1 500 km de road-trip en XPENG G9 : je m’attendais à être surpris… mais pas pour ces raisons
L’hiver en Bretagne mérite qu’on en révise les idées reçues. La saison froide y dévoile un visage plus contrasté qu’on ne l’imagine, fait de lumières basses et de chemins presque déserts.
En ce matin de décembre, la route file entre les landes assoupies sous un ciel inlassablement remué par le vent du large. À l’horizon, les vagues s’écrasent contre les récifs avec une régularité presque rassurante. Direction la Côte de Granit Rose, au volant d’un SUV électrique qui invite à une autre approche du voyage : celle de la sérénité.
Imaginé à plusieurs milliers de kilomètres de nos côtes celtes, le XPENG G9 entend faire valoir une vision de l’automobile haut de gamme tournée vers le bien-être à bord. Sur ses 4,89 mètres et ses jantes de 21 pouces au dessin aérodynamique, le SUV affiche une présence statutaire sans démonstration superflue. Au pays des pionniers français de la télécommunication, ce vaisseau silencieux s’apprête à démontrer qu’on peut concilier modernité et facilité d’usage.
Si notre périple débute dans la région de Lannion, ce n'est pas par hasard. Célèbre pour ses chaos rocheux, cette terre est aussi, depuis des décennies, l'épicentre français des télécommunications. C'est ici, au cœur des landes, que l'on a appris à faire voyager la voix humaine par-delà les océans. Le Radôme de la Cité des télécoms, sphère blanche monumentale de cinquante mètres de haut, en demeure le symbole.
En 1962, l'antenne qu'elle protégeait recevait les premières images télévisées transmises par satellite entre l'Amérique et l'Europe. Aujourd'hui, on regarde sa série préférée sur l'écran intégré face à la place passager par la magie d'une technologie devenue invisible, désormais à portée de tous.
Ouvert au public, le site mêle mémoire et avenir. Les expositions immersives, animations en réalité virtuelle et démonstrations pédagogiques racontent cette épopée de la communication. Une étape culturelle qui se savoure à son rythme, et qui mérite à elle seule le détour.
L'immensité du Radôme répond à la présence statutaire de notre compagnon de route. Sous ses lignes fluides et son design « Robot Face », le G9 cache une architecture pensée pour évoluer dans le temps, à la manière d'un téléphone qui reçoit ses mises à jour sans intervention. Les ingénieurs de 1962, qui domptaient l'invisible avec leurs cornets paraboliques, auraient sans doute été stupéfaits par la puissance de calcul embarquée à bord. Ici, la connectivité n'est plus accessoire ; elle œuvre en arrière-plan pour rendre la conduite, la recharge et le confort plus fluides au quotidien.
Le trajet vers la côte permet d'apprécier la rigueur du design intérieur. L'habitacle, sobre, fait la part belle aux matériaux nobles, à commencer par le cuir Nappa noir des sièges Premium. Les boutons physiques s'effacent au profit d'une interface tactile d'une grande lisibilité. Et pour qui se méfie de l'omniprésence des écrans, une solution élégante existe : la commande vocale prend le relais avec une remarquable docilité. Réglage de la température, choix d'un mode de conduite, recherche d'un point d'intérêt, programmation de la destination : il suffit d'en formuler la demande à voix haute pour obtenir satisfaction. La technologie se met au service du conducteur, sans jamais le bousculer.
Crédit : Julien Thoraval
Mean Ruz : la lumière qui éveille la côte
Le deuxième jour, nous prenons la route en direction de Ploumanac'h. À mesure que nous approchons du phare de Mean Ruz, le ciel se métamorphose. Le granit s'embrase au passage des premiers rayons, dans un contraste saisissant avec le vert profond de la Manche. Le moment se prête à la contemplation. Et alors que nous patientons que le soleil perce l'horizon, une silhouette se manifeste.
Un renard à la robe rousse traverse le sentier des douaniers. Il s'arrête le temps de nous observer, puis disparaît entre deux blocs de granit rose. La scène a quelque chose de cinématographique, presque irréelle. Elle illustre aussi la beauté discrète de cette côte en hiver : sentiers déserts, lumière douce, rochers qui rougeoient avec une intensité que l'été ne peut offrir.
Plus loin, un autre spectacle nous attend : la mise à l'eau du bateau de la SNSM. Les gestes des sauveteurs en mer respirent une précision séculaire. Cette vigilance constante, cette capacité à anticiper le péril dans un environnement mouvant, trouve un écho technologique dans les systèmes d'assistance de notre compagnon de route. Les douze caméras et capteurs répartis autour du véhicule observent l'environnement avec une acuité que l'œil humain ne saurait égaler. Ils signalent un piéton sortant entre deux voitures, un cycliste mal placé dans l'angle mort, une ligne franchie sans clignotant. Une vigilance silencieuse qui n'a pas vocation à se substituer au conducteur, mais à lui offrir des regards utiles supplémentaires. C'est, plus que tout autre raffinement, le luxe principal de la conduite moderne.
Crédit : Julien Thoraval
Après une marche revigorante sur le sentier jusqu'à l'Oratoire, les embruns ont ouvert l'appétit. Le Castel Beau Site se dresse face à la plage de Saint-Guirec comme un point d'ancrage immuable. Bâti en 1928, l'établissement a traversé le siècle avec une dignité singulière. Réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale, devenu après 1949 résidence de vacances pour l'Armée française, il a depuis intégré la « H8 Collection » sous le pavillon quatre étoiles.
