Le gouvernement fait un geste pour (certains) automobilistes et prolonge les aides carburants : ce qu’il faut savoir

Le gouvernement vient d’annoncer la prolongation de plusieurs aides carburant jusqu’au 31 décembre 2026. La date a tout pour retenir l’attention au moment où le gazole dépasse 2,37 euros le litre et où le SP95-E10 s’installe au-dessus de 2,16 euros. Elle ne concerne pourtant pas l’indemnité de 100 euros destinée aux travailleurs modestes qui utilisent leur voiture pour aller travailler.

Avartar Jules
Par Jules V.

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Pour ces particuliers, rien n’a changé : la demande doit toujours être déposée sur impots.gouv.fr avant le 30 septembre inclus. La prolongation annoncée jeudi 17 septembre vise les agriculteurs, les pêcheurs et certaines entreprises du BTP. Faute de lire le détail, un automobiliste éligible pourrait donc croire qu’il dispose de trois mois supplémentaires. Il lui reste en réalité moins de deux semaines.

Trois aides professionnelles iront bien jusqu’à la fin de l’année

La nouvelle décision prolonge des dispositifs sectoriels qui devaient s’arrêter à la fin octobre. Les pêcheurs obtiennent le soutien le plus élevé : 35 centimes par litre, contre 25 centimes auparavant. Matignon présente ce montant comme le maximum autorisé par la Commission européenne. Les agriculteurs conservent une aide de 15 centimes par litre de gazole non routier, tandis que les entreprises du BTP qui remplissent les conditions du dispositif restent soutenues à hauteur de 20 centimes par litre de GNR.

Ces carburants alimentent des navires, des engins agricoles ou des machines de chantier. Les montants ne constituent donc pas une remise accordée à n’importe quel conducteur lorsqu’il paie son plein dans une station-service. La prolongation annoncée le 17 septembre protège des activités dont le carburant représente une part importante des coûts, avec des critères et des guichets propres à chaque secteur.

Les transporteurs routiers ne réintègrent pas le dispositif. Leur aide s’est arrêtée fin août, le ministère de l’Énergie estimant que la hausse pouvait être répercutée dans les contrats. Les versements encore dus pour les périodes déjà couvertes doivent se poursuivre, sans ouvrir de nouveaux droits après cette date. Cette différence suffit à montrer la logique retenue par l’exécutif : prolonger certains soutiens professionnels, secteur par secteur, plutôt que baisser uniformément le prix affiché à la pompe.

Les 100 euros des « grands rouleurs » s’arrêtent toujours au 30 septembre

L’indemnité destinée aux particuliers suit son propre calendrier. Elle avait déjà été prolongée d’un mois, du 31 août au 30 septembre, au début du mois. L’annonce du 17 septembre ne repousse pas une nouvelle fois cette échéance. Selon les chiffres communiqués par Bercy, 1 516 101 demandes avaient été enregistrées et 1 153 024 payées, alors qu’environ trois millions de travailleurs pourraient remplir les conditions. Le vivier potentiel ne correspond pas nécessairement à autant de dossiers acceptés, mais l’écart explique les appels répétés du gouvernement à utiliser le guichet.

Le nom de « grand rouleur » prête lui-même à confusion. Le dispositif n’exige pas de traverser la France chaque semaine. L’administration retient un trajet domicile-travail d’au moins 15 kilomètres dans chaque sens, soit 30 kilomètres aller-retour, ou au moins 8 000 kilomètres professionnels sur l’année, trajets domicile-travail compris. Il faut aussi avoir déclaré des revenus d’activité en 2024 et disposer d’un revenu fiscal de référence inférieur ou égal à 16 880 euros par part.

La voiture doit être thermique ou hybride non rechargeable, utilisée à des fins professionnelles et assurée au moment de la demande. Les électriques et les hybrides rechargeables sont exclues, de même que les véhicules de fonction ou de service. L’aide ne réclame pas nécessairement d’être propriétaire : une location longue durée ou le véhicule d’un proche peuvent convenir si les autres conditions sont remplies. La page officielle de la DGFiP donne accès au simulateur puis au formulaire, tous deux ouverts jusqu’au 30 septembre inclus.

Le revenu à regarder figure sur l’avis d’impôt établi en 2025 pour les revenus de 2024. Le seuil s’apprécie par part fiscale, et non à partir du seul salaire mensuel actuel. Dans un couple, chacun peut demander l’indemnité s’il remplit personnellement les conditions et utilise un véhicule différent. Un même véhicule ne peut donner lieu qu’à un versement. Le formulaire réclame notamment le numéro d’immatriculation et celui de la carte grise, puis une attestation sur l’honneur concernant les distances parcourues.

Pas de remise générale malgré un gazole proche de son record

L’absence de prolongation pour les particuliers ne signifie pas que l’indemnité disparaît avant d’avoir été versée. Une demande déposée dans les temps peut encore être instruite et payée après la fermeture du guichet. Bercy indique qu’un versement intervient généralement sous une dizaine de jours lorsque le dossier ne rencontre pas de difficulté. La date du 30 septembre porte sur la démarche, pas sur l’arrivée de l’argent sur le compte.

Le gouvernement refuse pour l’heure une remise générale sur chaque litre. Il écarte également un plafonnement national, au nom du coût pour les finances publiques et du risque de provoquer davantage de ruptures si un tarif artificiellement bas concentrait la demande. Les distributeurs restent libres de réduire leurs marges ou de plafonner leurs prix, comme le fait TotalEnergies, mais cette décision commerciale ne crée aucun droit identique d’une station à l’autre.

Avartar Jules

Biberonné au son du Busso, je compose désormais avec le silence des électrons...

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