Ma voisine laisse les grosses araignées traverser son salon tout l’automne pendant que je sors la pantoufle : sa raison n’a rien d’une superstition

Ma voisine ne bouge pas quand une grosse araignée traverse son salon, et je n’ai jamais compris pourquoi. Jusqu’au jour où j’ai appris qu’elle était là bien avant la pantoufle.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png
Par L'équipe JDS

Vous aimez notre contenu ?

Ajoutez-nous à vos
favoris Google

À retenir
  • Les grosses araignées d'automne vivent déjà dans le logement, souvent depuis plusieurs générations.
  • Pholques et tégénaires sont inoffensives et se nourrissent de mouches, moucherons et moustiques.
  • Elles deviennent visibles en octobre parce qu'elles atteignent l'âge adulte et que les mâles cherchent une femelle.

Elle était déjà là avant la pantoufle

Ma voisine a raison, et la pantoufle ne réglera rien : les grosses araignées qui traversent nos salons en octobre ne viennent pas de dehors. Elles vivent déjà dans la maison, parfois depuis des générations. Le 23 septembre 2026, Futura a fait le point avec un entomologiste, et son explication balaie l'idée la plus répandue sur le sujet.

Elles ne fuient pas le froid.

Les araignées que l'on découvre à l'automne habitent le logement depuis un moment, sans avoir été remarquées. Soit elles y sont entrées jeunes, à la recherche d'un lieu où vivre, soit elles n'y sont jamais « entrées », étant les descendantes d'individus installés de longue date. L'araignée aperçue sous le canapé n'est donc pas une arrivante de la semaine. Elle pourrait même être née sous le même toit que vous.

Pholques et tégénaires, deux silhouettes

Deux familles dominent nos intérieurs. Les pholques sont très fines et dotées de longues pattes, tandis que les tégénaires sont plus grosses et velues, du genre à faire lever le talon.

L'une comme l'autre retrouve chez nous des conditions proches de son milieu naturel, indique Futura. On comprend qu'elles s'y plaisent, et qu'elles y restent d'une génération à l'autre. Les soirées s'allongent, on passe plus de temps au salon, et l'on aperçoit enfin sur le carrelage, ou au plafond, une locataire qui s'y trouvait depuis longtemps.

Ni l'une ni l'autre n'est dangereuse.

Pourquoi tout à coup, en octobre

Deux facteurs expliquent cette visibilité soudaine. Le premier tient à la croissance : les individus ont atteint leur taille adulte, ce qui les rend nettement plus repérables qu'au printemps. Le second relève de la reproduction, puisque les mâles deviennent sexuellement matures à cette période. Ils se mettent alors en route pour trouver une femelle, quitte à couper à travers le salon.

D'où l'impression d'invasion que reprend aussi Aujardin.info dans un article du 8 septembre 2026, consacré aux araignées qui s'installent dans nos salons. Le mot est fort pour des occupantes qui, pour la plupart, étaient là avant que la saison ne les rende visibles.

Cette agitation dit surtout quelque chose de leur calendrier de vie. Au printemps, les mêmes individus, plus petits, passaient plus facilement inaperçus. Quant à la baignoire où l'on en retrouve parfois une, ses parois lisses ne lui laisseraient guère de prise pour ressortir.

Le réflexe de l'écraser, et le camp d'en face

Le réflexe de l'écraser reste le plus courant, et on le comprend : une tégénaire qui file sur le parquet a de quoi faire sursauter le plus aguerri. La surprise vient après, quand on apprend qu'elle occupait les lieux avant même qu'on ne la croise.

Dans le camp d'en face, il y a ma voisine. Elle laisse faire, et reprend sa lecture. Sa raison n'a rien d'une superstition : c'est celle que donne l'entomologiste interrogé par Futura.

Son conseil tient en trois mots : ne rien faire.

Des alliées contre les moucherons

Inoffensives, ces araignées sont aussi utiles. Elles se nourrissent de mouches, de moucherons et de moustiques, c'est-à-dire de ce qui nous gêne le plus quand on dîne ou qu'on lit le soir. Chaque tégénaire qui patrouille derrière le buffet travaille donc, sans le savoir, pour notre tranquillité. Écraser la plus grosse, c'est se priver d'une alliée contre les piqûres de la nuit.

Le raisonnement est simple : un logement fonctionne comme un petit écosystème, avec ses occupants et ses proies. Supprimer le prédateur ne fait pas disparaître les moucherons, cela retire seulement ce qui les chassait.

Reste que ne rien faire n'a rien d'évident quand une silhouette velue file vers la table basse. Le cerveau voit les pattes avant de lire l'étiquette « inoffensive ». Il aide de se rappeler qu'un mâle en quête d'une femelle a mieux à faire que de s'intéresser à votre fauteuil.

Ni écraser, ni partager le canapé

Entre la pantoufle et la cohabitation sereine, un troisième camp existe : ceux qui ne veulent ni tuer ni partager leur canapé. Leur outillage tient dans un tiroir de cuisine, avec un verre et un morceau de carton.

On pose le verre à l'envers sur l'araignée, on glisse le carton dessous pour refermer l'ouverture, puis on emporte le tout dehors. Pas de contact, pas de cri, rien à nettoyer sur le carrelage. Le geste vaut aussi pour la baignoire, où la prisonnière aurait du mal à remonter seule.

Le ménage des coins complète la méthode. Un passage régulier dans les angles et derrière les meubles, là où les araignées aiment se tenir tranquilles, les rendrait moins accueillants. L'effet ne sera pas immédiat sur les occupantes déjà installées. Il évite en revanche de leur offrir des recoins paisibles pour la suite.

Les moustiquaires aux fenêtres entrent aussi dans la panoplie : en gardant moustiques et moucherons dehors, elles réduiraient le menu proposé aux araignées. Le principe séduira ceux qui veulent un salon tranquille sans avoir à choisir entre le verre et la pantoufle.

Au printemps, rappelle Futura, ces mêmes habitantes étaient moins repérables, faute d'avoir atteint leur taille adulte. La vague de visibilité de l'automne devrait donc retomber une fois que les mâles auront trouvé leur femelle. Le verre et le carton pourront alors retourner dans le tiroir.

Cropped Favicon Journal Des Seniors Logo.png

Toute l'équipe de rédaction Journal des Seniors vous guide à travers ce sujet qui nous concerne tous : la retraite. Comment l'anticiper, la préparer, et comprendre tous les rouages et informations pratiques pour une retraite paisible.

Aucun commentaire à «Ma voisine laisse les grosses araignées traverser son salon tout l’automne pendant que je sors la pantoufle : sa raison n’a rien d’une superstition»

Laisser un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération. Seuls les commentaires pertinents et étoffés seront validés
* Champs obligatoires