Garder des chéquiers d’avance chez soi expose à des risques majeurs en cas de cambriolage. La Banque de France recommande de limiter le stock et de retirer en agence. En cas de vol, la responsabilité du paiement dépend des circonstances et nécessite une opposition immédiate.
« Je pensais que mes deux chéquiers d’avance ne risquaient rien au fond du buffet » : après le cambriolage, au guichet, on m’a expliqué qui allait payer les chèques signés à ma place

Pour la Banque de France, un chèque vierge est un actif à risque, au même titre que la carte bancaire. Au guichet, quand j'ai demandé qui paierait les chèques signés à ma place, la réponse a été nuancée : cela dépend des circonstances.
Je les gardais là, « au cas où ».
- Un chéquier vierge volé devient un moyen de paiement complet entre les mains d'un fraudeur.
- La Banque de France recommande de limiter son stock de chéquiers au strict minimum et de les retirer en agence.
- En cas de vol ou de perte, il faut faire opposition immédiatement par téléphone et confirmer par écrit.
- La responsabilité du paiement des chèques falsifiés dépend des circonstances et varie selon les banques.
Le réflexe de l'épargnant prudent
Deux chéquiers d'avance, c'est la logique du paquet de café en réserve. Ne jamais être à court : la règle nous vient de nos parents. Elle a longtemps rendu service, du temps où le chèque réglait aussi bien le plombier que la cantine.
Le raisonnement tient debout, sauf sur un point. Un chéquier vierge n'a pas besoin d'être rempli par son propriétaire pour valoir quelque chose. Entre des mains étrangères, il devient un moyen de paiement comme un autre, auquel il ne manque qu'un montant, un bénéficiaire et une signature imitée. Plus le stock est grand, plus le butin possible l'est aussi.
À la maison, la prudence avait fabriqué l'exposition. La Banque de France n'évoque d'ailleurs pas un risque abstrait : elle cite nommément les cambriolages.
Ce que la Banque de France demande vraiment
Le document date du 2 décembre 2021 et porte la signature de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement. Il détaille 10 recommandations contre la fraude au chèque. L'une d'elles invite à limiter son stock de chéquiers « au strict minimum » et à le protéger des cambriolages.
Seconde consigne : préférer, si possible, le retrait sécurisé en agence.
Le texte s'intéresse aussi à l'envoi par la poste : soyez très attentif à la réception, et prévenez la banque si un délai inquiétant s'écoule. Le retrait au guichet supprime ce maillon, celui de la boîte aux lettres. Il suppose un déplacement, ce qui bouscule un peu les habitudes. Mais le déplacement se compte en minutes, là où un chèque détourné peut s'étirer en semaines de démarches.
Au guichet, une réponse qui dépend
J'avais posé la question sans détour : si un chèque est encaissé avec une signature qui n'est pas la mienne, qui règle ? La réponse est arrivée avec la même franchise : cela dépend des circonstances. Pas de promesse, ni dans un sens ni dans l'autre.
Cet article ne tranchera pas davantage, car la répartition d'une perte se joue dossier par dossier, et votre banque est seule à pouvoir l'examiner. Ce qui est établi, c'est la conduite à tenir : les recommandations de l'Observatoire se résument à limiter le stock, retirer en agence et faire opposition.
Cette zone grise donne une raison de plus d'agir avant plutôt que de plaider après. Selon l'Observatoire, le chèque reste le moyen de paiement le plus touché par la fraude, rapporté à son usage. Cette fraude demeure trop élevée sur un moyen de paiement en déclin.
L'opposition, le geste à faire sans attendre
Aussitôt qu'un chèque est perdu ou volé, la consigne est de faire opposition. Elle vaut pour une formule vierge comme pour un chèque déjà émis. Les deux chéquiers du buffet relevaient de cette règle dès la découverte du cambriolage.
Le numéro d'urgence de la banque répond 24h/24 et 7j/7.
Si vous faites opposition par téléphone, confirmez-la aussitôt par écrit, y compris depuis votre espace client. L'opposition est enregistrée au Fichier national des chèques irréguliers, que les commerçants peuvent consulter via un service payant. Service-public.fr conseille en outre de déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Votre banque peut facturer l'opposition, mais la tarification doit rester raisonnable, selon l'Observatoire.
Avant le départ du 17 octobre
Les vacances de la Toussaint commencent le 17 octobre, et avec elles les maisons laissées vides. Avant de fermer les volets, comptez les chéquiers qui dorment chez vous, entamés ou non.
Gardez ce dont vous aurez l'usage dans les semaines à venir, pas davantage. Pour le surplus, demandez à votre conseiller comment s'en défaire et comment vous réapprovisionner, par exemple en retirant un chéquier en agence au fil des besoins. Ceux que vous conservez méritent un meilleur abri que le fond du buffet, même si la Banque de France ne précise pas la cachette : elle demande simplement de les protéger des cambriolages.
Repérez aussi, dans votre espace client, la marche à suivre pour une opposition en ligne. La Banque de France a constaté que de nombreux établissements maintiennent d'anciennes procédures, par téléphone, avec confirmation écrite en agence. Connaître la vôtre avant de partir évite de la découvrir au retour, devant une porte forcée. L'objectif de ces recommandations est de réduire la fenêtre d'opportunité du voleur de chéquier.
Une prudence à retourner
Le chèque recule dans les usages, ce qui rend la réserve d'avance moins utile : on en consomme moins, donc on stocke plus longtemps. Un chéquier qui dort longtemps reste exposé longtemps.
Du côté des banques, le référentiel de sécurité du chèque prévoit que l'établissement déclare l'opposition au Fichier national des chèques irréguliers dès qu'il apprend le vol. Tout dépend donc de la rapidité avec laquelle il est prévenu. La Banque de France demande d'ailleurs que l'opposition soit gratuite quand le chéquier a été volé pendant son acheminement.
Reste un point que seule votre banque peut trancher : qui supporte la perte si un chèque falsifié est encaissé, une réponse qui varie selon les circonstances. Avant le départ, demandez ce que prévoient les conditions de votre compte, plutôt que de le découvrir après.
Sources : banque-france.fr | service-public.gouv.fr | assemblee-nationale.fr
