Comment se faire rembourser après une arnaque au faux conseiller bancaire ?

Une cliente valide une opération dictée par un faux conseiller et perd 8 400 euros. Grâce au spoofing téléphonique, les arnaqueurs usurpent le numéro exact de la banque pour contourner la vérification. Une phrase précise prononcée pendant l’appel peut décider si la banque rembourse ou non.

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Par L'équipe JDS

Un faux conseiller peut afficher le vrai numéro de votre banque : la parade est de raccrocher et de rappeler vous-même le numéro au dos de votre carte pour demander l'opposition. Côté remboursement, une opération validée dans l'application n'est pas forcément considérée comme autorisée : la contestation écrite doit expliquer qu'elle vous a été présentée comme une annulation ou une sécurisation. Le signalement reste possible jusqu'à treize mois après le débit.

Comment le faux conseiller obtient-il une validation ?

Le numéro affiché sur le téléphone peut être le vrai numéro de l'agence : le spoofing téléphonique permet à un appelant de choisir librement ce qui s'affiche chez la personne appelée, y compris le numéro exact d'une banque, d'une administration ou d'un service public. Le réflexe qui consiste à vérifier le numéro avant de décrocher ne protège donc plus de rien.

L'escroc connaît le nom du client, l'agence de rattachement, parfois les derniers débits ou un ordre de grandeur du solde. Ces données proviennent le plus souvent d'une fuite antérieure ou d'un hameçonnage passé, parfois sans lien direct avec la banque elle-même.

Son but n'est presque jamais d'obtenir un code reçu par SMS. Il vise à faire valider une opération directement depuis l'application bancaire, en la présentant comme une annulation ou une mise en sécurité des fonds. Dans la quasi-totalité des cas, c'est la victime elle-même qui valide, empreinte digitale ou visage à l'appui.

La fraude par manipulation, dont le faux conseiller bancaire est la forme la plus fréquente, représentait 41,6 % de la fraude aux moyens de paiement en 2025, en hausse de 34 % sur un an. Le montant en jeu dépasse désormais le demi-milliard d'euros par an à l'échelle nationale.

Quelles phrases doivent faire raccrocher ?

Certaines formulations trahissent l'arnaque, à condition de les repérer sur le moment :

  • « Pour annuler cette opération frauduleuse, validez celle que je vous envoie maintenant »
  • « Donnez-moi le code que vous venez de recevoir, c'est pour la sécuriser »
  • « Ne raccrochez surtout pas, restez en ligne pendant la manipulation »

Un vrai conseiller ne demande jamais de valider quoi que ce soit en urgence pendant un appel entrant, et il n'a pas besoin d'un code que la banque possède déjà de son côté. L'insistance à garder la ligne ouverte sert surtout à empêcher la victime de raccrocher et de vérifier ailleurs.

Que faire tout de suite après l'appel ?

  1. Raccrocher, sans répondre aux questions du correspondant.
  2. Rappeler soi-même, depuis un autre appareil si possible, le numéro imprimé au dos de la carte bancaire : ce numéro-là, c'est vous qui le composez, pas l'inverse.
  3. Demander l'opposition à la carte ou au compte, possible à tout moment, de jour comme de nuit, dès le moindre doute sur une opération en cours.
  4. Signaler l'opération non autorisée à la banque sans attendre le lendemain : plus on attend, plus l'argent a le temps de transiter par plusieurs comptes intermédiaires, souvent à l'étranger.
  5. Doubler le signalement d'une contestation écrite.

La banque peut-elle refuser de rembourser ?

Le Code monétaire et financier, qui transpose les directives européennes sur les services de paiement, pose un principe protecteur : toute opération non autorisée doit être remboursée immédiatement, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant le signalement.

Le problème est que la banque considère souvent l'opération comme autorisée dès que le client a lui-même appuyé sur « valider » dans son application. Les établissements opposent alors fréquemment l'article L. 133-19 IV du Code monétaire et financier, en soutenant que le client aurait commis une négligence grave pour refuser le remboursement.

La Cour de cassation a pourtant jugé, dans un arrêt du 1er juin 2023, qu'un virement dont les coordonnées bancaires du bénéficiaire ont été falsifiées après émission ne peut être considéré comme autorisé, le consentement n'ayant pas porté sur le bénéficiaire réel. C'est ce qui se joue avec un faux conseiller : le client a validé une action, mais pas celle qu'il croyait valider.

Comment rédiger la contestation ?

Le signalement d'une opération non autorisée peut être fait dans un délai de treize mois après le débit. La contestation écrite doit préciser deux éléments :

  • l'absence de toute demande de code confidentiel pendant l'appel ;
  • le fait que l'opération a été présentée comme une annulation ou une sécurisation, jamais comme un virement sortant.

Ce détail, sur le papier, peut faire la différence entre un remboursement obtenu et un refus.

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