J’avais toujours rangé l’Islande dans la catégorie « pays compliqué, voyage à préparer longtemps à l’avance, mieux vaut attendre la retraite tranquille ». À tort. J’en reviens, après trois nuits passées à Reykjavik à l’invitation de Visit Iceland et easyJet, et je ne vous cache pas que cette capitale du Nord m’a surpris. Voici, en toute simplicité, ce que j’en ai retenu — et pourquoi je vais le conseiller à beaucoup de monde autour de moi.
Reykjavik, c’est une capitale qu’on parcourt à pied
Première bonne surprise sur place : Reykjavik n’est qu’une ville de 130 000 habitants. On traverse le centre en 20 minutes, sans transports compliqués, sans se perdre. J’étais logé à l’Hotel Reykjavík Saga, en plein cœur historique, et tout — vraiment tout — était accessible à pied.
J’ai commencé par une promenade guidée du centre-ville, qui s’achève à Hallgrímskirkja, l’église emblématique de la ville. Construite en béton sculpté censé évoquer les orgues basaltiques des paysages islandais, elle culmine à 74,5 mètres. C’est le deuxième plus haut bâtiment du pays. Son architecte, Guðjón Samúelsson, a passé presque toute sa vie sur la rue qui y mène, et il est mort en 1950 sans la voir terminée. Le chantier a duré 41 ans.
Le bonus inattendu : la montée dans la tour, en ascenseur, jusqu’au pont d’observation. On embrasse toute la baie, les maisons en tôle colorée, et les montagnes au loin par temps clair. Et puis c’est ce que je retiens vraiment, la tour abrite un carillon de 29 cloches qui sonnent toutes les 15 minutes entre 9 heures et 21 heures. J’avais calé ma visite pour redescendre juste après une volée. Ça vibre dans tout le quartier. Un moment simple, gratuit, et magnifique. Si vous y allez, ne le manquez pas.
On mange varié, et l’agneau m’a surpris
Les poissons, je m’y attendais — ils ont tenu leurs promesses, frais, généreux, préparés avec finesse. Mais la vraie révélation, c’est l’agneau. Je n’avais pas anticipé qu’il puisse être à ce point au cœur de la cuisine islandaise. Et pour cause : la race locale est une lignée pure depuis 1 100 ans, l’importation de moutons étant interdite depuis des siècles pour préserver le patrimoine génétique. Les bêtes passent tout l’été en liberté dans les hautes terres, à brouter du thym sauvage et des baies. Le résultat est une viande dense, légèrement parfumée, qu’on retrouve dans la plupart des bonnes adresses.
J’en ai goûté plusieurs versions. Au Fjallkonan, plutôt fusion moderne, l’ambiance est décontractée mais l’assiette ambitieuse. Et à Apótek, installée dans une ancienne pharmacie devenue table primée, on retrouve cette élégance feutrée qui sait mettre en valeur un produit du terroir.
Une parfumerie qui n’a rien à voir avec celles qu’on connaît
C’est l’expérience que j’ai eu envie de raconter en rentrant. Au 3, Fischersund, dans une ruelle du centre, une famille islandaise — la fratrie Birgisson — tient depuis 2017 un atelier qui mélange parfumerie artisanale, musique originale et œuvres visuelles. Le frère, Jónsi, est le chanteur du groupe Sigur Rós, dont vous avez peut-être entendu la musique sans en connaître le nom. Ses sœurs Lilja, Inga et Sigurrós tiennent la maison avec leur père Birgir.
L’une des sœurs nous a accueillis. Une vraie passionnée, au sens où elle raconte chaque flacon comme une histoire : les herbes islandaises ramassées dans la nature, la composition créée en parallèle d’une musique et d’une œuvre. On y reste 30 minutes, on en repart avec une vision du pays qu’aucun musée ne donne.
Le Sky Lagoon : le moment que je n’oublierai pas
Si je devais ne retenir qu’une expérience, ce serait celle-là. Le Sky Lagoon est un spa géothermal posé à 15 minutes du centre, en bord de mer, taillé dans la pierre volcanique pour se fondre dans le paysage. La grande lagune s’ouvre directement sur l’Atlantique nord. On y entre par une bouche d’eau chauffée entre 38 et 40 °C alors qu’il fait moins de 5 °C dehors. Le contraste est saisissant et délicieux.
L’expérience structurée s’appelle le rituel Skjól, et ses sept étapes portent leurs noms islandais : le bain chaud (Laug), le bassin froid (Kuldi), le sauna panoramique avec vue sur la mer (Ylur), la brume froide (Súld), le gommage au sel (Mýkt), le hammam vapeur (Gufa), et pour finir un jus de petites baies noires (Saft) qu’on appelle ici les krækiber. C’est doux, c’est lent, c’est accessible à tous les rythmes, vous adaptez sans contrainte.
Et c’est important de le dire : cette culture des bains a été officiellement reconnue par l’UNESCO le 10 décembre 2025. La culture des piscines islandaises est désormais inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité — la première inscription autonome du pays. Ce qui est honoré, c’est moins le spa luxueux que la pratique sociale millénaire : aller dans l’eau chaude, ensemble, tous les âges confondus. Le Sky Lagoon en est l’expression contemporaine la plus aboutie, mais Reykjavik compte aussi de nombreuses piscines de quartier ouvertes à tous, où les locaux se retrouvent au quotidien.
