Cette habitude héritée des thermiques fait perdre de l’autonomie en éléctrique

Avartar Jules
Par Jules V.

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Rouler plus loin avec la même batterie, sans changer de voiture ni de trajet : c'est la promesse concrète qui attend ceux qui acceptent de revoir un geste devenu automatique au volant. Beaucoup de conducteurs passés récemment à l'électrique conservent en effet un réflexe hérité de leurs anciennes voitures thermiques, celui d'écraser la pédale de frein au moindre ralentissement. Or, sur un véhicule à batterie, ce simple automatisme peut sérieusement grignoter l'autonomie, alors même que la technologie embarquée est justement conçue pour récupérer de l'énergie au freinage. Comprendre ce qui se joue à chaque décélération, c'est se donner les moyens de gagner de précieux kilomètres, tout en préservant sa mécanique et son portefeuille.

Le réflexe du frein hérité du thermique : un piège énergétique en électrique

Sur une voiture à essence ou diesel, freiner revient à transformer la vitesse en chaleur, dissipée dans les disques et les plaquettes. Ce geste, répété des milliers de fois, s'est ancré comme une évidence chez la plupart des automobilistes. Le problème, c'est qu'en électrique, garder le pied posé en permanence sur la pédale de frein classique empêche le véhicule d'exploiter son atout majeur : la récupération d'énergie. À force de solliciter le circuit hydraulique plutôt que le moteur électrique, le conducteur passe à côté de kilomètres gratuits et peut perdre, selon les estimations, entre 10 et 20 % d'autonomie. Un manque à gagner considérable, surtout quand on jongle avec la planification des recharges sur un long trajet.

Le freinage régénératif, ce trésor caché qui recharge la batterie en roulant

Le principe est aussi élégant que rentable : au lieu de partir en chaleur, l'énergie cinétique du véhicule est convertie en électricité, puis réinjectée directement dans la batterie. Concrètement, chaque décélération devient une mini-recharge. En ville, sur une route sinueuse ou dans une longue descente, 80 à 90 % des ralentissements peuvent être assurés par la seule levée de pied, les freins mécaniques n'intervenant que pour les vraies urgences. Selon Volvo, l'énergie ainsi récupérée peut représenter 5 à 10 % d'autonomie supplémentaire au quotidien, et bien davantage sur des modèles comme l'Audi e-tron où l'on évoque jusqu'à environ 120 kilomètres regagnés sur la durée d'une charge. Cerise sur le gâteau, plaquettes et disques s'usent nettement moins, ce qui allège la note d'entretien sur plusieurs années.

Mode « one pedal » ou position « B » : les clés pour gagner jusqu'à 30 % d'autonomie

Pour tirer pleinement parti de ce système, deux commandes méritent d'être apprivoisées. La position « B » du sélecteur intensifie la régénération dès que l'on relâche l'accélérateur, tandis que le mode « one pedal » pousse le principe à son maximum : la voiture peut ralentir jusqu'à l'arrêt complet sans que le pied ne touche la pédale de frein, dans la majorité des situations. En conduite urbaine, cette approche permet de récupérer jusqu'à 30 % d'énergie, un vrai bond en avant pour ceux qui enchaînent feux rouges, ronds-points et zones 30. Les constructeurs affinent d'ailleurs sans cesse le dispositif : Renault a introduit en 2025 cinq niveaux de récupération réglables via des palettes au volant, pour adapter l'intensité à l'environnement. À l'inverse, sur autoroute à vitesse stabilisée, mieux vaut privilégier le mode roue libre : sans phases de décélération significatives, le freinage régénératif perd l'essentiel de son intérêt et une conduite fluide reste la meilleure alliée de la consommation.

Changer un réflexe vieux de plusieurs décennies ne se fait pas en un après-midi, mais l'effort en vaut la peine. En apprenant à lever le pied plutôt qu'à freiner, en jouant avec le mode « B » ou le « one pedal » selon l'environnement, on redécouvre littéralement sa voiture et l'on repousse la fameuse angoisse de la panne sèche. Reste une question à se poser au prochain trajet : et si la meilleure façon de gagner en autonomie n'était pas de rouler différemment, mais tout simplement de freiner autrement ?

Avartar Jules

Biberonné au son du Busso, je compose désormais avec le silence des électrons...

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