Le déjeuner à La Table de Mon Père est une parenthèse hors du temps. Face à la mer, le regard se laisse aller au mouvement des marées tandis que le chef Nicolas Le Luyer décline une cuisine d'auteur ancrée dans le terroir breton. La carte rend hommage aux produits de la pêche locale. Les Saint-Jacques, juste saisies, conservent une chair nacrée qui répond à la minéralité d'un blanc sec de la vallée de la Loire. Ici, le luxe ne rime pas avec démonstration mais avec la justesse d'une cuisson et à la fraîcheur absolue d'un produit. Une parenthèse iodée où le temps semble suspendu aux reflets changeants du granit, et où, la contemplation de ce rivage fait partie intégrante de la carte.
Crédit : Julien Thoraval
Plougrescant : le tumulte du silence
Pour ce troisième jour, l'itinéraire nous conduit vers Perros-Guirec. La route longe des plages où s'alignent des villas de la Belle Époque, dont l'architecture soignée et les jardins clos semblent défier l'air marin. C'est sur ces routes sinueuses que la suspension pneumatique à double chambre dévoile sa véritable nature. Les irrégularités du bitume sont gommées avec une délicatesse qui rivalise sans complexe avec les meilleures références allemandes. Le G9 paraît survoler la chaussée, isolant ses occupants des trépidations sans sacrifier pour autant la précision du guidage. Sur la durée d'un road-trip, ce confort de roulement fait toute la différence : on descend de voiture moins fatigué qu'on n'y est monté.
Crédit : Julien Thoraval
Malgré son gabarit imposant, le SUV se montre étonnamment agile en ville. Le système de stationnement autonome, actionnable à distance depuis son smartphone, que l'on pourrait juger superflu sur le papier, s'avère vite précieux à l'usage. Grâce aux capteurs et caméras répartis autour de la carrosserie, le G9 se glisse dans les emplacements les plus serrés avec une assurance désarmante. De quoi épargner bien des manœuvres laborieuses sur les places exiguës des villages du littoral.
Notre itinéraire s'achève sur l'une des figures emblématiques de la côte : le Gouffre de Plougrescant. Ici, la nature s'exprime sans retenue. Les vagues se brisent contre les rochers avec un grondement profond, projetant des gerbes d'écume blanche dans un ciel qui hésite entre la tourmente et l'éclaircie. À l'intérieur du véhicule, le contraste est saisissant. Portes refermées, le silence règne en maître. L'isolation phonique, soutenue par un double vitrage acoustique, transforme l'habitacle en un cocon protecteur où le bruit du dehors n'a plus prise.
Le système audio Dynaudio s'y déploie alors avec une clarté remarquable, isolant les passagers du tumulte des éléments. Détail bienvenu : les indications de navigation peuvent être confinées aux haut-parleurs intégrés à l'appuie-tête du conducteur, afin de ne pas troubler la quiétude du passager assoupi. Sur cette version Performance, l'expérience sonore se prolonge dans les assises elles-mêmes, qui répondent en sympathie aux basses fréquences pour offrir une immersion qui semble défier, par sa précision, la fureur de la Manche.
Crédit : Julien Thoraval
Et les passagers arrière en profitent tout autant. L'absence de tunnel central au plancher et un empattement de près de trois mètres permettent d'accueillir les occupants dans des conditions dignes d'une limousine. L'espace aux jambes est généreux, les sièges chauffent et s'inclinent. Le confort attend qu'on s'y installe, et l'on accepte volontiers d'y prolonger les longs trajets.
Crédit : Julien Thoraval
La nuit tombe sur Plougrescant, étirant de longues ombres bleutées sur les chaos rocheux. La Bretagne nous a livré ses plus beaux atours en cette saison. Le voyage touche à sa fin, laissant le souvenir d'une lumière rose qui refuse de s'éteindre, et d'un silence qui est sans doute la plus belle forme de communication. Le trajet du retour permet d'apprécier une dernière fois l'avance du G9 sur un point qui inquiète encore beaucoup d'automobilistes au moment de basculer vers l'électrique : la recharge.
Grâce à son architecture 800 volts, les arrêts à la station de recharge ne sont plus une contrainte. Le G9 encaisse des puissances de charge élevées, dépassant les 300 kW sur les bornes adaptées. Concrètement, cela signifie que la batterie est en mesure de passer de 10 % à 80 % en une quinzaine de minutes seulement ! À peine le temps de commander un café et de le savourer que la notification de charge terminée s'affiche sur le smartphone, et la voiture prête à parcourir trois cents kilomètres supplémentaires. C'est ainsi que XPENG lève l'un des derniers freins psychologiques associés à la mobilité électrique, et rend le voyage de nouveau possible sans appréhension.
Crédit : Julien Thoraval
Proposé sous la barre des 80 000 € dans sa version Performance ultra-équipée, le G9 affiche un rapport qualité-prix qui invite à reconsidérer les hiérarchies établies. Plutôt que de rivaliser frontalement avec les références européennes, il propose une autre vision du luxe automobile, centrée sur le bien-être de tous les instants et la simplicité d'usage.
Journaliste et photographe éditorial, je couvre l’automobile, l’art de vivre et les territoires à travers des récits où le texte et l’image se répondent.
Mon approche repose sur une conviction : un essai, un objet ou une rencontre ne se résument pas à leurs caractéristiques. Ils prennent sens dans un lieu, une lumière et une histoire, fruit de cette alchimie.