Quatorze mois après la mort de mon mari, je suis enfin allée au guichet de la caisse. Personne ne m’avait dit que le temps jouait contre moi.
Le délai de 12 mois pour demander la réversion conditionne le rappel des mensualités

La pension de réversion n'est pas versée automatiquement : il faut en faire la demande. Déposée dans les 12 mois suivant le décès, elle prend effet au premier jour du mois qui suit le décès, avec rappel des mensualités ; plus tard, elle ne court qu'à partir du mois suivant le dépôt et les mois écoulés sont perdus. Le droit suppose d'avoir été marié avec le défunt, d'avoir 55 ans ou plus et de rester sous un plafond de ressources.
Quel est le délai de demande ?
La réversion n’est jamais versée d’office, même si la caisse connaît le décès. Aucune date butoir ne fait perdre le droit : une demande déposée dans les 12 mois suivant le décès prend effet le premier jour du mois qui suit le décès, avec rappel de toutes les mensualités écoulées. Déposée plus tard, elle ne court qu’à partir du mois suivant le dépôt. Les mensualités antérieures sont définitivement perdues.
Quelles conditions faut-il remplir ?
- Avoir été marié avec la personne décédée : Pacs et concubinage ne comptent pas.
- Avoir au moins 55 ans.
- Rester sous le plafond de ressources.
Le plafond vaut 2 080 fois le Smic horaire brut, soit 25 001,60 € par an pour une personne seule en 2026 (2 080 × 12,02 €). Pour un couple, il monte à 40 002,56 €. Sont comptés les salaires, les retraites personnelles, les allocations chômage et les revenus de placements. Il est revalorisé chaque année, en suivant le Smic. Dépasser le plafond de 1 000 € fait perdre 1 000 € de pension.
Quel montant et quel partage avec l’ex-conjoint ?
Au régime général, la réversion représente 54 % de la retraite de base du défunt. Un plancher existe : 334,92 € par mois en 2026, lorsque le conjoint décédé justifiait d’au moins 60 trimestres. Elle se cumule avec votre propre retraite.
L’ex-conjoint divorcé a lui aussi droit à une part. La pension est alors partagée entre le veuf ou la veuve et l’ex-conjoint, au prorata de la durée de chaque mariage. Par exemple, sur 30 ans d’union au total, dont 20 avec une première épouse et 10 avec la seconde, la répartition donne deux tiers à l’une et un tiers à l’autre. Le remariage du survivant ne supprime pas la pension de base ; il change en revanche le plafond applicable, puisque le foyer relève alors du seuil de 40 002,56 €.
Que change le remariage et le régime Agirc-Arrco ?
À l’Agirc-Arrco, la réversion s’élève à 60 %, sans condition de ressources. Mais elle disparaît définitivement si le survivant se remarie. Le remariage devient donc un calcul : le survivant garde la base et perd la complémentaire. Les règles de date d’effet ne sont pas calquées sur celles du régime de base : demandez une réponse écrite à la caisse.
Un défunt qui a cotisé dans plusieurs régimes (privé, agricole, libéral) ouvre autant de droits distincts. Chacun suit son propre barème et ses propres conditions. Une demande unique en ligne peut les regrouper.
Comment déposer la demande ?
- Déposer en ligne sur info-retraite.fr ou auprès de la caisse du défunt.
- Réunir des pièces d’état civil (livret de famille, acte de décès) et des justificatifs de ressources.
- Choisir une date de départ au premier jour d’un mois, sans pouvoir la faire précéder le premier jour du mois suivant le 55e anniversaire.
L’instruction prend plusieurs mois selon les régimes. Une demande déposée n’importe quel jour du mois produit son effet le premier du mois suivant. Chaque mois repoussé coûte une mensualité entière, soit 486 € dans l’exemple précédent. La caisse réexamine ensuite les ressources en cas de changement de situation, et le montant peut être révisé à la hausse comme à la baisse jusqu’à devenir définitif.
Quelles erreurs éviter ?
Attendre un courrier de la caisse est l’erreur la plus répandue : personne n’ouvrira le dossier à votre place. Beaucoup croient aussi qu’un remariage éteint le droit, alors que cela ne vaut qu’à l’Agirc-Arrco, jamais au régime de base. D’autres renoncent d’emblée, persuadés d’être au-dessus du plafond sans avoir fait le calcul.
Ce calcul réserve des surprises. Avec une retraite personnelle de 1 800 € par mois (21 600 € par an), le survivant reste sous le plafond de 25 001,60 € : il touche donc l’intégralité de la réversion théorique, soit 5 832 € par an.
Pacs et concubinage n’ouvrent toujours pas droit à la réversion du régime général en 2026, malgré les discussions de réforme. Les couples non mariés ne peuvent donc compter sur aucun rattrapage.
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Sources : travail-industrie.com | administrationfacile.com | professioncgp.com
