« Il pensait avoir payé du bois sec en liquide au vendeur de l’annonce » : pourquoi, sans le bon papier, rien ne prouve ce qui a vraiment été déchargé chez lui

Une facture de bois doit mentionner l’essence, la longueur, le taux d’humidité et le temps de séchage. Sans ce papier, « bois sec » reste une simple promesse. Trois gestes avant de payer et un recours auprès de SignalConso permettent de constituer une preuve en cas de litige.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Une facture valide doit contenir l'essence, la longueur, le taux d'humidité et le temps de séchage du bois.
  • Le taux d'humidité légal pour du bois « prêt à l'emploi » est 23 % sur masse brute, soit environ 30 % sur masse sèche.
  • Un paiement en liquide sans bon de livraison laisse l'acheteur sans preuve en cas de désaccord.
  • L'humidimètre mesure le taux réel sur plusieurs bûches pour vérifier la conformité à la livraison.

Quatre lignes qui font toute la preuve

Une facture de bois de chauffage doit comporter l'essence vendue, la longueur de la bûche, le taux d'humidité et le temps de séchage optimal. La DGCCRF donne cette liste dans sa fiche pratique du 18 février 2026. Un papier qui n'en contient aucune, ou l'absence totale de papier, laisse l'acheteur avec des promesses et rien d'autre.

« Bois sec » n'est pas une mesure.

Quand on paie en liquide à l'auteur d'une annonce, tout repose sur des paroles. L'annonce peut être supprimée le lendemain, les billets ne portent aucun nom, la livraison se fait parfois sans le moindre bon de livraison. Au premier désaccord, vous affirmez avoir commandé du bois sec, le vendeur affirme le contraire, et personne ne peut vous départager. Le bois, lui, est déjà empilé dans votre bûcher.

Ce que le décret oblige à écrire

Le décret n° 2022-446 du 30 mars 2022 impose aux distributeurs d'indiquer l'essence, la longueur et la quantité du combustible. La mention « prêt à l'emploi » correspond à un taux d'humidité inférieur ou égal à 23 % sur masse brute, soit environ 30 % sur masse sèche. Un taux de 30 % annoncé sur masse sèche désigne donc le même bois qu'un 23 % sur masse brute, et non un bois plus humide.

Au-delà du seuil, la mention devient « à sécher avant emploi ». Elle s'accompagne d'une durée de séchage recommandée, 18 mois par défaut. Le lieu compte autant que le temps : le décret parle d'un stockage sous abri, surélevé et ventilé. Cette indication permet de poser une date sur le calendrier, ce qu'une annonce promettant du « sec » ne fait jamais.

Humidité non mesurée : la mention imposée est « inconnu, taux d'humidité supérieur à 23 % ».

Le m³ a remplacé le stère

Autre ligne à guetter, l'unité de vente. La DGCCRF le rappelle : le stère n'est plus considéré comme unité de mesure légale, et la vente se fait au m³ ou au dm³. Un bon de livraison qui ne parle que de stères, sans volume en m³, devrait vous faire hésiter avant de sortir les billets.

Ce détail de vocabulaire a une portée pratique pour la preuve. Un volume chiffré en m³ se compare à ce qui a été déchargé dans votre cour, alors qu'une mention vague comme « une bonne livraison » ne se compare à rien du tout.

Particulier ou professionnel : la zone grise des annonces

Le décret vise les distributeurs. Un vrai particulier qui vend le bois de sa parcelle n'y est sans doute pas soumis, et il serait injuste d'y voir un fraudeur parce qu'il n'a pas de papier à en-tête. Mais la DGCCRF écrit que des professionnels se font passer pour des particuliers. Derrière une annonce au ton aimable peut donc se trouver un vendeur tenu, lui, de remettre toutes ces mentions.

Face à un vrai particulier, le droit commun de la vente s'applique toujours, et vous pouvez réclamer ce qui avait été convenu. Reste à le démontrer. Capture d'écran de l'annonce, messages échangés, bon de livraison : ces trois traces pèsent plus lourd que le souvenir d'une conversation.

Sans papier, le recours existe peut-être, mais la preuve manque.

Trois gestes avant de sortir les billets

Réclamez le bon de livraison ou la facture avant de payer, avec l'essence, la longueur, le taux d'humidité et le temps de séchage. Un vendeur qui répond qu'il n'en fait jamais vous apprend déjà quelque chose. Réglez ensuite par un moyen traçable, chèque ou virement, car un paiement en liquide ne laisse aucune ligne sur votre relevé de compte.

Le troisième geste s'appelle humidimètre. Fendez une bûche prise dans la livraison et mesurez sur la face fraîchement ouverte, là où le bois n'a pas eu le temps de sécher à l'air. Répétez l'opération sur plusieurs bûches, à différents endroits du tas : le décret parle d'un taux moyen, et une seule lecture ne fait pas une moyenne. Comparez le résultat au seuil de 23 %.

Si l'appareil indique plus de 23 %, photographiez l'écran à côté de la bûche et notez la date. Ce cliché, ajouté à l'annonce et aux messages, constitue le début d'un dossier.

Quand la livraison ne ressemble pas à l'annonce

Face à un professionnel, le signalement se fait sur SignalConso. Joignez ce que vous avez : annonce, messages, facture ou constat de son absence, photos de la mesure. Mieux vaut y ajouter la date de livraison et le mode de paiement.

Le calendrier de séchage offre aussi un point de contrôle. Selon la DGCCRF, le bois fendu doit passer 2 ans à l'abri, 1 an pour le charme.

Un bois fendu cet automne n'est donc pas sec cet hiver.

Pour le bois déjà rentré cette semaine, les preuves ne sont pas perdues. Mesurez quelques bûches avant que le tas ne baisse, gardez l'annonce et tous les échanges, puis demandez au vendeur un document reprenant les mentions habituelles. Les premières flambées, par 7 °C le matin, sont le bon moment pour le faire : le tas est encore intact.

Un dernier calcul de calendrier. 18 mois de séchage par défaut à compter d'octobre 2026 mènent à avril 2028, c'est-à-dire à la fin de l'hiver 2027-2028 : un lot « à sécher » livré cette semaine ne chaufferait donc vraiment qu'à l'hiver suivant. La durée inscrite sur le papier du vendeur, quand il y en a un, reste la référence.

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