« Je pensais que la grosse abeille noire qui tourne autour de ma vieille poutre allait me piquer » : c’est la poutre qu’elle était venue creuser

La grosse abeille noire qui tourne autour de votre vieille poutre est le xylocope violet, une abeille solitaire parfaitement inoffensive qui cherche du bois mort pour loger sa descendance, pas à vous piquer. Contrairement aux apparences, cette abeille charpentière ne mange pas le bois mais le creuse pour y pondre ses œufs, et ne pique que si elle est écrasée.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png
Par L'équipe JDS

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

La grosse abeille noire qui tourne autour d'une vieille poutre s'appelle le xylocope violet, et ses intentions n'ont rien d'hostile. Sa taille et son bourdonnement grave suffisent à donner des sueurs froides, mais cette abeille solitaire est docile. Ce qui l'attire, c'est le bois de la poutre, pas ceux qui passent dessous.

C'est la poutre qu'elle visait, pas vous.

Face à un insecte de 3 cm qui vrombit près de la maison, la bombe insecticide ou la tapette sortent presque toutes seules. Le bourdonnement y est pour beaucoup, tout comme cette allure de gros coléoptère bleuté qui n'inspire aucune confiance. On se dit que mieux vaut frapper la première, par prudence. Or la tapette est le seul geste qui expose réellement à une piqûre, puisque la femelle ne pique que lorsqu'elle est écrasée.

À retenir
  • Le xylocope violet est la plus grosse abeille d'Europe, mesurant jusqu'à 3 cm, mais reste docile et ne pique que s'il est écrasé.
  • La femelle creuse des galeries dans le bois mort ou tendre pour y loger ses œufs, pas pour se nourrir du bois.
  • Laisser un morceau de bois mort au soleil dans le jardin offre une alternative à votre poutre et protège votre charpente.
  • Les populations de xylocopes sont en hausse et constituent les premières pollinisatrices sauvages visibles au printemps.

Un gabarit de coléoptère, un caractère de voisine discrète

Le xylocope mesure jusqu'à 3 cm de long, pour 5 cm d'envergure. Plusieurs fiches naturalistes le présentent comme la plus grosse abeille d'Europe. Son corps est noir à reflets bleu métallique, ses ailes sont brun-violet.

On le confond parfois avec un frelon. Une fiche technique publiée sur le portail Ephytia de l'Inra note pourtant que son corps est plus compact et plus volumineux que celui du frelon asiatique. Sa silhouette reste celle d'une abeille trapue, sans la moindre bande jaune.

La femelle, seule à porter un dard, n'est absolument pas agressive. Elle ne pique que si elle est écrasée, une situation que l'on ne rencontre guère en la laissant voler son chemin.

Les mâles, eux, n'ont pas de dard.

Ce que cherche l'insecte dans votre vieille poutre

Le xylocope vit en solitaire, sans ruche ni colonie. Pour loger sa descendance, la femelle creuse des galeries parallèles dans du bois mort ou tendre. Les vieilles poutres et les piquets plantés depuis des années répondent exactement à ce cahier des charges. Son nom de genre, Xylocopa, vient du grec et signifie « coupeur de bois ».

Elle cherche du bois mort ou tendre, pas du bois sain et dur. Un bois neuf, traité et bien entretenu ne l'attire pas, selon plusieurs sources. Si elle s'attarde sur votre poutre, celle-ci porte donc peut-être déjà les marques de l'humidité ou du temps, ce qui se vérifie au calme, d'un coup d'œil.

Le xylocope hiberne. Au printemps, il compte parmi les premières abeilles solitaires à reprendre du service, ce qui en fait l'une des premières pollinisatrices sauvages visibles au jardin après les mois froids.

Pourquoi elle tourne encore en octobre

Lundi et mardi, le thermomètre a affiché 25 °C. Une douceur pareille pourrait suffire à réveiller des adultes avant l'hivernage. Ces sorties seraient parmi les dernières de l'année, sans qu'on puisse en fixer le calendrier précis.

Les 2 sexes passent l'hiver au stade adulte, à l'abri dans des anfractuosités selon certaines sources. Une sortie par temps doux pourrait donc ressembler à une dernière tournée avant la mise en sommeil, ou à un repérage de support pour la saison suivante.

Les populations de xylocopes, elles, sont en hausse.

À la place de la bombe, un geste qui ne coûte rien

Ce qu'on vous demande tient en 2 consignes. La première consiste à laisser l'abeille tranquille, sans bombe ni tapette. Elle tourne, elle repère, elle creuse à son rythme, et vous n'avez rien à planifier. Le prix de ce geste : 0 euro, et aucun produit à acheter.

La seconde consigne est plus active : garder un morceau de bois mort au fond du jardin. Une bûche, un piquet hors d'usage ou une souche feront l'affaire, à condition de ne pas les évacuer au prochain grand nettoyage.

Ce bois mort offre à l'abeille une alternative à votre poutre, dans un coin où elle ne gêne personne. Il se place de préférence bien exposé au soleil, selon les fiches naturalistes qui décrivent des nids en pleine lumière. Un hôtel à insectes peut aussi lui réserver un peu de bois tendre, voire des bûchettes de pin. Les tiges creuses de sureau ou de bambou conviennent, elles, aux femelles qui préfèrent une galerie déjà existante.

Reconnaître le chantier, surveiller la charpente

La femelle bâtit son nid seule, à l'aide de ses mandibules. Selon plusieurs fiches naturalistes, les galeries peuvent atteindre 30 cm. Elles sont divisées en loges séparées par de la sciure agglomérée, où se développe chaque larve. L'ouverture unique est refermée par une petite boule d'aspect cotonneux une fois les œufs pondus. Au pied de la poutre, de fins copeaux filiformes restent sur place et trahissent le chantier, même en l'absence de l'abeille.

L'espèce reste fidèle à son lieu de naissance, ce qui explique les retours d'une année sur l'autre sur le même bois. Là où le bois mort est ramassé, plusieurs fiches la jugent menacée.

Une poutre de charpente demande en revanche plus de vigilance. Quand un xylocope s'installe dans la toiture d'une maison, certains naturalistes y voient le signe que le bois n'est plus de première qualité. Un artisan pourra juger de l'état réel des pièces avant que les galeries ne s'étendent.

Reste une précision sur ses habitudes de table : l'abeille charpentière ne mange pas le bois qu'elle perce. Elle le creuse pour loger ses œufs et se nourrit de nectar et de pollen. Les Fabacées et les Lamiacées, comme la sauge des prés ou les gesses, figurent parmi ses fleurs favorites. Un pied de sauge à proximité du tas de bois, et la voisine a son garde-manger à portée d'aile.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png

Toute l'équipe de rédaction Journal des Seniors vous guide à travers ce sujet qui nous concerne tous : la retraite. Comment l'anticiper, la préparer, et comprendre tous les rouages et informations pratiques pour une retraite paisible.

Aucun commentaire à «« Je pensais que la grosse abeille noire qui tourne autour de ma vieille poutre allait me piquer » : c’est la poutre qu’elle était venue creuser»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires