Le sac posé sur la console, la carte sortie du portefeuille, la bague ôtée avant de me laver les mains. Je pensais que le seuil franchi, plus rien ne pouvait m’arriver.
« Je pensais être à l’abri une fois rentrée chez moi » : à la gendarmerie, on m’a expliqué ce que je laissais chaque soir juste derrière la porte

- Le dépliant du ministère demande de ranger bijoux, carte bancaire et sac à main dans un lieu sûr.
- Une pièce éclairée vue de la rue expose les objets de valeur posés près de la fenêtre.
- Le passage à l'heure d'hiver le 25 octobre 2026 avance la nuit d'une heure au retour du soir.
Ce que demande le ministère, dès le pas de la porte
Le sac à main posé sur la console, la carte de crédit sortie du portefeuille, la bague ôtée avant de se laver les mains : ce que l'on dépose en rentrant tient souvent à un mètre de la porte d'entrée. Le ministère de l'Intérieur demande de faire autrement. Son dépliant « Contre les cambriolages, ayez les bons réflexes », signé MI-SG/DICOM en mai 2022, invite à placer en lieu sûr les bijoux, la carte de crédit et le sac à main.
La phrase qui ouvre cet article, « je pensais être à l'abri une fois rentrée chez moi », traduit une idée répandue : le seuil franchi, on baisse la garde. Les consignes officielles ne partent pas de là. Le dépliant, diffusé par les préfectures (nous l'avons lu sur les sites de celles du Morbihan et du Finistère), range ses conseils sous deux rubriques, « Soyez vigilant » et « Soyez prévoyant ». La première regroupe le lieu sûr, les fenêtres, le double tour et les inconnus ; la seconde, les photos et les factures.
Pas de revirement, mais un rapprochement qui est le nôtre
La gendarmerie n'a jamais conseillé de poser son sac dans l'entrée.
On lit parfois que les gendarmes ne recommanderaient plus tel ou tel geste, comme s'ils avaient changé de ligne. Les documents consultés ne disent rien de tel : ils énoncent une consigne, sans comparaison avec un avant. Le dépliant date de mai 2022, et la préfecture du Finistère reprend la même consigne sur le sien.
Le lien avec le retour du soir et la nuit qui tombe tôt est notre rapprochement. Le dépliant ne parle ni d'heure ni de saison.
Le retour du soir, quand le geste devient machinal
Le sac, la carte, les bijoux atterrissent sur le premier meuble rencontré : console, commode, rebord du couloir. Le geste est machinal, donc invisible à celui qui le fait. C'est ce que vise, à nos yeux, l'expression « lieu sûr » : un endroit choisi, pas le premier venu. Le texte n'en dresse pas la liste, et chacun garde la main sur la réponse (tiroir fermé, placard, pièce du fond).
Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 h du matin, il sera de nouveau 2 h. La nuit tombe alors une heure plus tôt sur l'horloge : le retour du travail, des courses ou d'une promenade, qui se faisait à la lumière, se fait dans l'obscurité. Les lampes s'allument plus tôt, et c'est là que la consigne sur les fenêtres prend tout son sens.
Fenêtres éclairées, objets visibles
Le dépliant demande de ne pas laisser d'objets de valeur visibles à travers les fenêtres. Une pièce éclairée, vue de la rue, ressemble à une vitrine : c'est notre lecture, pas celle du texte.
Le coffre-fort, précise la version en ligne du ministère, ne doit pas être apparent.
Concrètement, il s'agit de regarder son salon comme le ferait un passant. Le bijou sur l'appui de fenêtre, la tablette sur le guéridon, le sac sur la chaise près de la baie vitrée : tout ce qui brille ou se revend se voit de la rue. Un tour dehors, lumières allumées, suffit pour dresser l'inventaire de ce que la vitre expose.
Double tour, même quand vous êtes là
Le dépliant demande de fermer la porte à double tour « même lorsque vous êtes chez vous ». La version en ligne du ministère ajoute de ne pas laisser de clé sur la serrure intérieure d'une porte vitrée.
Le soir, on est chez soi, donc on se dit que le verrou peut attendre. Le dépliant prend le contrepied, sans dramatiser. Il demande aussi de ne jamais laisser une personne inconnue seule dans une pièce du domicile, et la version en ligne précise de s'assurer de l'identité de la personne avant de la laisser entrer, en appelant le service ou la société dont elle se réclame en cas de doute, même si une carte professionnelle est présentée.
Photographier, noter, garder
La seconde rubrique, « Soyez prévoyant », ne concerne pas le soir mais le lendemain d'un mauvais soir. Elle demande de photographier ses objets de valeur. Ces photos aident l'enquête, et elles servent aussi pour l'indemnisation par l'assureur. S'y ajoutent deux gestes : noter les numéros de série et garder les factures.
Un smartphone suffit pour les photos, un classeur ou un dossier numérique pour les factures. La version en ligne du ministère invite aussi à lire attentivement son contrat d'assurance habitation, qui mentionne les mesures de protection à respecter.
Le dépliant ne réclame aucun inventaire sophistiqué.
Le 25 octobre, une date repère
Le changement d'heure offre un repère facile à retenir. Le jour même ou dans la semaine, on peut photographier ses objets de valeur, relever les numéros de série et réunir les factures dans une pochette. Cela reste une suggestion de notre part : le dépliant ne fixe aucune échéance.
Au retour du soir, les objets de valeur vont à leur place choisie, le double tour se donne dès la porte refermée, et l'on se demande ce qui se verrait depuis la rue. Ces gestes reprennent, dans l'ordre du retour, les conseils des deux rubriques du dépliant.
Cette date du 25 octobre n'a rien d'exceptionnel sur le plan réglementaire : le 31 octobre tombant un samedi, le dernier dimanche du mois est le 25, la date la plus précoce possible pour le passage à l'heure d'hiver. Cette configuration ne s'était plus produite depuis 2020 et ne reviendra pas avant 2037. Vous avez donc, pour une fois, le calendrier de votre côté pour prendre l'habitude.
Sources : labomaison.com | calendrierpublic.com
