Je n’avais jamais touché la petite languette sous mon rétroviseur intérieur : depuis le changement d’heure, je ne m’en passe plus

Un SUV colle à mon pare-chocs, ses phares frappent droit dans mon rétroviseur, et je me tortille sur mon siège comme tout le monde. Il m’a fallu des années pour remarquer la petite languette qui pendait juste sous le miroir.

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Par L'équipe JDS

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Premier retour du travail dans le noir complet après le passage à l'heure d'hiver. Un SUV colle à mon pare-chocs, et ses phares frappent droit dans le rétroviseur. Je décale la tête, je plisse les yeux, je me tortille sur mon siège comme tout le monde, alors qu'une petite languette suffisait.

À l'arrêt, j'ai tiré la languette sous le miroir, et l'image s'est assombrie.

La voiture de derrière restait parfaitement visible, mais ses phares n'éblouissaient plus. La consigne figure noir sur blanc dans le manuel d'un constructeur : tirer la languette située sous le rétroviseur vers soi pour réduire les sources d'éblouissement la nuit. Des années de conduite, et je n'avais jamais touché ce levier.

À retenir
  • Tirer la languette sous le rétroviseur assombrit le miroir et réduit fortement l'éblouissement des phares.
  • Le levier fonctionne sans électricité, grâce à un verre prismatique à deux positions, jour et nuit.
  • Le réglage se fait à l'arrêt, puis le miroir doit être remis en position jour dès que la luminosité revient.

Ce que cache cette languette

Ce petit levier ne rend pas le miroir opaque. Il commande un verre prismatique, composé d'une vitre en façade et d'un miroir en retrait. Deux angles sont possibles : la position jour et la position nuit. Le mécanisme est purement mécanique, sans le moindre courant électrique.

En position jour, le miroir renvoie environ 90 % de la lumière, pour une image franche et détaillée. En position nuit, c'est la vitre avant qui prend le relais, et elle ne réfléchit qu'une petite fraction de la lumière, entre 4 et 10 % selon les descriptions techniques. Le miroir principal, lui, se retrouve orienté vers le plafond de l'habitacle, en général plongé dans l'obscurité.

Les phares suiveurs paraissent alors jusqu'à dix fois moins intenses.

Le bon moment pour l'actionner, et pour le relâcher

Le geste se fait à l'arrêt, ou avant de partir si la route promet d'être longue. Les constructeurs sont formels : on ne règle pas un rétroviseur en roulant. Quelques secondes passées à chercher un levier sous le miroir, ce sont quelques dizaines de mètres parcourus sans regarder la route.

Feu rouge, station-service, sortie du parking de l'entreprise : les occasions ne manquent pas. La position nuit s'enclenche ensuite sans que le regard quitte la chaussée.

Le retour en position jour compte autant que le basculement. Quand les phares ont disparu de la route, ou au lever du jour, il faut repasser sur la position normale, car le miroir ne renvoie plus qu'une image atténuée. C'est d'ailleurs le seul inconvénient de la languette : un geste manuel à répéter à chaque changement de luminosité. Les manuels conseillent de commencer par orienter le miroir en position jour, puis de basculer en nuit seulement si nécessaire.

Pourquoi l'heure d'hiver change la donne

Le trajet du retour, qui se faisait encore à la lumière du jour il y a quelques semaines, se déroule désormais dans le noir pour beaucoup d'entre nous. Les faisceaux qui ne gênaient presque pas en fin de journée deviennent agressifs dès que la nuit tombe. Les phares d'un véhicule haut sur roues peuvent viser directement le miroir d'une voiture plus basse.

Un levier que beaucoup de conducteurs n'ont encore jamais actionné.

Ce dispositif équipe pourtant la plupart des voitures, et le modèle à languette reste le plus courant. Sa robustesse mécanique, sans capteur ni câblage, explique sa longévité.

La version automatique des voitures récentes

Sur bon nombre de voitures récentes, la languette disparaît au profit d'un miroir qui s'assombrit seul. On parle de rétroviseur électrochrome, ou anti-éblouissement automatique. Le miroir change de teinte sous l'effet d'un courant électrique qui traverse une couche de gel placée entre deux verres.

Deux capteurs de luminosité pilotent l'ensemble. L'un mesure la lumière à l'avant du véhicule, l'autre celle qui arrive de l'arrière. Quand l'arrière devient nettement plus lumineux que l'avant, le courant passe et le miroir s'assombrit en quelques secondes. Contrairement à la languette et ses deux positions, l'obscurcissement s'ajuste progressivement à l'intensité réelle de la lumière.

Sur ces modèles, rien à manipuler : le miroir s'assombrit seul face aux phares. Il redevient normal dès que l'on enclenche la marche arrière, ce que le constructeur précise dans son manuel.

Les bons réflexes avant de reprendre la route

Avant de démarrer, réglez le miroir en position jour de façon à cadrer toute la lunette arrière sans bouger la tête. Repérez ensuite la languette du bout du doigt, une fois pour toutes, à l'arrêt et avant la nuit. Le sens du mouvement varie selon les modèles : certains manuels demandent de tirer le levier vers soi pour passer en nuit, puis de le pousser pour revenir en position jour.

Un réglage ne se fait jamais en roulant, sur aucun type de rétroviseur.

Si l'éblouissement survient en pleine route, tenez votre voie, gardez vos distances et attendez un feu ou une aire pour basculer le miroir. Les rétroviseurs extérieurs prennent le relais pour surveiller le véhicule qui vous suit pendant ce temps.

Reste un dernier point, à vérifier dans le manuel de votre voiture. Il précise le sens exact du levier et indique si votre miroir est à commande manuelle ou automatique. Si une icône ou un voyant figure sur le cadre, c'est probablement une version automatique, et la languette n'existe alors pas.

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