surtout des prix 30% moins chers qu’en France. Cette destination istrienne gagne rapidement à être connue.

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Par L'équipe JDS

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Rovinj s'impose d'emblée. Pas comme une découverte confidentielle réservée aux initiés, mais comme une évidence que l'on aurait mise trop longtemps de côté. Serrée sur un promontoire rocheux qui fut une île jusqu'au XVIIIe siècle, cernée par la mer parsemée d'îlots et bordée d'un petit port lové dans une baie protégée, Rovinj est considérée comme le petit bijou de l'Istrie, et à ce titre, l'une des destinations les plus photographiées de Croatie. Condé Nast Traveller l'a classée parmi son top 10 des petites villes côtières d'Europe en 2024. Pendant ce temps, Nice affichait complet et les hôtels de la Promenade des Anglais atteignaient des tarifs que l'on préférera taire.

À retenir

  • Une ville côtière aussi photogénique que Venise, mais sans les hordes de touristes
  • Une gastronomie basée sur les truffes et les vins locaux qui rivalise avec les grandes tables françaises
  • Un budget voyage 30% moins cher qu'un séjour huppé de la Méditerranée française

Venice sans les files d'attente, Toscane sans les bus de tourisme

Rovinj est probablement la ville la plus photogénique de toute la côte croate. Posée sur un promontoire rocheux qui s'avance dans l'Adriatique, dominée par le campanile de l'église Sainte-Euphémie, elle offre un dédale de ruelles pavées, de maisons aux façades pastel et de petits ateliers d'artistes. Ce n'est pas une comparaison facile, mais difficile de ne pas penser à Venise, en plus aéré, en moins bondé. L'influence italienne est partout : dans l'architecture, dans la langue que parlent encore certains habitants, et surtout dans l'assiette.

La vieille ville séduit les voyageurs par ses magnifiques places, points de vue et monuments. En 1963, elle a été déclarée monument culturel en raison de sa grande richesse en trésors historiques et culturels. Si Rovinj a autant de charme, c'est notamment parce que sa vieille ville a été épargnée et protégée du trafic par des règles d'accès strictes. Résultat : on y circule à pied, à son rythme, sans le vrombissement des scooters ni la concurrence des groupes en file indienne derrière un guide-parapluie.

L'arrière-pays, lui, porte le surnom de "Toscane croate", et ce n'est pas du tout usurpé. Avec ses paysages de collines et ses adorables villages perchés, il offre un visage que l'on ne s'attendait pas à trouver à deux heures de vol de Paris. Les villages de Motovun et Grožnjan, perchés sur leurs collines respectives, méritent une demi-journée d'escapade. Le Cap d'Or est accessible à pied ou à vélo depuis le centre-ville : c'est le meilleur endroit pour se baigner, pique-niquer et même se lancer dans une petite rando côtière à l'abri des pins et des chênes.

Une table qui vaut le voyage à elle seule

La gastronomie istrienne constitue, à elle seule, une raison de traverser l'Adriatique. L'Istrie est un paradis pour les gourmets. Reine de la gastronomie locale, la truffe, noire ou blanche selon la saison, se déguste finement râpée sur des pâtes, une omelette ou avec du bifteck. L'un des grands classiques de la cuisine istrienne est le plat de fuzi, sortes de tagliatelles locales torsadées à base d'une pâte faite maison selon la tradition — parsemées de copeaux de truffe.

L'Istrie produit également des vins particulièrement recommandables, dont le Teran, un rouge robuste, et la Malvazija, un blanc léger et fruité. L'huile d'olive d'Istrie est d'ailleurs régulièrement récompensée dans les concours internationaux. Détail savoureux : sur les îles Brijuni, on prête à un olivier, qui donne encore des fruits, l'âge vénérable de 1 700 ans. Pour les amateurs de fruits de mer, la truffe d'Istrie, l'huile d'olive locale et les fruits de mer frais composent des repas que l'on n'oublie pas facilement. Le restaurant Monte, étoilé Michelin, figure parmi les adresses de référence de la ville, et ici, même les grandes tables restent accessibles à des tarifs sans commune mesure avec leurs équivalents français.

Le vrai argument : ce que vous ne dépensez pas

Parlons budget, sans détour. Le coût de la vie en Croatie est inférieur de 30 % en moyenne à celui de la France. Comparé spécifiquement à une destination huppée de la Méditerranée française, l'écart se creuse encore. Au restaurant, les prix à Rovinj reviennent à 20 % moins chers par rapport à la France. Le coût des loisirs, lui, revient à 38 % moins cher. Sur une semaine en couple, l'économie représente facilement plusieurs centaines d'euros — de quoi s'offrir une nuit supplémentaire, ou simplement manger mieux.

Rovinj est, avec Dubrovnik, l'une des villes croates où le coût de la vie est le plus élevé pour les touristes. Mais en remettant en perspective avec le coût général, votre séjour vous coûtera facilement 30 % moins cher qu'un séjour dans une ville huppée de la côte. Côté accès, le moyen de transport le plus rapide pour se rendre en Croatie depuis la France reste l'avion, avec approximativement deux heures de vol. Des liaisons directes existent depuis Paris, Lyon et Nice vers Pula, l'aéroport le plus proche de Rovinj, à 35 kilomètres, soit une trentaine de minutes en voiture.

Quand partir, et pour combien de temps

Juin reste le mois idéal. Les températures oscillent entre 20 et 27°C, la mer commence à se baigner, et les touristes sont moins nombreux, ce qui permet de profiter pleinement de la vieille ville et des sites historiques. Juillet et août changent la donne : la ville souffre alors d'un surtourisme marqué en haute saison, et il peut être difficile de circuler dans la vieille ville. Septembre offre un excellent compromis, avec une mer encore chaude et des foules qui se dissipent naturellement.

La position géographique de Rovinj, à mi-hauteur de la péninsule, en fait le super spot pour visiter aussi bien les villes côtières du nord de l'Istrie que les villages dans les terres ou bien même pour se rendre à Pula. Trois nuits constituent un minimum satisfaisant : une journée dans la vieille ville, une excursion vers le fjord de Lim ou les villages perchés de l'arrière-pays, et une dernière à flâner au marché, à boire un verre au bord de l'eau en regardant le coucher de soleil depuis la jetée du port, l'un des spectacles les plus émouvants que la côte croate puisse offrir, quand les façades s'embrasent d'orange et de rose et que les bateaux se balancent doucement.

Un dernier détail, pratique et inattendu : les locaux parlent souvent l'italien, en plus du croate, ce qui peut faciliter les choses pour ceux qui ont quelques notions de la langue de Dante. La ville est officiellement bilingue depuis des siècles, héritage de la longue domination vénitienne qui court du XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe. L'écomusée de la Batana, sur la côte ouest de la péninsule, consacre une exposition multimédia aux bateaux traditionnels en bois inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO — un angle de visite que l'on ne trouve sur aucun dépliant de la Riviera française.

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