Ce matin-là, j’ai sorti le vieux formulaire, je l’ai rempli avec soin, et je me suis crue en règle. Je ne savais pas encore que ma fille devrait tout refaire.
« Je pensais bien faire en remplissant le papier pour les 20 000 € offerts à ma fille » : pourquoi ce geste ne suffit plus pour un don de mariage

- Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration d'un don d'argent sans notaire se fait en ligne.
- C'est la fille qui reçoit le don qui doit déclarer, dans le mois qui suit le virement.
- Pour 20 000 € donnés par un parent à un enfant majeur, aucun droit n'est dû.
Un geste d'autrefois, une règle d'aujourd'hui
Remplir le formulaire papier n° 2735 pour déclarer 20 000 € offerts à sa fille ne correspond plus à la règle. Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration d'un don manuel ou d'un don d'argent fait sans notaire doit passer par internet. Le paiement des droits éventuels suit le même chemin, entièrement en ligne.
Tout tient dans un texte : le décret n° 2025-1082 du 17 novembre 2025.
Au printemps 2026, une mère de 57 ans a viré 20 000 € à sa fille majeure pour son mariage. Elle a ensuite fait comme autrefois : sortir le formulaire de déclaration de don, le remplir avec soin, se sentir en règle. Le geste partait d'un bon sentiment, celui d'une parente qui ne veut rien laisser au hasard. Mais depuis le 1er janvier 2026, un tel don se déclare en ligne, et c'est sa fille qui doit le faire.
Une obligation indifférente à la date du virement
L'obligation couvre les dons manuels et les dons d'argent consentis sans notaire, c'est-à-dire le virement d'un parent à son enfant pour un mariage. Elle s'applique quelle que soit la date du don, y compris pour un don antérieur à 2026 qui n'aurait pas encore été déclaré.
Un point surprend souvent : la déclaration reste due même quand aucun droit n'est à payer. Pour 20 000 € donnés par une mère à sa fille majeure, la facture fiscale devrait être nulle, nous y revenons plus bas. La formalité subsiste malgré tout, avec son formulaire en ligne, son espace personnel et son délai.
La déclaration revient à celui qui reçoit
C'est la personne qui reçoit le don qui déclare. Ici, la fille se connecte à son espace personnel sur impots.gouv et suit le chemin Déclarer, puis Déclarer un don ou une cession de droits sociaux. Le parent qui donne ne déclare à la place de l'enfant que dans deux situations : un enfant mineur, ou un majeur protégé. Pour une fille majeure qui se marie, ce n'est a priori pas le cas, et le formulaire lui revient donc à elle seule.
Le délai, indiqué par impots.gouv, est « dans le mois qui suit » le don.
Le papier n'a pas disparu pour autant. Il reste possible pour ceux qui n'ont pas internet chez eux ou qui indiquent à l'administration ne pas pouvoir déclarer en ligne, ainsi que pour quelques cas particuliers. Une jeune femme qui se connecte sans difficulté à son espace personnel ne figure pas dans cette liste, et le formulaire 2735 n'est donc plus la bonne voie pour elle.
Combien la fille paiera vraiment
La fille ne paiera rien.
Chaque parent peut donner 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits de donation, un plafond à vérifier sur la fiche F1265 de service-public.gouv.fr. Avec 20 000 €, la mère reste très en dessous. Elle a 57 ans, loin de la limite des 80 ans qui conditionne une autre exonération.
Cette exonération distincte, de 31 865 € tous les 15 ans, vise un don d'argent fait avant 80 ans à une personne majeure. Pour un don d'un parent à son enfant, ses conditions exactes sont à confirmer sur la même fiche F1265. Les deux dispositifs pourraient se cumuler sous conditions, mais la manière de les combiner se vérifie sur cette fiche avant toute décision. Dans tous les cas, 20 000 € passent sous chacun des deux plafonds.
Si le père offre lui aussi une somme à la jeune mariée, il dispose de son propre plafond de 100 000 €, puisque la règle se compte par parent et par enfant. Les deux parents réunis pourraient ainsi donner jusqu'à 200 000 € à leur fille au titre de ce seul abattement.
À quoi sert une déclaration quand rien n'est dû
Sans droits à payer, la déclaration ressemble à une corvée. Elle fait pourtant enregistrer le don, et c'est à partir de cette date que se comptent les 15 ans. Or ce délai de 15 ans rythme le renouvellement des plafonds de 100 000 € et de 31 865 €.
Un calcul simple le montre. Une mère de 57 ans en 2026 aura environ 72 ans quand les 15 ans seront écoulés, donc encore sous la barre des 80 ans. Si elle souhaite alors renouveler son geste, une date de départ clairement enregistrée lui évite de reconstituer l'historique à la main. Selon la manière dont les 20 000 € auront été imputés, une partie des plafonds resterait en outre disponible bien avant cette échéance.
Les gestes à faire dès cette semaine
La fille a besoin de quelques éléments avant de se connecter : ses identifiants habituels, le montant exact du don, la date du virement et l'identité de sa mère. Le relevé bancaire de la mère donne la date avec précision. Elle compte, puisque le délai se calcule à partir du don.
Un don du printemps 2026 non encore déclaré se déclare en ligne, la rubrique restant la même quelle que soit la date du don. Le délai étant fixé au mois qui suit le don, mieux vaut ne pas laisser traîner.
Une mère qui offre aussi un bijou ou un véhicule à ses enfants est concernée de la même manière, comme pour des actions transmises entre particuliers. Le téléservice est le même. La règle de la déclaration existait déjà, seule la modalité a changé.
Une erreur de montant ou de date n'est pas irréparable : depuis novembre 2025, une déclaration rectificative peut se faire en ligne quand la déclaration initiale l'a été aussi. Cette option est liée à la voie électronique, celle que la fille doit emprunter.
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Sources : defendstesdroits.fr | francesuccession.fr
