On pourrait croire que la vaccination contre le Covid-19 est une formalité simple, accessible à tous les enfants dès lors qu'un adulte responsable les accompagne au comptoir d'une pharmacie. C'est en tout cas ce que pensait cette grand-mère, bien décidée à protéger sa petite-fille de 3 ans avant de la garder pendant les longues semaines d'hiver. Entre les virus qui circulent en crèche et les after-works annulés pour cause de gastro généralisée, l'idée semblait pleine de bon sens. Sauf que la réalité administrative et médicale est un peu plus nuancée que ça, et c'est précisément ce que le pharmacien a pris le temps d'expliquer, avec patience, à une grand-mère un brin désarçonnée.
- La vaccination contre le Covid-19 des enfants de 6 mois à 4 ans est réservée à ceux présentant une comorbidité à risque ou vivant avec une personne immunodéprimée.
- La vaccination d'un mineur nécessite l'accord des deux parents et un formulaire d'autorisation signé présenté par l'accompagnant.
- Pour les enfants de moins de 5 ans, une prescription médicale est obligatoire si l'injection n'est pas réalisée par un médecin.
À la pharmacie, la surprise d'un refus que je n'attendais pas
Direction la pharmacie du quartier, carte Vitale en poche et petite main dans la sienne, pour une vaccination qui semblait aller de soi. Mais le pharmacien a stoppé net l'élan bienveillant de cette grand-mère : non, l'enfant ne pourrait pas être vaccinée ce jour-là, ni probablement les suivants. Pas de mauvaise volonté de sa part, simplement l'application stricte des recommandations sanitaires françaises. La vaccination contre le Covid-19 chez les enfants de 6 mois à 4 ans reste en effet réservée aux profils à risque, selon la Haute Autorité de Santé. Une information qui a de quoi surprendre quand on a suivi l'actualité sanitaire des années précédentes, période durant laquelle la vaccination généralisée semblait la norme.
Pourquoi seuls certains enfants peuvent recevoir le vaccin
Cette recommandation concerne précisément les enfants âgés de 6 mois à 4 ans qui présentent un risque de forme grave de Covid-19, lié à au moins une fragilité ou une comorbidité, ainsi que ceux qui vivent dans l'entourage d'une personne immunodéprimée ou qui ne répond pas bien à la vaccination. Autrement dit, un enfant en bonne santé, sans pathologie particulière et sans proche fragile à la maison, ne rentre tout simplement pas dans les critères. Les comorbidités concernées sont nombreuses et listées précisément par les autorités sanitaires :
- l'hypertension artérielle compliquée
- les maladies cardiaques, vasculaires, hépatiques, rénales ou pulmonaires chroniques
- le diabète
- l'obésité
- les cancers
- la transplantation
- la trisomie 21
- certains troubles psychiatriques ou démences
Pour la campagne 2026-2027, de nouveaux vaccins adaptés aux nourrissons sont disponibles en France, notamment le Comirnaty XFG dosé à 10 microgrammes pour les enfants de 6 mois à 11 ans révolus. La HAS a d'ailleurs validé une évolution de la formulation du vaccin pédiatrique, afin de garantir la continuité de l'offre vaccinale : le vaccin à ARNm Comirnaty 10 µg peut désormais être utilisé chez les enfants à risque, en remplacement de l'ancienne formulation à 3 µg. Pour les enfants déjà infectés par le virus, un schéma allégé est prévu, avec une seule dose recommandée à partir de six mois après la dernière infection ou injection. À titre de comparaison, aux États-Unis, l'approche diffère légèrement puisque Spikevax reste le seul vaccin approuvé pour les nourrissons de 6 à 23 mois présentant une condition sous-jacente à risque. Cette logique ciblée n'est donc pas une spécificité française isolée, mais plutôt une tendance partagée par plusieurs autorités sanitaires.
L'autorisation parentale, une étape que j'ignorais complètement
Au-delà de la question de l'éligibilité, le pharmacien a aussi rappelé un détail logistique que bien des grands-parents ignorent : la vaccination d'un mineur nécessite l'accord des deux parents, ou des titulaires de l'autorité parentale, et la présence d'un accompagnant muni du formulaire d'autorisation signé. Impossible donc de se présenter seule, même avec les meilleures intentions du monde, sans ce document en bonne et due forme. Pour les enfants de moins de 5 ans, une prescription médicale est également obligatoire si ce n'est pas le médecin lui-même qui réalise l'injection : un infirmier, une sage-femme ou un autre médecin ne peut vacciner un si jeune enfant sans cette ordonnance préalable. Autant dire que la visite impromptue à la pharmacie, aussi pleine de bonnes intentions soit-elle, ne pouvait tout simplement pas aboutir ce jour-là.
| À faire en tant que grand-parent | À éviter |
|---|---|
| Se renseigner auprès des parents avant toute démarche médicale pour l'enfant | Prendre une décision de santé sans consulter les parents |
| Demander le formulaire d'autorisation parentale signé si besoin | Se présenter en pharmacie ou chez le médecin sans document officiel |
| Vérifier si l'enfant entre dans les critères médicaux spécifiques | Supposer que la vaccination est automatique pour tous les enfants |
| Échanger avec le médecin traitant en cas de doute sur une comorbidité | S'improviser décisionnaire à la place des parents |
Ce qui ressort surtout de cette anecdote, c'est combien le rôle de grand-parent demande aujourd'hui de la souplesse et de la communication. Vouloir bien faire ne suffit pas toujours : encore faut-il connaître les règles en vigueur, qui évoluent et qui, surtout, ne s'appliquent pas de la même façon à tous les enfants. La vaccination contre le Covid-19 est uniquement destinée aux enfants souffrant de comorbidités les exposant à un risque de forme grave, ou à ceux côtoyant régulièrement une personne immunodéprimée. Une précision essentielle, qui évite bien des malentendus et quelques déconvenues en pharmacie.
Avant de garder les petits-enfants cet hiver, mieux vaut donc échanger avec les parents sur les précautions à prendre, qu'il s'agisse de vaccination, de gestes barrières ou simplement de bon sens face aux virus de saison. Ce passage par la pharmacie, aussi frustrant qu'il ait pu paraître sur le moment, a au moins eu le mérite de clarifier les choses : être grand-parent aujourd'hui, c'est aussi accepter de se tenir informé, sans toujours tout savoir d'avance, et faire confiance aux parents pour les décisions qui leur reviennent légitimement.


