Un projecteur déréglé est le défaut d’éclairage le plus fréquent au contrôle technique, et il se corrige en quelques minutes sur un banc. Le changement d’heure du 25 octobre vous fera rentrer de nuit : la vérification se fait maintenant.
Ils éblouissaient sans le savoir : recalé au contrôle technique, il a dû payer 30€ pour faire régler ses phares

Vos feux de croisement ne pointent probablement plus là où ils pointaient en sortie d'usine. Un amortisseur fatigué suffit à faire monter le faisceau, une ampoule remise en place de travers aussi, et rien ne s'allume au tableau de bord pour vous le dire. Le bilan 2025 du contrôle technique, publié en mars, classe les feux et les équipements électriques en deuxième famille de défauts : une anomalie a été relevée sur 8,93 % des voitures contrôlées, contre 10,49 % pour les essieux, roues, pneus et suspensions. Et dans cette famille, c'est l'orientation des feux de croisement qui revient le plus souvent. Un faisceau trop bas ne tient plus les trente mètres de portée que le code de la route exige la nuit, si bien que vous voyez arriver un obstacle plus tard que vous ne le croyez. Trop haut, il éblouit la voiture d'en face.
Cinq mètres devant un mur
Garez-vous face à un mur, à cinq mètres, sur un sol plat et la voiture à vide, puis allumez les feux de croisement. Chaque phare projette une tache dont le bord du haut forme une ligne nette, la coupure. Cette ligne doit passer un peu en dessous de la hauteur à laquelle se trouve le phare, et le phare gauche doit la placer à la même hauteur que le droit. Si l'un des deux éclaire nettement plus haut que l'autre, ou si les deux lignes remontent au-dessus des optiques, le passage au banc de réglage est justifié.
Une ampoule grillée se repère sans mur. Demandez à quelqu'un de regarder pendant que vous allumez tout, position, croisement, route, clignotants et stop. Rouler avec un feu éteint est une contravention de troisième classe, 68 € et aucun point retiré.
Chez Norauto, la prestation écarte les LED
Vérification faite ce jeudi 17 septembre, Norauto affiche le réglage des phares à 30,95 €, contrôle de l'éclairage compris, avec cette réserve dans le descriptif de la prestation : elle « n'est pas valable pour les véhicules équipés de la technologie Xénon et LED ». Chez Feu Vert, la même opération est vendue 29,99 €, sous l'intitulé « hors Xénon ». Ni l'un ni l'autre n'affiche de tarif pour un projecteur à LED.
Si les vôtres sont à LED, ce prix d'appel ne vous concerne donc pas, et il faut trouver un atelier équipé pour ces blocs, le plus souvent dans le réseau de la marque, où l'heure de main-d'œuvre se facture plus cher.
Pourquoi un phare avant coûte-t-il 827 € ?
Le SRA, l'organisme technique des assureurs automobiles, chiffrait le bloc optique avant à 827 € en moyenne en 2024, contre 486 € en 2019. Les phares ont donc grimpé de 70 % en cinq ans, quand l'ensemble des pièces détachées montait de 39 %. Dans cette même étude publiée fin 2024, que l'organisme n'a pas réactualisée depuis, le bloc d'une Peugeot 208 de deuxième génération était donné à 531 € en halogène et à 1 604 € en version tout LED.
L'écart tient à ce qu'un phare à LED ne s'ouvre pas comme un phare à ampoule. Le SRA relevait que 91 % des blocs optiques endommagés partaient au rebut entier, faute de pièce à changer à l'intérieur. Une diode qui lâche, un gravillon qui fend la glace, et c'est l'optique complet qu'on commande.
Il reste un peu plus de cinq semaines avant le changement d'heure. Le coup d'œil contre un mur ne coûte rien et se fait ce week-end. Si la coupure est de travers et que vos phares fonctionnent à l'ampoule, comptez une trentaine d'euros en centre auto. S'ils sont à LED, demandez un devis à votre garage maintenant, plutôt qu'en janvier avec une contre-visite en attente.
