Mon solde était largement suffisant, pourtant la caissière a secoué la tête. Il m’a fallu la file entière pour comprendre ce qui se jouait vraiment derrière ce refus.
J’ai tendu ma carte titres-restaurant pour régler mon chariot de courses : à la caisse, on m’a expliqué pourquoi elle était refusée alors que le solde suffisait

- Le solde ne suffit pas : le jour, le plafond, les produits et le magasin comptent aussi.
- Les titres ne s'utilisent que les jours travaillés, avec une exception pour le dimanche et les jours fériés.
- Le plafond est de 25 € par jour, et chaque commerçant fixe la liste des produits acceptés.
Le solde n'est qu'une condition sur quatre
Un solde suffisant ne garantit rien : le paiement dépend aussi du jour, du plafond quotidien, des produits achetés et du magasin. Chacun de ces points peut provoquer un refus en caisse, sans que votre carte soit en cause. Devant un chariot bien rempli, le suspect numéro un reste la limite de 25 € par jour.
Le solde ne dit rien du jour, du panier ni de l'enseigne.
Service-public résume les règles dans sa fiche F21059, « Comment obtenir et utiliser des titres-restaurant ? », vérifiée le 8 juillet 2026. On y lit que les titres s'utilisent les jours travaillés, dans la limite de 25 € par jour, et qu'ils permettent d'acheter tout produit alimentaire jusqu'au 31 décembre 2026. Les commerces, de leur côté, ne sont pas obligés de les accepter. Il suffit d'une seule de ces cases non cochée pour que la caissière hausse les épaules d'un air navré.
Le jour de l'achat : dimanche et jours fériés
Les titres s'utilisent les jours où vous travaillez, et uniquement ces jours-là. L'exception concerne le salarié amené à travailler le dimanche ou un jour férié.
Un achat dominical par quelqu'un qui ne travaille pas ce jour-là sort donc du cadre. Le refus n'a toutefois rien d'automatique : il dépend du paramétrage de la carte, décidé par l'émetteur et par l'employeur. Deux collègues, deux cartes, et deux réactions possibles devant le même terminal.
Le calendrier ajoute son grain de sel cet automne. Le 1er novembre 2026, jour de la Toussaint, tombe un dimanche, et le 11 novembre est férié.
Le plafond de 25 € par jour
La limite s'exprime par jour, pas par passage en caisse. Le grand chariot de la semaine la dépasse vite, surtout pour un foyer qui concentre ses courses en une seule fois. Le surplus se règle alors avec un autre moyen de paiement, selon ce que l'enseigne et son terminal permettent.
Le passage de la matinée à la boulangerie, avec la carte, puis celui du soir au supermarché s'additionnent sans doute sur la même journée. Cette lecture découle de la formulation de Service-public, qui fixe une limite quotidienne. Ce plafond de 25 € vaut aujourd'hui aussi bien au restaurant qu'en magasin d'alimentation. Un amendement en discussion voudrait changer cela, on y revient plus bas.
Le magasin fixe sa propre liste
Aucun commerçant n'est tenu d'accepter les titres-restaurant. Et ceux qui les acceptent fixent eux-mêmes la liste des produits admis.
Le cadre actuel vient de la loi de 2022, qui a ouvert l'achat de produits alimentaires non directement consommables, tels que le riz, les pâtes, l'huile ou la farine, comme le rappelle l'exposé des motifs de la proposition de loi n° 2892. Jusqu'au 31 décembre 2026, Service-public parle de tout produit alimentaire. La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025, citée par Défense conso, constitue la dernière prolongation de cette dérogation.
Un article hors alimentaire glissé dans le chariot sort du champ de la dérogation.
Une carte peut aussi être périmée
La validité couvre l'année civile d'émission, plus janvier et février de l'année suivante. Les titres émis en 2026 restent donc utilisables jusqu'à fin février 2027. Ceux de 2025, eux, ont expiré à la fin de février 2026.
Cette durée peut atteindre 14 mois pour un titre émis en janvier. Un retour à une validité d'un an figure justement parmi les points débattus à l'Assemblée.
Ce que les députés ont sur la table
Déposée le 9 juin 2026 par Christophe Naegelen et plusieurs collègues, la proposition de loi n° 2892 vise à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant. Son article 1 autoriserait l'achat de tout produit alimentaire, sauf exceptions qui seront précisées par décret. Il définirait aussi le titre comme un titre spécial de paiement dématérialisé. L'article 3 mettrait fin au papier au 1er janvier 2028.
La commission des affaires sociales a examiné le texte le mercredi 7 octobre 2026. Dans les débats figuraient l'usage le dimanche pour tous les salariés, le retour à une validité d'un an et un amendement qui abaisserait le plafond à 10 € en supermarché, contre 25 € au restaurant.
Rien de tout cela n'est une loi à ce jour.
Que faire à la caisse, dès la prochaine fois
Avant un week-end de Toussaint ou un 11 novembre, mieux vaut interroger votre employeur ou l'émetteur de la carte sur le paramétrage du dimanche et des jours fériés. La réponse vous épargnera l'explication au milieu de la file. Si vous travaillez ces jours-là, la règle joue en votre faveur.
Pour un gros chariot, scindez l'addition : passez en titres ce qui rentre dans la limite de 25 € et réglez le reste autrement. Demandez aussi à l'enseigne quels produits elle accepte, puisque c'est elle qui tient la liste.
Tant qu'aucun texte n'est promulgué, les règles de Service-public, vérifiées le 8 juillet 2026, restent celles du jour. Le dimanche pour tous, la validité d'un an et le plafond de 10 € relèvent à ce stade de propositions et d'amendements. Quant à la dérogation sur les produits alimentaires, elle court jusqu'au 31 décembre 2026, alors que vos titres de 2026 resteront valables, eux, jusqu'à fin février 2027.
Sources : assemblee-nationale.fr | kohenavocats.fr
