Je grondais mon chien chaque fois qu’il tendait la laisse : un éducateur m’a montré que le problème venait de moi

Par Eve B.

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Chaque sortie ressemblait à un bras de fer. Dès la porte franchie, mon chien filait devant, la laisse tendue comme une corde à linge. Je le grondais, je tirais en arrière, je m'énervais. Rien n'y faisait. Puis un éducateur canin m'a lâché une phrase qui a tout changé : « Et si le problème, ce n'était pas lui, mais votre vitesse ? ». En quelques minutes de balade commentée, il m'a fait comprendre une évidence que je n'avais jamais vue. Ce genre de déclic mérite d'être partagé, surtout en ce mois d'août où les promenades matinales à la fraîche se multiplient.

Nos rythmes ne sont tout simplement pas accordés

Voilà le premier choc : un chien, en marche naturelle, avance à environ 6 km/h. Un humain, lui, se déplace tranquillement à 4 km/h. Deux kilomètres-heure d'écart, ça paraît peu sur le papier, mais sur le trottoir, c'est un gouffre. Le chien qui trotte à sa cadence normale se retrouve systématiquement en avant du maître. Résultat : la laisse se tend, non pas parce qu'il tire, mais parce qu'il marche. Autrement dit, on demande à notre compagnon de ralentir en permanence pour caler son allure sur la nôtre, ce qui, pour lui, revient à traîner les pattes. Imaginez qu'on vous force à avancer au ralenti pendant toute une promenade : la frustration monte vite.

Une laisse tendue, ce n'est pas de la désobéissance

C'est là que l'éducateur a mis le doigt sur mon erreur : je punissais un comportement qui n'en était pas un. La laisse tendue n'est pas un caprice, c'est une conséquence mécanique de la différence de vitesse. Gronder un chien pour cela revient à lui reprocher d'être… un chien. Pire, ces réprimandes répétées finissent par ternir la balade, qui devrait pourtant être son moment fort de la journée. Le chien ne comprend pas ce qu'on lui reproche, il perçoit juste une tension, un ton sec, parfois un coup sec sur le collier. Petit à petit, la promenade devient stressante pour lui comme pour nous. Et le fameux « il tire toujours » s'installe, alors qu'il suffisait de changer de regard sur la situation.

Accélérer le pas ou multiplier les pauses olfactives

La solution tient en deux leviers très concrets, et franchement, ça se met en place dès la prochaine sortie :

  • Accélérer sa cadence : passer d'un pas de flânerie à une marche dynamique se rapproche du rythme naturel du chien. Le corps suit, la laisse se détend, et en prime, on fait un peu de sport.
  • Accorder des pauses olfactives fréquentes : laisser le chien renifler un poteau, une touffe d'herbe, un coin de mur. Ces arrêts sont pour lui l'équivalent de nos réseaux sociaux, il « lit » les infos du quartier. Pendant qu'il renifle, on ne bouge pas, la laisse se relâche naturellement.
  • Alterner les allures : quelques minutes de marche rapide, une pause reniflage, puis on repart. Cette cadence variée épouse ses besoins et évite la tension continue.
  • Utiliser une laisse plus longue : deux à trois mètres offrent une marge de manœuvre bien plus confortable qu'une laisse courte d'un mètre, souvent responsable des tensions permanentes.

En été, ces pauses olfactives ont un autre avantage : elles permettent au chien de souffler, surtout aux heures les plus douces. Sur le bitume chaud, mieux vaut de toute façon privilégier les promenades tôt le matin ou en soirée, avec un rythme adapté.

Depuis que j'ai ajusté mon allure et laissé mon chien renifler à sa guise, la laisse reste détendue et nos sorties se sont transformées en vrais moments de complicité. Le plus étonnant, c'est que rien n'a changé chez lui : c'est moi qui ai revu ma façon de marcher. Et si, avant de reprocher un comportement à notre chien, on commençait par observer notre propre part dans l'équation ? Bien souvent, le déclic se trouve à l'autre bout de la laisse.

Rédactrice web engagée, j’écris pour répondre aux préoccupations réelles, celles qui rythment nos journées. Mon approche s’appuie sur l’expérience et le pragmatisme : pas de théorie déconnectée, mais des conseils pratiques, simples et efficaces.

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