C’est là, dans le sauna face à l’océan, que j’ai compris quelque chose de l’Islande. Ici, on ne dicte rien à la nature : on s’aligne. Ce sont les éléments qui commandent, pas les humains.
Ce qu’on n’a pas vu
Soyons honnête : la météo ne nous a pas permis de faire la sortie en mer pour observer les baleines, ni la chasse aux aurores boréales. Je fais partie des 10 % de visiteurs qui rentrent sans en avoir vu une seule. Et pourtant, ce qui m’a marqué, c’est la réponse du guide en fin de soirée. Une simple phrase : « Vous avez deux ans pour revenir gratuitement. » La plupart des opérateurs islandais offrent ce report. Je trouve cette générosité rare, et profondément cohérente avec la philosophie du pays : si la nature dit non un soir, elle vous redonnera sa chance plus tard.
C’est aussi ça, l’Islande. Un pays qui assume sa météo, qui n’essaie pas de tout maîtriser, et qui vous offre une excuse pour revenir.
Vous y êtes en moins de quatre heures depuis Paris
Si l’Islande vous tente depuis longtemps sans que vous ayez osé sauter le pas, voici l’information qui peut tout changer : depuis Paris-Orly, easyJet a ouvert une ligne directe vers Keflavik, l’aéroport de Reykjavik. Trois heures et demie de vol, presque pas de décalage horaire (une heure seulement), et j’étais à mon hôtel avant 20 heures. Pour comparer : il faut souvent autant pour rejoindre certaines villes du sud de la France un vendredi soir, avec correspondance et imprévus en prime.
Un vol direct, sans correspondance, ça change tout. C’est sans doute le point le plus important quand on hésite à partir pour un pays qu’on imagine lointain : pas de gare à changer, pas de bagage à transférer, pas de stress lié à un éventuel temps de connexion trop court. On embarque à Orly, on débarque à Keflavik. Le contrat est simple, et c’est précisément ce qui rend l’Islande désormais accessible à beaucoup de monde — y compris à ceux qui ont laissé tomber les longues distances depuis des années.
Les formules et les bagages, point par point
La compagnie propose plusieurs tarifs selon vos besoins, et il vaut mieux les connaître avant de réserver pour éviter les mauvaises surprises au moment d’imprimer la carte d’embarquement.
- La formule de base (la moins chère) inclut un petit sac à placer sous le siège devant vous, de dimensions 45 × 36 × 20 cm et pouvant peser jusqu’à 15 kg. Pour un séjour court de trois nuits, en choisissant bien vos vêtements en couches techniques, vous pouvez tout à fait vous en sortir sans soute. C’est ce que j’ai fait.
- Si vous voulez emporter une grande valise cabine (56 × 45 × 25 cm, à placer dans le coffre au-dessus du siège), il faudra ajouter une option payante au moment de la réservation, ou bien choisir une formule supérieure comme Up Front, Extra Legroom, easyJet Plus ou FLEXI, qui l’incluent automatiquement avec d’autres avantages (embarquement prioritaire, place attribuée à l’avance, parfois jusqu’à 23 kg en soute).
- Si vous voulez une valise en soute, c’est également une option à ajouter, à des tarifs variables selon le poids souhaité (15 kg, 23 kg, 26 kg, 32 kg).
Mon conseil : si c’est votre premier voyage en Islande et que vous voulez voyager sereinement avec une vraie valise, prenez d’emblée une formule un peu supérieure. Le surcoût est modeste et vous arriverez détendu, sans avoir à vous battre pour glisser votre sac dans un coffre déjà plein.
Horaires et fréquence
Les vols easyJet Paris-Orly → Keflavik sont opérés en milieu de journée, ce qui évite à la fois les réveils nocturnes et les arrivées trop tardives. À l’aller, j’ai décollé en début d’après-midi et j’étais à l’hôtel pour le dîner. Au retour, départ en début de matinée et arrivée à Paris en début d’après-midi — la journée n’est pas perdue.
La compagnie a renforcé sa présence en Islande ces dernières années : il est désormais possible de combiner facilement un séjour à Reykjavik avec d’autres destinations européennes via le hub d’Orly. Pour réserver, le site easyJet est très lisible, mais sachez que les tarifs varient selon les saisons et les jours. Réserver deux à trois mois à l’avance permet généralement d’obtenir les meilleurs prix.
En pratique, pour préparer votre séjour
- L’hôtel : l’Hotel Reykjavík Saga est central, calme, et permet de tout faire à pied.
- Le climat : fin mars, comptez 2 à 5 °C en journée, du vent, et plus de 12 heures de lumière en fin de mois. Prévoyez des couches superposées, une veste imperméable coupe-vent, un bonnet, des gants, et surtout un maillot de bain — les sources chaudes sont partout.
- Pour préparer : Visit Iceland et Visit Reykjavík tiennent à jour les ressources officielles utiles pour bâtir un itinéraire personnalisé.
Trois nuits, deux jours pleins, et déjà l’envie d’y retourner. L’Islande est plus accessible que vous ne l’imaginez. Et elle vaut largement le détour, à tout âge.





