Regardez les prochaines plaques que vous croisez : vous ne trouverez jamais ces lettres

Avartar Jules
Par Jules V.

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Attention, automobilistes : avant de vous lancer dans un jeu d'observation sur la route, sachez que certaines lettres n'apparaîtront jamais sur les plaques d'immatriculation françaises, et que les chercher relève de la mission impossible. Depuis 2009, le Système d'Immatriculation des Véhicules (SIV) attribue les plaques selon un format fixe : deux lettres, trois chiffres, puis deux lettres, le tout séparé par des tirets. Mais derrière cette apparente simplicité se cachent des règles précises, pensées pour votre sécurité comme pour le respect de la mémoire collective. Certaines exclusions relèvent de la pure logique technique, d'autres de l'Histoire. Et chez nos voisins européens, la liste des combinaisons bannies est parfois bien plus longue. Explications.

À retenir
  • Les lettres I, O et U sont exclues des plaques françaises car elles peuvent être confondues avec les chiffres 0 et 1 ou la lettre V.
  • La combinaison SS est bannie pour des raisons historiques liées au nazisme, et AZF est écartée localement en Haute-Garonne en référence à la catastrophe de Toulouse.
  • Chez nos voisins, les restrictions vont plus loin : l'Allemagne interdit plusieurs séries liées au nazisme (dont HH et 88) et la Belgique bannit environ une centaine de combinaisons.

I, O, U : ces trois lettres bannies pour une question de lisibilité

Si vous scrutez les plaques que vous croisez au quotidien, vous ne verrez jamais les lettres I, O et U. La raison est avant tout pratique et sécuritaire : ces caractères peuvent facilement être confondus avec d'autres. Le O ressemble au chiffre 0, le I au chiffre 1, et le U peut être pris pour un V. Le SIV les exclut donc systématiquement afin d'éviter toute erreur lors d'un contrôle routier ou d'une lecture automatique par les caméras LAPI. À noter également que la série WW n'est pas attribuée aux véhicules classiques : elle est réservée aux plaques provisoires, conformément aux règles fixées par l'arrêté du 9 février 2009.

SS, la combinaison interdite pour des raisons historiques (et le cas AZF à Toulouse)

Une autre combinaison est absente des plaques françaises, mais pour un motif bien différent : les lettres SS. Cette exclusion, en vigueur dès le lancement du SIV, tient à des raisons historiques et mémorielles. Ces deux lettres renvoient directement à la Schutzstaffel, organisation paramilitaire du régime nazi. Le fondement juridique existe : l'article R645-1 du Code pénal réprime le port ou l'exhibition d'insignes ou emblèmes rappelant ceux d'organisations responsables de crimes contre l'humanité. Il existe par ailleurs une exception locale : en Haute-Garonne, dans la région de Toulouse, la combinaison AZF est également écartée, en référence au traumatisme lié à ce nom. En revanche, contrairement à une idée reçue tenace, les séries KK ou PD ne sont pas interdites au niveau national, même si leur attribution peut parfois être arbitrée. Rappelons enfin que le numéro est attribué automatiquement, dans un ordre strictement chronologique : impossible pour l'automobiliste de choisir sa combinaison.

Chez nos voisins, la censure des plaques va beaucoup plus loin

Si la France se limite pour l'essentiel aux questions de lisibilité et à la combinaison SS, nos voisins européens se montrent nettement plus stricts. En Allemagne, plusieurs séries liées au nazisme sont bannies : SS, SA, SD, NS, KZ, HH ou encore HJ. Le nombre 88 seul est également interdit, car le H étant la huitième lettre de l'alphabet, il équivaut à HH. Au Luxembourg, pays bilingue, les mêmes interdictions qu'en Allemagne s'appliquent, auxquelles s'ajoutent des exclusions propres au français : PD, KK et WC sont proscrits, tandis que la combinaison QQ reste curieusement autorisée. La Belgique, dont les plaques comportent trois lettres, va encore plus loin avec environ une centaine de combinaisons interdites pour ne heurter ni les francophones ni les néerlandophones : BIT, CON, CUL, DCD, FOU, FUK, KKQ, PUT ou SEX en font partie. Étonnamment, la série ZOB, elle, est passée entre les mailles du filet.

Derrière chaque plaque d'immatriculation se cache donc un équilibre subtil entre exigences techniques, sécurité routière et respect de la mémoire. En France, retenez l'essentiel : les lettres I, O et U sont exclues pour la lisibilité, et la combinaison SS pour des raisons historiques. La prochaine fois que vous serez arrêté à un feu rouge ou coincé dans les embouteillages de la rentrée, prenez le temps d'observer les plaques autour de vous : vous verrez ces règles à l'œuvre, sans exception. Et qui sait, ce petit jeu d'observation deviendra peut-être votre nouveau passe-temps favori sur la route ?

Avartar Jules

Biberonné au son du Busso, je compose désormais avec le silence des électrons...

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