Une mésange bleue peut perdre 10 % de son poids en une seule nuit glaciale : le geste qui l’aide est à faire avant les premières gelées

Les mésanges bleues perdent environ 10 % de leur poids lors des nuits glaciales et doivent récupérer cette énergie rapidement. Pour les aider à survivre à l’hiver, il faut préparer mangeoires, graines de tournesol et points d’eau dès octobre, avant l’arrivée du gel.

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Par L'équipe JDS

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À retenir
  • Une mésange bleue brûle 10 % de son poids en une nuit glaciale
  • La préparation des mangeoires doit débuter en octobre, avant les premières gelées
  • Les graines de tournesol noir bio sont l'aliment hivernal idéal pour les oiseaux

Dix pour cent en une nuit

Selon la LPO, une mésange bleue peut perdre environ 10 % de son poids au cours d'une seule nuit glaciale. Pour un oiseau de jardin, cela revient à brûler en quelques heures une bonne part de ses réserves.

Cette énergie, elle doit la récupérer dès la journée qui suit.

On se représente volontiers l'oiseau transi, hérissé sur sa branche. La réalité décrite par la LPO tient plutôt de la comptabilité : les oiseaux requièrent davantage de calories pour résister aux basses températures, alors que les ressources alimentaires s'amoindrissent dès les premiers grands froids.

En automne, c'est l'inverse. Baies, fruits, graines et insectes suffisent encore, surtout quand l'arrière-saison est douce, et la LPO déconseille de commencer à nourrir trop tôt dans la saison.

Le thermomètre plutôt que le calendrier

Deux temps se distinguent. Avant les premières gelées, on prépare ; ensuite seulement, on garnit. La LPO situe typiquement ces gelées entre fin octobre et mi-novembre, et l'aide court jusqu'à des températures plus clémentes, en mars. D'autres fiches de l'association parlent de fin novembre, début décembre : le vrai repère, c'est le gel chez vous.

Octobre sert donc à l'intendance : sortir la mangeoire, la récurer, choisir son emplacement, faire provision de graines. Quand le froid s'installe, tout est prêt, sans course de dernière minute. La LPO conseille aussi de répartir plusieurs postes de nourrissage à différents endroits pour limiter la surpopulation.

L'intensité varie : nourrissage à volonté chaque jour, ou limité aux périodes de gel et d'enneigement. Sous la neige, un second remplissage en fin d'après-midi est prévu.

Tournesol noir, pain de graisse et fruits flétris

Les graines de tournesol noires bio, non grillées et non salées, sont particulièrement adaptées. Riches en lipides et en énergie, elles forment la base de l'alimentation hivernale. Un mélange de graines convient à de nombreuses espèces, quelle que soit la taille du bec.

Les pains de graisse végétale, mélangés ou non à des graines, et les fruits flétris (pommes, poires) complètent utilement le menu. Les boules de graisse industrielles en filet, elles, appellent la prudence : elles ne sont pas toujours intéressantes sur le plan nutritionnel et présentent un risque pour les oiseaux. Une mésange bleue photographiée sur un pain de graisse hors filet, voilà la version sans mauvaise surprise.

Le pain gonfle dans l'estomac et contient trop de sel.

Un point d'eau qui ne gèle pas

Laisser de l'eau à disposition compte surtout quand tout gèle. La LPO insiste pour qu'on vérifie qu'elle n'est pas prise en glace. Un petit abreuvoir d'eau tiède aide à retarder le gel.

Changer l'eau régulièrement évite le dépôt d'algues et de déchets. Le vinaigre convient pour nettoyer l'abreuvoir.

Une mangeoire propre vaut mieux qu'une mangeoire pleine

L'idéal, selon la LPO, est de nettoyer et désinfecter les mangeoires chaque semaine pour éviter les contaminations par les fientes ou les restes d'aliments. Les modèles de type plateau demandent un nettoyage quotidien. On utilise une brosse, de l'eau et du savon de Marseille ou noir, puis on désinfecte à l'eau de javel dissoute dans de l'eau froide. Le nettoyage se fait dehors ou dans un évier de garage, jamais dans la cuisine.

Il faut redoubler de vigilance au dégel, quand les bactéries de l'eau gelée se mélangent à la nourriture et à l'eau proposées. Mieux vaut aussi éviter l'accumulation de nourriture non consommée.

Un oiseau paraît affaibli ou malade à la mangeoire ? La LPO recommande d'arrêter le nourrissage pendant 4 semaines, le temps que les oiseaux se dispersent. Mangeoires et bains sont alors nettoyés et désinfectés à l'eau de javel diluée dans de l'eau froide.

Tenir jusqu'au printemps

Une fois le nourrissage commencé, la LPO conseille d'être régulier, de ne pas arrêter brutalement et de diminuer les doses progressivement. Des conseils plus anciens de l'association, relayés par la presse, placent les repas tôt le matin et en fin de journée, avant le rassemblement en dortoir.

La LPO fixe le terme de l'aide à mars, quand les températures s'adoucissent.

Reste le plaisir, et il n'est pas mince. Une mésange bleue sur un pain de graisse ou sur un rebord de fenêtre givré offre un spectacle de petit-déjeuner que les petits-enfants réclament vite, et que les jeunes retraités n'ont aucune peine à guetter. Placez la mangeoire en hauteur, hors de portée des chats.

Thierry Dubois, chargé de mission Nature en ville à la LPO, rappelle qu'aider les oiseaux l'hiver développe une sensibilité à leur protection tout au long de l'année. Cette remarque figure dans un entretien accordé à ici (ex-France Bleu) Poitou.

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