Les vétérinaires redoutent ces promenades de printemps dans les hautes herbes : une seule suffit à envoyer votre chien au bloc

Au printemps, les épillets de graminées deviennent une menace invisible pour les chiens. Ces minuscules tiges en forme de harpon s’enfoncent dans la peau et progressent inexorablement dans l’organisme, pouvant nécessiter une chirurgie d’urgence. Les vétérinaires observent une hausse alarmante des cas chaque avril et mai.

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Par L'équipe JDS

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Votre chien rentre d'une balade dans les champs, queue frétillante, l'air satisfait. Rien d'anormal en apparence. Quarante-huit heures plus tard, il boite, secoue la tête sans s'arrêter, et vous voilà à la clinique vétérinaire pour une intervention sous anesthésie générale. Le coupable : un épillet. Une minuscule tige sèche de graminée, invisible à l'œil nu une fois enfoncée, que les vétérinaires considèrent comme l'un des dangers les plus sournois du printemps.

À retenir

  • Pourquoi les vétérinaires qualifient les épillets de « machine à progresser » inexorable
  • Combien de temps avant que votre chien ait besoin d'une intervention sous anesthésie générale
  • Quel geste simple de 5 minutes après chaque promenade change tout

Un harpon végétal conçu pour ne jamais reculer

À la fin du printemps et jusqu'au début de l'automne, les graminées sauvages sèchent et durcissent, produisant des quantités d'épillets. Constitués d'une pointe perforante très solide à une extrémité et de fines structures allongées à l'autre, ces petits épis sont une machine à progresser. Pointus et sous forme de harpon, ils s'accrochent à la peau des animaux et font leur chemin à l'intérieur du corps. Cette forme ne leur permet pas de reculer : ils ne font qu'avancer dans l'organisme. Résultat : l'animal qui se gratte ou se mordille aggrave la situation à chaque tentative.

Les épillets sont des fragments d'épis de graminées sauvages, mesurant 1 à 2 cm et renfermant une graine. Ils se détachent de la tige lorsqu'ils sont secs et tombent au sol, mais peuvent aussi s'accrocher à des vêtements, au pelage d'un animal. On les trouve partout où poussent des graminées : hautes herbes des bas-côtés, prés pas encore fauchés, parties non tondues d'un jardin. Contrairement à ce que l'on peut penser, les épillets ne pullulent pas uniquement à la campagne : on en trouve aussi en ville. Dans certaines régions, les habitants les appellent « voyageurs » , un surnom qui dit tout de leur mobilité dans les tissus vivants.

Ce que les vétérinaires voient chaque printemps

Selon le service téléphonique d'urgence vétérinaire 3115, une hausse des appels a été observée au printemps 2025 : « les appels progressent en moyenne de +20 % en mars, +32 % en avril, et +56 % en mai, comparé à février ». Ces chiffres ne surprennent pas les praticiens : la saison démarre dès avril dans les régions méridionales, et les épillets arrivent à maturité de mai à septembre.

Les zones d'entrée préférentielles sont toujours les mêmes. L'épillet qui s'accroche sur les poils proches de l'oreille remonte jusqu'au conduit auditif, dans lequel il pénètre et progresse ensuite jusqu'au tympan. Dès lors qu'il est dans le conduit auditif, le chien secoue la tête, se gratte l'oreille, la frotte par terre, la penche du côté atteint. Des complications d'otite ou de perforation du tympan sont fréquentes. Au niveau des pattes, l'épillet s'accroche aux poils de l'extrémité, progresse entre les doigts, sa pointe pénètre à travers la peau et il remonte « à l'intérieur » de la patte.

Dans les cas les plus graves, on peut retrouver les épillets jusque dans le cœur ou les poumons. L'extraction nécessite fréquemment une anesthésie et parfois des examens complémentaires comme une endoscopie ou une échographie pour localiser l'épillet lorsqu'il a pénétré l'intérieur du corps. Dans certains cas, une chirurgie lourde, thoracique ou abdominale, peut se révéler nécessaire.

