Je m’apprêtais à les jeter avec les vieux tickets de voyage, ces billets bleus et bruns un peu fanés glissés entre deux cartes routières. Or la Bundesbank dit qu’ils valent encore quelque chose.
J’ai retrouvé 300 marks dans le portefeuille de voyage de mon père : je les croyais bons pour la poubelle, ils valent encore 153 € à une seule adresse

- 300 marks valent 153,39 € au taux officiel de 1,95583 pour 1 €
- L'échange à la Bundesbank est gratuit, sans plafond de montant et sans date limite
- Les billets et pièces émis avant le 20 juin 1948 sont refusés, ainsi que la pièce de 2 DM de 1951
Un portefeuille de voyage, 153,39 € de côté
300 marks divisés par 1,95583 donnent 153,39 €. C'est la somme que la Bundesbank verserait pour les billets retrouvés dans le portefeuille de voyage de mon père. Le taux officiel est de 1 € pour 1,95583 DM, et le calcul tient en une ligne.
Je m'apprêtais pourtant à les jeter avec les tickets périmés.
Vous avez peut-être le même objet quelque part : un portefeuille de voyage, une boîte à papiers, un tiroir de bureau que l'on se décide enfin à vider. Des billets bleus et bruns, un peu fanés, glissés entre deux cartes routières. On les range parmi les souvenirs, rarement parmi l'argent. Or la page « Umtausch von DM in Euro » de la Bundesbank dit autre chose.
Gratuit, sans plafond, sans date limite
Sur cette page, l'échange est décrit comme « gebührenfrei und ohne betragliche oder zeitliche Begrenzung ». Il est donc gratuit, sans plafond de montant et sans échéance.
Le taux ne bouge pas : 1,95583 DM pour 1 €. Un billet de 100 DM redevient 51,13 €, et 1 000 DM font 511,29 €. La règle du « divisez par deux » donne le bon ordre de grandeur, mais elle vous ferait perdre un peu plus de 3 € sur nos 300 marks (150 € au lieu de 153,39 €).
La banque centrale accepte les billets de la Bank deutscher Länder (BdL), ceux de la Bundesbank et les pièces fédérales libellées en marks ou en pfennigs. Les pièces comptent donc autant que les billets, jusqu'à la plus petite. Le pot de monnaie qui traîne à côté du portefeuille mérite d'être vidé aussi. Tout ce qui est en DM se compte, même en petites coupures.
Rien ne presse : aucune date butoir n'est fixée.
Les billets et pièces que la Bundesbank refuse
Trois exceptions figurent sur la page. La pièce de 2 DM de 1951, première émission, n'est plus acceptée. Les billets et pièces émis avant le 20 juin 1948 ne le sont pas non plus. Le billet vert de 50 marks de la BdL, daté de 1948, est lui aussi écarté.
La page cite le Reichsmark parmi les monnaies d'avant cette date, et range le mark de la RDA dans la même catégorie des refus. Un portefeuille hérité peut donc mêler argent valide et simple papier de collection. Le tri se fait au tiroir, billet par billet, en regardant la date d'émission.
Les francs français, eux, ne sont plus échangeables depuis 2012. Le mark allemand n'a, sur la page de la Bundesbank, aucune échéance de ce genre.
Une seule adresse : celle de Mayence
L'échange se fait par courrier, via la succursale de Mayence. Il faut utiliser le formulaire officiel, intitulé « Umtausch von DM in Euro », que la Bundesbank met à disposition. Vous y joignez les billets et vous envoyez le tout à l'adresse imprimée sur le formulaire lui-même.
La Bundesbank détermine elle-même le montant en DM, puis applique le taux de 1,95583. Le virement part sans courrier d'accompagnement, sur le compte que vous avez indiqué dans le formulaire. Votre IBAN doit donc être irréprochable. Pour nos 300 marks, 153,39 € arriveraient sur ce compte.
Un détail concerne les voyageurs : la Bundesbank ne convertit que des marks et demande qu'aucune autre devise ne se glisse dans l'envoi. Un portefeuille de voyage peut contenir d'autres billets, qu'il faudra mettre de côté.
Port, délai, accusé de réception : ce que l'on ignore
Les frais d'envoi ne sont pas chiffrés dans les sources consultées, et il serait hasardeux d'avancer un montant. La Bundesbank prévient en revanche qu'elle n'accepte pas les envois insuffisamment affranchis, ni ceux qui donnent lieu à des droits de douane. Faites peser l'enveloppe au bureau de poste avant de coller le timbre.
Pas d'accusé de réception, sauf si le mode d'envoi le prévoit.
Le délai de traitement n'est pas chiffré non plus. La Bundesbank indique sur sa page qu'elle ne répond pas aux questions sur la durée du traitement. Dans sa publication en langage simplifié, elle précise ne rien verser si l'argent se perd en route. Un envoi avec preuve de dépôt et suivi paraît donc le choix le plus raisonnable.
Avant de refermer le tiroir
Étalez les billets, relevez les dates et écartez ceux d'avant le 20 juin 1948, la pièce de 2 DM de 1951 et le billet vert de 50 marks de 1948. Notez le total en DM, divisez par 1,95583, arrondissez à deux décimales.
Téléchargez ensuite le formulaire sur le site de la Bundesbank et remplissez-le, IBAN compris. Glissez les billets dans l'enveloppe, sans autre devise, avec un affranchissement suffisant. Photographier les billets avant l'envoi est un réflexe de prudence, puisqu'aucun accusé n'est garanti.
La publication en langage simplifié de la Bundesbank évoque une nuance pour le billet de 50 marks de 1948 : il pourrait être déposé avec une demande, à Mayence ou dans une autre succursale. Si vous en possédez un, interrogez la Bundesbank avant de le jeter.
Sources : bundesbank.de | anwalt.org | echo24.de
