Longtemps je l’ai trouvé ridicule, ce pull noué sur les épaules. Puis j’ai vu les stylistes le ressortir de leurs placards, et je me suis demandé si j’avais eu tort.
Le pull noué sur les épaules, longtemps moqué comme l’uniforme des beaux quartiers, revient dans les tenues d’automne des stylistes

- Le geste tient en trois secondes : un pull fin posé sur les épaules, manches nouées sur la poitrine.
- Ses racines remontent aux campus américains des années 1930 et 1940.
- Le nœud garde la maille à portée de main quand la température chute en fin de journée.
Un geste de bord de court qui sort du placard
Le pull noué sur les épaules, longtemps rangé au rayon des clichés des beaux quartiers, revient dans les tenues d'automne. Le geste tient en trois secondes : un pull fin posé sur les épaules, les manches nouées sur la poitrine, par-dessus une chemise ou un t-shirt. Reste à savoir si l'on ose.
Madame Figaro en a tiré, le 22 août 2026, un portrait amusé.
Le magazine y croque ceux qui le portent, chemise-chino sur le dos et souvenirs de côte atlantique à l'appui. Le titre de l'article interroge, avec une pointe d'ironie, l'identité de ces gens qui nouent leur pull autour de leurs épaules. Le personnage est connu, presque caricatural : le BCBG des beaux quartiers, dont ce geste a longtemps tenu lieu d'uniforme. Le 28 septembre 2026, la presse mode le décrivait pourtant de retour, dans le sillage du style preppy.
Des campus américains aux plages des années 1980
Les racines du geste remontent à la culture universitaire américaine des années 1930 et 1940. L'historienne de la mode Hayley Edwards-Dujardin rappelle que des étudiantes pouvaient porter sur leurs épaules le pull ou le blouson d'un sportif de leur université.
Le vêtement valait alors autant comme signe d'appartenance que comme pièce pratique. Il a ensuite suivi les tenues de sport et de bord de mer, avant que les années 1980 n'en fassent le signe de reconnaissance que l'on moque encore. Selon les générations et les milieux, il évoque aujourd'hui le preppy, les vacances sur la côte Atlantique ou la silhouette BCBG.
Pourquoi l'automne lui réussit
Les matins sont frais, les après-midi restent doux. On enlève le pull dès que le soleil s'en mêle, sans savoir où le mettre. Le nœud règle le problème : la maille reste disponible quand la température redescend, et les mains restent libres. Plusieurs personnes interrogées par Madame Figaro avancent d'ailleurs cette raison, bien avant toute considération de style.
La mi-saison vit de couches légères, qu'on ajoute et qu'on retire dix fois dans la journée. Émilie Coutant souligne dans Madame Figaro que le style se joue désormais davantage dans la manière de porter une pièce que dans la pièce elle-même.
Le retour du preppy, du quiet luxury (ce style « vieil argent » aux teintes sages) et l'intérêt renouvelé pour Carolyn Bessette-Kennedy ont remis les mailles, les chemises et les silhouettes sobres au centre des inspirations. Dans ce vestiaire, le pull noué fait figure de signature discrète, presque un clin d'œil. Mais il n'oblige pas à adopter tout le quiet luxury, précise la presse mode.
Le porter sans avoir l'air déguisé
Tout commence par le choix d'un pull fin : une maille épaisse risque de former un boudin sur la poitrine et de tirer sur le cou. Côté teinte, une couleur neutre (écru, sable, gris) s'accorde avec presque tout et évite l'effet panoplie.
Le nœud lâche suffit, et un pull simplement posé fait aussi l'affaire.
Les manches se croisent sur la poitrine sans serrer, et la maille repose sur les épaules plutôt que sur la nuque. En dessous, une chemise ou un t-shirt unis laissent le pull faire le travail. La tenue preppy complète n'a rien d'obligatoire, et la chemise-chino encore moins.
Version femme : sur une robe, un manteau, un jean large
Le geste n'appartient plus vraiment au personnage masculin BCBG auquel on l'a longtemps associé. Une femme peut l'adopter avec une robe, un jean large, une jupe, un short ou une chemise oversize.
Sur une robe fluide, un pull fin noué à la taille ou posé sur les épaules apporte la couche manquante, à condition de rester léger pour ne pas alourdir le tissu. Sur un manteau, l'effet se jouerait sur le contraste des matières, une maille douce contre un drap plus structuré, à essayer devant le miroir avant de sortir. Le principe reste le même que pour la chemise : un seul élément en mouvement, le reste de la tenue demeure calme.
Il peut aussi se nouer à la taille, ou filer dans un sac.
Ce qu'en pensent ceux qui le trouvent ridicule
Les railleurs y voient l'uniforme des beaux quartiers : chemise-chino, vacances sur la côte Atlantique, un entre-soi en maille. La moquerie vise moins le pull que le milieu qu'il est censé signaler. Madame Figaro choisit d'en sourire tout en donnant la parole à des personnes qui le portent.
Celles-ci répondent par le pratique : mains libres, maille à portée de bras. La lecture sociale, elle, reste affaire de point de vue, puisque le même geste évoque le preppy pour les uns, les vacances atlantiques pour d'autres, le BCBG pour d'autres encore.
Le vêtement ne change pas, mais l'allure oui.
À essayer dès demain matin
Le test se fait un matin frais, devant la porte : le pull le plus fin de l'armoire, dans une teinte neutre, posé sur les épaules avant même de choisir le nœud. Si l'allure vous plaît, croisez les manches sans serrer. Si elle vous semble trop calculée, laissez la maille tomber simplement sur vos épaules, sans rien nouer.
Le retour du pull noué en 2026 ne réclame ni quiet luxury intégral ni chemise-chino : le preppy tient ici dans un seul geste. Quand le froid s'installera pour de bon, le pull quittera les épaules pour retrouver le dos, et le nœud attendra le retour des beaux jours.
Sources : ma-grande-taille.com | cestbeaulavie.com