Les sujets à poils longs ou frisés, ainsi que ceux à oreilles tombantes (épagneuls, colleys, caniches, cockers) sont plus exposés car les épillets s'accrochent plus facilement dans leur pelage, mais les chiens de toutes races peuvent être affectés.

Reconnaître les signaux d'alerte sans attendre

La difficulté tient à la discrétion des premiers symptômes. Les signes qui doivent alerter sont souvent discrets au début, mais peuvent rapidement s'aggraver. Un chien qui se lèche excessivement, boite ou secoue la tête sans raison apparente doit vous alerter. Ce comportement peut apparaître dans l'heure qui suit la promenade, ou ne se manifester que deux jours plus tard quand la migration a déjà commencé.

Selon la zone touchée, les signes diffèrent. Les symptômes les plus courants sont des éternuements répétés accompagnés parfois d'un saignement du nez. Lorsque l'épillet s'accroche au niveau des coussinets, on remarque immédiatement une boiterie, des rougeurs, un léchage excessif. Si le chien secoue frénétiquement la tête ou se tient penché, c'est un signe qu'un épillet se loge au niveau des oreilles. Au niveau des yeux, les signes cliniques sont généralement d'apparition très rapide : le chien cligne des paupières, a les yeux qui larmoient, se frotte avec les pattes. Rapidement, il garde l'œil fermé.

Le piège classique : l'animal semble aller mieux quelques heures après l'incident. Il ne faut pas attendre en se disant que le chien finira par éliminer l'épillet d'une façon ou d'une autre. Ce serait mettre sa santé gravement en danger. La composition et la forme de l'épillet font qu'il s'accroche sans jamais faire marche arrière.

Cinq réflexes concrets après chaque balade

La prévention ne repose pas sur grand-chose de sophistiqué, mais elle demande de la régularité. Inspectez systématiquement votre animal après chaque promenade, en insistant sur les pattes (entre les coussinets et les doigts), les oreilles, le nez, sous la queue et le ventre. Une inspection rapide de cinq à dix minutes suffit.

Pour les chiens à pelage dense, il est possible de tondre les poils des zones corporelles sujettes à la pénétration des épillets : base et face interne des oreilles chez les cockers et épagneuls, extrémités des pattes et espaces interdigités chez les caniches et briards, ventre et flancs pour les races à poils longs. Si votre chien aime particulièrement se balader dans les herbes hautes, vous pouvez lui faire porter un snood, une écharpe en forme de tube qui s'enfile par la tête et enveloppe les oreilles. Cet accessoire est particulièrement recommandé pour les chiens à longues oreilles.

Une erreur fréquente : administrer un produit dans le nez du chien si vous suspectez la présence d'un épillet, ce qui complique fortement l'examen. De même pour le conduit auditif où se trouve le tympan, très sensible à certains produits. Si vous trouvez un épillet encore en surface, retirez-le en tirant d'un seul geste ferme, en veillant à ne pas le casser. Un fragment laissé sur place effectuerait le même trajet et deviendrait plus compliqué à retirer.

Enfin, le jardin lui-même peut être une source. Éliminez ces herbes quand cela est possible et pensez à bien ramasser les végétaux coupés, car les épillets se détachent de leur tige et tombent souvent au sol après coupe. Un tas de tontes laissé dans un coin de jardin peut suffire à exposer votre chien à domicile.

Ce que peu de maîtres savent : lorsqu'ils sont retirés rapidement, le pronostic est le plus souvent excellent. En revanche, après plusieurs jours, ils peuvent engager le pronostic vital. La fenêtre d'action se joue donc en heures, pas en jours. Une promenade d'avril dans les hautes herbes, vingt minutes d'inspection au retour : c'est le seul protocole qui vaille.

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