Vous prenez un sachet Fervex contre le rhume, puis un Doliprane pour le mal de tête ?
On s’obstine tous à ajouter un comprimé quand la tête cogne encore, alors que le sachet avalé une heure plus tôt contient déjà exactement la même chose

À la pharmacie de quartier, la scène tourne souvent de la même façon : un sachet de Fervex avalé contre le rhume, puis un comprimé de Doliprane pris une heure plus tard parce que la tête cognait encore. Le pharmacien arrête net ce réflexe. Les deux produits contiennent la même molécule, le paracétamol, et la dose vient d'être doublée sans qu'aucune étiquette ne le crie sur le moment.
Ce cumul est l'un des plus fréquents observés en officine.
Le sachet contre le rhume ne soigne pas seulement le nez qui coule. Il associe presque toujours un antidouleur, un décongestionnant et parfois un antihistaminique dans une seule prise. Et cet antidouleur, dans l'immense majorité des formules vendues en France, c'est du paracétamol.
- Fervex, Dolirhume, Humex et Actifed contiennent tous du paracétamol comme antidouleur principal
- Ajouter un second médicament à base de paracétamol multiplie la dose absorbée par le foie sans aucun signal d'alerte
- La composition complète figure au dos de la boîte, c'est l'unique endroit où vérifier avant de cumuler deux traitements
Fervex, Dolirhume, Humex, Actifed : la même molécule cachée dans les traitements multi-symptômes
Les grandes marques de médicaments contre le rhume et les états grippaux vendues sans ordonnance, Fervex, Dolirhume, Humex ou Actifed selon les gammes, reposent sur un principe commun. Elles combinent plusieurs substances actives dans un seul sachet ou un seul comprimé pour traiter plusieurs symptômes à la fois. L'antidouleur et antipyrétique de cette combinaison est, dans la quasi-totalité des formules, le paracétamol. Le nom commercial change d'une boîte à l'autre, la molécule de base reste identique.
À cela s'ajoutent souvent un vasoconstricteur pour dégager le nez et parfois un antihistaminique contre les éternuements. Mais c'est bien le paracétamol qui pose problème quand il se retrouve additionné à un autre médicament qui en contient aussi.
Deux boîtes différentes, une seule et même substance.
Où vérifier la composition avant d'avaler un second médicament
La composition complète figure toujours au dos de la boîte, sous la rubrique intitulée composition. Le nom du principe actif y est écrit en toutes lettres, généralement juste après le nom commercial du produit. C'est là, et nulle part ailleurs, qu'il faut chercher avant d'associer deux traitements.
Le piège vient justement du nom commercial, qui masque la molécule derrière une marque facile à retenir. Doliprane, Dafalgan et Efferalgan sont trois noms différents pour une seule et même substance, le paracétamol.
Prenons un cas concret et fréquent en cette période de rhumes. Un sachet de traitement multi-symptômes pris le matin contient déjà du paracétamol à une dose standard. Si un comprimé de Doliprane est avalé l'après-midi pour un mal de tête persistant, la quantité absorbée sur la journée s'additionne dans le foie, sans que rien sur les boîtes n'ait signalé le doublon au moment de l'achat. Deux emballages différents, achetés séparément, parfois à des jours d'intervalle, peuvent ainsi conduire à une seule et même surcharge.
Pourquoi ces médicaments ont quitté les rayons en libre accès
Depuis le 15 janvier 2020, le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne sont plus accessibles en libre-service dans les pharmacies françaises. La décision a été prise par l'Agence nationale de sécurité du médicament, l'ANSM, précisément pour limiter les prises multiples et non identifiées. Ces médicaments restent vendus sans
Sources : ansm.sante.fr | senat.fr