J’ai télétravaillé tout l’automne chauffage allumé du matin au soir : au service du personnel, on m’a expliqué ce que mon employeur aurait dû me verser

Tout l’automne, j’ai gardé le chauffage allumé du matin au soir, persuadé que cette facture me revenait. Je ne m’attendais pas à la réponse que m’a donnée le service du personnel.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • L'employeur doit prendre en charge les frais du télétravail à domicile.
  • Le forfait sans accord collectif atteint 2,70 € par jour, dans la limite de 59,40 € par mois.
  • Avec un accord collectif, le plafond monte à 3,30 € par jour, soit 72,60 € par mois.

Un chauffage allumé du matin au soir, et rien sur la fiche de paie

Oui, votre employeur doit prendre en charge les frais que vous engagez en télétravaillant, et le chauffage qui tourne dans votre bureau improvisé fait partie des dépenses concernées. C'est ce que m'a expliqué le service du personnel, texte à l'appui. Le principe figure sur le site service-public.gouv.fr, dans une page vérifiée le 14 août 2026.

Pourtant, rien n'apparaissait sur mon bulletin.

J'ai donc passé l'automne thermostat relevé, du premier café au dernier mail, en supposant que cette facture me revenait de droit. Le réflexe est répandu : le domicile serait à nos frais, en contrepartie du trajet évité. L'idée reçue a la vie dure, et elle ne correspond pas à la règle. La mi-octobre, quand on rallume vraiment le chauffage, est le bon moment pour s'en rendre compte.

Deux façons de rembourser, une seule obligation

Le principe est posé noir sur blanc : l'employeur prend en charge les frais engagés par le salarié. Il dispose pour cela de deux modes.

Le premier est le remboursement des dépenses réelles, sur présentation de justificatifs, donc de factures. Le second est une indemnité forfaitaire, dont le montant est fixé d'avance. Dans les deux cas, c'est l'entreprise qui règle la note.

L'employeur fournit aussi le matériel lorsque le télétravail se fait à domicile. Des sites spécialisés rangent dans les frais concernés l'électricité, le chauffage, l'abonnement internet et les fournitures. Ces postes se glissent rarement dans une conversation avec le service du personnel. Leur oubli est donc fréquent, et c'est dommage, car ils s'additionnent d'un mois sur l'autre.

Le forfait n'est pas dû, la prise en charge l'est

Voici la nuance que le service du personnel a tenu à me préciser. Ce qui s'impose à l'employeur, c'est le principe de la prise en charge. La forme qu'elle prend, forfait ou remboursement au réel, dépend de l'accord collectif, de la charte de télétravail ou du choix de l'employeur.

Un forfait n'est donc pas un tarif légal.

Les montants publiés par l'Urssaf ne sont pas non plus des sommes à verser d'office. Ils fixent des plafonds d'exonération, c'est-à-dire des seuils sous lesquels l'indemnité échappe aux cotisations sans qu'on demande de preuve. Beaucoup de salariés les lisent comme un barème de ce qui leur est dû, ce qui n'est pas exact.

Les limites 2026 de l'Urssaf, chiffres en main

Sans accord collectif, l'indemnité exonérée atteint 2,70 € par jour de télétravail, dans la limite de 59,40 € par mois. Elle peut aussi se calculer à 11 € par mois pour 1 jour de télétravail par semaine. Avec un accord collectif (convention de branche, accord professionnel ou interprofessionnel, accord de groupe), les limites montent à 3,30 € par jour, 72,60 € par mois, ou 13,20 € par mois pour 1 jour hebdomadaire. Le tout vaut pour 2026, d'après le barème de l'Urssaf.

Une petite arithmétique éclaire ces chiffres. À 2 jours de télétravail par semaine, la limite d'exonération est de 22 € par mois sans accord collectif, et de 26,40 € avec. À 3 jours, elle passe à 33 €, puis à 39,60 €. Ce sont des plafonds d'exonération, pas des montants garantis.

Sous ces limites, aucun justificatif n'est exigé.

Au-delà, l'exonération reste admise, à une condition : que l'employeur justifie la réalité des dépenses. Un chauffage poussé tout l'automne peut donc dépasser le forfait, et l'entreprise peut alors rembourser davantage, preuves à l'appui. Cela suppose que quelqu'un ait conservé les factures et posé la question.

Ce que vous pouvez vérifier dès cette semaine

Commencez par savoir quel régime s'applique à vous. Votre contrat, la charte de télétravail ou un accord collectif d'entreprise ou de branche indiquent si un forfait existe, à quel niveau, et selon quel calcul. La différence entre 2,70 € et 3,30 € par jour tient précisément à la présence ou non d'un accord collectif.

Demandez ensuite au service du personnel quel mode votre entreprise a retenu. Si c'est le remboursement au réel, gardez vos factures d'énergie et d'internet. Si c'est un forfait, vérifiez qu'il apparaît bien sur votre bulletin.

Le sujet se règle rarement par courrier recommandé. Une question posée simplement, par mail ou au guichet RH, suffit à ouvrir la discussion, et l'interlocuteur aura souvent la réponse sous la main. Le mien l'avait, avec la page officielle ouverte à l'écran, ce qui a rendu l'échange plus court que prévu.

Et les mois déjà écoulés ?

La page officielle consultée ne dit rien sur les mois passés. Impossible donc d'affirmer qu'on peut réclamer ce qui n'a pas été versé depuis septembre, ni de chiffrer une somme qui serait due. Ce point relève d'un échange avec votre service du personnel, ou d'un conseil auprès de l'inspection du travail ou d'un représentant du personnel.

Le plus utile, pour l'instant, reste de regarder devant soi. Le chauffage qu'on remet en route à la mi-octobre tournera encore pendant des mois, et la question de la prise en charge se pose dès la première facture de la saison.

Un dernier repère chiffré : 59,40 € par mois divisés par 2,70 € donnent 22 jours de télétravail, l'équivalent d'un mois entier à plein temps. Avec accord collectif, 72,60 € divisés par 3,30 € donnent aussi 22 jours. Les deux plafonds mensuels reposent donc sur le même calendrier, seul le tarif journalier change.

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