Occuper les petits-enfants en voiture avec une vidéo : attention à ce détail qui peut coûter cher

Avartar Jules
Par Jules V.

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Vous partez en vacances avec les petits-enfants sur la banquette arrière, la route est longue, et pour éviter les « on arrive quand ? » toutes les dix minutes, vous dégainez le smartphone ou la tablette calés dans un coin du tableau de bord pour lancer un dessin animé. L'astuce paraît anodine, presque providentielle en cette fin d'été où les grands départs s'étirent encore sur les autoroutes du retour. Pourtant, ce petit geste peut vous coûter très cher, car le Code de la route encadre strictement la présence d'écrans dans l'habitacle. Et le détail qui fait toute la différence tient en quelques mots : c'est l'emplacement de l'écran, pas son usage par les enfants, qui déclenche l'infraction.

Ce que dit vraiment le Code de la route sur les écrans à bord

La règle est posée noir sur blanc par l'article R412-6-2 du Code de la route : il est interdit de placer, dans le champ de vision du conducteur d'un véhicule en circulation, un appareil en fonctionnement doté d'un écran qui ne constitue pas une aide à la conduite ou à la navigation. Autrement dit, ce que la loi vise, ce n'est pas la présence d'un écran dans la voiture, mais bien sa visibilité depuis le poste de conduite. Un smartphone qui diffuse une vidéo, une tablette, un ordinateur portable, une console de jeu ou même un petit téléviseur d'appoint tombent sous le coup du texte dès lors qu'ils sont allumés et visibles pour celui qui tient le volant. Détail important : l'infraction peut être retenue même si le conducteur ne regarde pas l'écran, et même à l'arrêt à un feu rouge ou dans un embouteillage, tant que le véhicule reste en circulation.

Tablette pour les enfants ou téléphone du conducteur : où se situe la vraie limite

C'est là que le détail devient décisif. Une tablette fixée derrière un appuie-tête, orientée vers la banquette arrière et invisible depuis la place du conducteur, n'entre pas dans le viseur du texte : les petits-enfants peuvent regarder leur film tranquillement. En revanche, un téléphone posé sur le tableau de bord, coincé contre le pare-brise avec une ventouse, calé dans une vitre latérale avant ou fixé à côté de l'écran central pour diffuser une vidéo, tout cela vous met en infraction. La logique est simple : dès que l'écran vidéo est perceptible depuis le poste de conduite, il est considéré comme une source de distraction. Restent naturellement autorisés les GPS intégrés ou mobiles bien positionnés en mode navigation, les tableaux de bord numériques d'origine constructeur, ainsi que les caméras de recul ou d'aide à la conduite homologuées. Le vrai piège n'est donc pas la tablette des enfants, mais l'improvisation d'un support à l'avant pour occuper la tribu.

Amende salée, saisie du matériel : ce que vous risquez en cas de contrôle

Les sanctions ont de quoi refroidir. On est ici sur une contravention de 5e classe, l'un des niveaux les plus élevés en matière d'infractions routières. Le conducteur encourt une amende pouvant aller jusqu'à 1 500 euros, un retrait de 3 points sur le permis, et surtout la saisie puis la confiscation de l'appareil. Autrement dit, le smartphone ou la tablette utilisés pour diffuser la vidéo peuvent être purement et simplement retenus, toute condamnation entraînant de plein droit la confiscation du dispositif ayant servi à commettre l'infraction. En cas de récidive, la note grimpe jusqu'à 3 000 euros. À ne pas confondre, d'ailleurs, avec le fait de tenir son téléphone en main au volant, qui constitue une infraction distincte, punie d'une contravention de 4e classe et d'un retrait de 3 points également. Au-delà de la sanction, il y a le risque bien réel : un regard capté par un écran, c'est un piéton ou un enfant qui peut surgir, une voiture qui freine devant, et une réaction qui vient trop tard, voire pas du tout.

Occuper les petits-enfants pendant un long trajet reste tout à fait possible, à condition de placer l'écran là où lui seul, et non le conducteur, peut le voir. Un support fixé derrière un appuie-tête, un casque audio pour ne pas gêner l'attention à l'avant, et l'affaire est réglée sans risquer ni amende, ni confiscation, ni surtout accident. À l'heure où nos voitures deviennent de véritables salons roulants truffés d'écrans, la question mérite d'être posée : jusqu'où la technologie embarquée peut-elle nous divertir sans jamais nous détourner de la route ?

Avartar Jules

Biberonné au son du Busso, je compose désormais avec le silence des électrons...

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