34 € de frais d’incident en un mois : au guichet, on m’a nommé l’offre que ma banque devait me proposer

Louise
Par Louise S

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Beaucoup de clients pensent qu'un incident bancaire se règle uniquement en évitant les découverts. Pourtant, une réalité bien différente existe pour des millions de Français : la loi impose aux banques de repérer les personnes en difficulté financière et de leur proposer des solutions concrètes pour limiter la casse. Frais plafonnés, offre spécifique à un euro par mois, accompagnement renforcé : ces dispositifs existent depuis plusieurs années, mais restent largement méconnus. Résultat, des clients continuent de payer des frais d'incidents parfois disproportionnés, sans savoir qu'ils pourraient bénéficier d'une protection légale. Voici ce que chaque banque doit proposer à certains de ses clients, et comment savoir si l'on est concerné.

La fragilité financière, un statut qui change tout face aux frais bancaires

Depuis la loi de régulation bancaire de 2013, les établissements financiers ont l'obligation de détecter les clients en situation de fragilité financière. Ce statut n'a rien d'arbitraire : des critères précis permettent de l'identifier. Est considéré comme fragile un client qui cumule 5 irrégularités ou incidents de paiement au cours d'un même mois, qui reste inscrit pendant 3 mois consécutifs au Fichier central des chèques, ou encore qui a un dossier de surendettement en cours de traitement à la Banque de France. Les banques peuvent également fixer un plafond de revenus mensuel, souvent situé autour de 1 500 euros, au-delà duquel le client ne peut plus prétendre aux dispositifs d'aide. Seules les personnes physiques agissant pour un usage privé sont concernées, les comptes professionnels étant exclus de ce mécanisme.

Un plafond légal pour ne plus voir ses frais d'incident s'envoler

C'est là que réside la véritable protection : une fois identifié comme fragile, un client voit ses frais d'incidents bancaires plafonnés à 25 euros par mois. Ce plafond s'applique automatiquement, sans démarche particulière. Il concerne notamment les commissions d'intervention, les frais de lettre d'information pour chèque sans provision, les frais de rejet de prélèvement ou encore les frais d'opposition de carte bancaire. Selon les dernières données de l'Observatoire de l'inclusion bancaire, 85 % des banques appliquent ce plafond maximal, les autres établissements le fixant entre 15 et 25 euros. Certaines banques vont même plus loin en exonérant totalement de frais les bénéficiaires de l'offre spécifique, une pratique saluée par l'Observatoire. Ce plafonnement représente une avancée concrète pour éviter que des frais s'accumulent au point de plonger un budget déjà fragile dans le rouge.

L'offre spécifique, ce filet de sécurité que les banques doivent proposer

Au-delà du simple plafonnement, la loi prévoit un dispositif encore plus protecteur : l'Offre Client Fragile (OCF). Toute personne identifiée comme fragile doit se voir proposer cette offre par sa banque. Si ce n'est pas le cas, il est possible d'en faire directement la demande. Facturée au maximum 1 euro par mois depuis 2023, contre 3 euros auparavant, elle inclut un socle de services essentiels : la tenue et la gestion du compte, une carte à autorisation systématique, quatre virements SEPA mensuels, des prélèvements illimités, deux chèques de banque par mois, un accès à distance au compte, ainsi qu'un système d'alertes sur le solde. Dans le cadre de cette offre, les commissions d'intervention sont encore plus encadrées, avec un plafond de 4 euros par opération et 20 euros par mois. L'offre peut être résiliée à tout moment, sur simple demande écrite.

Pourtant, ce dispositif reste largement sous-utilisé. Selon les derniers chiffres publiés par l'Observatoire de l'inclusion bancaire, 1 195 751 personnes bénéficiaient de l'OCF fin 2025, alors que 4,8 millions de clients avaient été détectés en situation de fragilité financière. Un client fragile sur quatre seulement souscrit à l'offre, une proportion stable depuis plusieurs années. Plusieurs raisons expliquent ce désintérêt : la carte à autorisation systématique ne permet pas de découvert, l'absence de chéquier classique limite certains usages, et l'intitulé même de l'offre peut être perçu comme stigmatisant. Beaucoup de clients ignorent tout simplement son existence.

Dispositif Plafond des frais d'incidents Coût mensuel
Client fragile (sans OCF) 25 euros par mois Aucun coût spécifique
Client avec OCF 20 euros par mois (200 euros par an) 1 euro par mois

Face à des frais qui s'accumulent trop rapidement, connaître ces dispositifs change la donne. Le plafonnement à 25 euros s'applique automatiquement dès la détection de la fragilité, tandis que l'offre spécifique doit être proposée activement par la banque. En cas de doute sur son éligibilité, il reste possible de contacter directement son conseiller pour faire le point. Ces mécanismes existent précisément pour éviter que les difficultés financières ne se transforment en spirale de frais impossibles à absorber. Reste à savoir combien de clients concernés ignorent encore qu'ils peuvent, dès aujourd'hui, faire valoir ce droit auprès de leur établissement.

Louise

Rédactrice spécialisée Argent depuis 10 ans, j'apporte ici mon expertise sur les sujets Retraite, épargne, budget ou encore immobilier. Passionnée par ailleurs par la psychologie, j'écris également à ce sujet.

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