Un radiateur réglé sur la position maximum dans une chambre inoccupée, c'est de l'argent qui part en fumée. Pourtant, cette habitude reste très répandue dans les foyers français : on tourne tous les thermostats sur le même cran, en espérant obtenir une chaleur homogène dans toute la maison. Une logique qui semble pratique, mais qui coûte cher. Les chauffagistes, eux, appliquent une tout autre méthode, pièce par pièce, et elle ne demande aucun investissement. Alors que le prix du gaz et de l'électricité continue de grimper, ce réglage différencié devient un geste simple pour alléger la facture sans toucher au confort.
- L'ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie, 17 °C dans les chambres inoccupées et 22 °C dans la salle de bain pendant son utilisation
- Baisser la température de consigne d'un seul degré permet de réduire la consommation d'énergie d'environ 7 % selon l'ADEME
- Le chauffage représente environ 66 % des dépenses énergétiques d'un foyer, un enjeu accentué par la hausse continue des prix du gaz et de l'électricité
Pourquoi régler tous les radiateurs sur le même cran est une erreur
Chauffer uniformément toute une maison revient à ignorer un principe de base : chaque pièce a un usage différent, donc un besoin de chaleur différent. Un salon occupé toute la journée n'a pas les mêmes exigences qu'une chambre vide entre 7 heures et 22 heures. En réglant tous les radiateurs sur le même niveau, de nombreux foyers surchauffent des pièces inutilisées, ce qui gonfle la consommation sans aucun bénéfice de confort. Le chauffage représente à lui seul environ 66 % des dépenses énergétiques d'un foyer selon l'ADEME. Un chiffre qui donne la mesure de l'enjeu : le moindre réglage mal ajusté se répercute directement sur la facture. Avec la flambée actuelle des prix de l'énergie, cette erreur de réglage devient de plus en plus coûteuse.
Les températures recommandées pièce par pièce
L'ADEME a établi des repères précis, pièce par pièce, pour optimiser le chauffage sans sacrifier le confort. La règle à retenir : 19 °C dans les pièces à vivre et 17 °C dans les chambres. Concrètement, les pièces de vie occupées en journée, comme le salon ou la cuisine, doivent être maintenues à 19 °C. Ce seuil n'est pas une simple recommandation : il découle d'un décret du 3 décembre 1974, aujourd'hui repris à l'article R. 241-26 du Code de l'énergie. Les chambres, elles, peuvent descendre à 17 °C lorsqu'elles sont inoccupées dans la journée, et à 18 °C maximum la nuit, une température qui favorise un meilleur sommeil selon l'ADEME. La salle de bain suit une logique à part : 22 °C pendant son utilisation, pour éviter la sensation de froid à la sortie de la douche, puis 16 à 17 °C le reste du temps. Des exceptions existent pour les logements accueillant des personnes âgées, des enfants en bas âge ou nécessitant des soins médicaux : la réglementation autorise alors une température moyenne portée à 22 °C, avec un plafond de 24 °C dans une pièce individuelle.
Ces repères permettent de visualiser facilement les bons réglages à adopter :
| Pièce | Température recommandée |
|---|---|
| Salon, cuisine, pièces de vie (journée) | 19 °C |
| Chambre inoccupée (journée) | 17 °C |
| Chambre la nuit | 18 °C maximum |
| Salle de bain (utilisation) | 22 °C |
| Salle de bain (reste du temps) | 16 à 17 °C |
La méthode des chauffagistes pour optimiser le chauffage sans dépenser un centime
La méthode utilisée par les professionnels ne repose sur aucun équipement coûteux : il s'agit simplement d'ajuster chaque radiateur selon l'usage réel de la pièce, en respectant les paliers recommandés par l'ADEME. Cela suppose de baisser systématiquement la température des pièces vides ou peu fréquentées, et de réserver les 19 °C aux moments où le salon ou la cuisine sont réellement occupés. Ce réglage fin change la donne sur la facture : baisser la température de consigne d'un seul degré permet de réduire la consommation d'énergie d'environ 7 %, selon l'ADEME. Sur l'ensemble d'un logement, l'économie cumulée devient significative, surtout dans un contexte où les prix de l'énergie ne cessent d'augmenter. Le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l'énergie pour le profil chauffage s'établit à 0,14558 euro par kilowattheure en octobre 2026, et une nouvelle hausse de 6,6 % en moyenne est attendue dès le 1er novembre 2026, portant la hausse cumulée du kilowattheure de chauffage à près de 55 % sur l'année selon Hello Watt. Du côté de l'électricité, le tarif réglementé a déjà augmenté de 2,5 % TTC en moyenne au 1er août 2026, avec une prochaine révision prévue au 1er février 2027. Dans ce contexte, ajuster chaque radiateur selon la pièce et son usage n'est plus un détail de confort, mais un réflexe budgétaire à part entière.
Adopter cette logique, pièce par pièce, ne nécessite ni travaux ni nouvel équipement : un simple ajustement des thermostats suffit. Face à la hausse continue des prix du gaz et de l'électricité, ce geste gratuit reste l'un des leviers les plus efficaces pour maîtriser sa facture de chauffage sans renoncer au confort au quotidien.


