La rentrée s'annonce agitée du côté de Canal+. Alors que les feuilles commencent à tomber et que les soirées se font plus longues, la chaîne cryptée frappe fort avec le retour d'une franchise qui avait déjà marqué les esprits. Après le succès de Paris Has Fallen en 2024, voici venu le temps d'Apollo Has Fallen, suite directe portée par le duo Tewfik Jallab et Ritu Arya. Une série qui ne fait pas dans la demi-mesure : complots internationaux, virus mortel et trahisons en cascade s'annoncent au programme. De quoi rappeler que l'espionnage et le thriller géopolitique n'ont jamais vraiment quitté le petit écran, même si Canal+ semble vouloir hausser le ton cette fois-ci.
Un virus mortel, un mercenaire russe et une Europe au bord du chaos
Le point de départ ne laisse guère de doute sur les ambitions de la série : un avion détourné au large des côtes libyennes, et voilà toute une mécanique de conspiration qui se met en branle. Derrière cette attaque, un nom revient sans cesse, celui de Yuri Mishkin, mercenaire russe impitoyable à la tête du groupe Voltov. Son objectif est glaçant : mettre la main sur une arme biologique capable de décimer l'Europe entière. Pour cela, il n'hésite pas à enlever une virologue réputée et à la contraindre à travailler pour lui, une situation qui pousse le récit vers un registre nettement plus politique que la simple série d'action.
Ce qui frappe, c'est le refus de cantonner l'intrigue à un seul décor. L'action voyage de la Libye à Madrid, en passant par Londres, avec un tournage qui a mobilisé la Grande-Bretagne, Malte et l'Espagne. Ce choix de multiplier les terrains offre une respiration bienvenue, loin des huis clos parfois répétitifs du genre. On pense presque à ces séries d'espionnage british qui aiment déplacer leurs pions sur l'échiquier européen, sans jamais perdre le fil de la tension centrale.
Zara et Vincent, une amitié mise à l'épreuve par la trahison
Si le virus constitue la menace externe, c'est bien la relation entre Zara et Vincent qui structure émotionnellement la saison. L'agente du MI6 et l'ancien garde du corps français se retrouvent une nouvelle fois liés par une mission à haut risque, mais leur confiance mutuelle vacille dès qu'une taupe est soupçonnée au sein des services secrets. Zara, rongée par le doute, se retrouve isolée, tandis que Vincent laisse entrevoir une facette plus sombre, portée par un désir de vengeance qui bouscule son image d'homme mesuré.
Le casting s'étoffe pour l'occasion, avec l'arrivée de figures connues des amateurs de séries britanniques comme Richard Dormer ou Arthur Darvill, aux côtés de Jacek Koman, Charlotte Spencer, Annabel Scholey et Aylin Tezel. Ce renfort international n'est pas anodin : il traduit la volonté de la production de donner à cette suite une envergure dépassant largement le cadre franco-britannique initial. Une trajectoire logique, quand on sait que Paris Has Fallen avait déjà été distribué dans plus de 170 territoires.
Une diffusion événement dans 55 pays dès le 14 septembre
Reste la question du calendrier, et Canal+ ne fait pas les choses à moitié. La série sera diffusée en exclusivité à partir du 14 septembre 2026, avec un lancement simultané dans 55 pays. Une stratégie qui rappelle le succès rencontré par la première saison, laquelle avait notamment topé les charts d'Amazon UK et s'était hissée numéro un des séries non-polonaises les plus regardées en Pologne. Autant dire que les huit épisodes de 52 minutes attendus ne partent pas de rien.
Cette ampleur internationale confirme surtout un tournant pour les productions françaises d'action. Longtemps perçues comme des curiosités locales, elles semblent désormais capables de rivaliser avec les grosses machines anglo-saxonnes, tout en conservant une identité propre, incarnée ici par Howard Overman à l'écriture et par les réalisateurs David Caffrey et Alice Troughton.
Entre virus menaçant, mercenaire sans pitié et amitié mise à rude épreuve, Apollo Has Fallen coche toutes les cases du thriller efficace, sans pour autant se contenter de recycler les codes du genre. Reste maintenant à savoir si cette montée en puissance saura convaincre un public toujours plus exigeant, habitué aux séries d'espionnage venues d'ailleurs.
