Peut-on vraiment échapper à celui qui a contribué à vous créer ? Avec VisionQuest, disponible sur Disney+ depuis le 14 octobre, Marvel remet cette question très humaine au centre d’un récit pourtant peuplé d’intelligences artificielles.
Cette nouvelle série en huit épisodes suit Vision, toujours interprété par Paul Bettany, alors qu’il tente de vivre loin des laboratoires et des super-héros. Mais le programme réserve surtout un retour que les amateurs des premiers films Avengers n’attendaient plus : James Spader reprend Ultron. L’ancien adversaire métallique ne revient pas pour déclencher une bataille de plus. Installé dans l’esprit de Vision, il devient une présence ambiguë, parfois inquiétante, parfois étonnamment drôle. Une idée qui donne à cette fiction de science-fiction un parfum de thérapie familiale sous haute tension.
- VisionQuest suit Vision, rebooté et traqué, qui tente de définir son identité loin des super-héros.
- James Spader reprend Ultron, présent dans l’esprit de Vision sous une forme humaine dans le Mindspace.
- La série privilégie les conflits intérieurs et prolonge la veine intime de WandaVision.
James Spader retrouve Ultron dans VisionQuest, dix ans après Avengers : L’Ère d’Ultron
James Spader n’avait plus incarné Ultron depuis Avengers : L’Ère d’Ultron, le film où Vision apparaissait précisément comme une réponse à cette intelligence artificielle devenue incontrôlable. Ce retour n’a donc rien d’un simple clin d’œil destiné aux fans qui connaissent chaque recoin du Marvel Cinematic Universe. Dans VisionQuest, Ultron est une mémoire persistante, une voix que Vision ne peut pas entièrement faire taire. La série imagine un héros rebooté, traqué par ceux qui souhaiteraient le transformer en arme, contraint de prendre la route avec Thomas Shepherd, un adolescent mystérieux susceptible d’être lié à son fils.
Sur son chemin, Vision consulte plusieurs IA héritées de Tony Stark, dont J.A.R.V.I.S., F.R.I.D.A.Y., E.D.I.T.H. et Ultron. Ce dispositif pourrait paraître chargé, mais il sert surtout à mettre en scène des facettes contradictoires de l’identité de Vision : son héritage, ses blessures et sa capacité à choisir qui il veut devenir. Terry Matalas, showrunner de la série, prolonge ainsi la veine plus intime de WandaVision, loin du seul défilé de costumes et d’explosions.
Une nouvelle version d’Ultron, plus drôle et presque paternelle, au cœur de l’esprit de Vision
La surprise tient à la forme choisie pour faire revenir Ultron. Il n’est plus seulement une voix froide issue d’un programme détraqué : il apparaît sous une apparence humaine dans le Mindspace, un manoir mental situé à l’intérieur de Vision, où il passe notamment son temps à peindre. Cette vision presque victorienne, avec un Ultron aux allures dickensiennes, change radicalement la dynamique. James Spader joue moins l’ennemi mécanique que le mauvais parent impossible à évacuer : brillant, manipulateur, volontiers moqueur, mais parfois étrangement protecteur. L’acteur a lui-même décrit cette incarnation comme « plus vieille et plus sage ». Plusieurs critiques ont relevé la force de ce tandem avec Paul Bettany. Le San Francisco Chronicle estime que James Spader vole la vedette, tandis que TechRadar salue l’un des duos les plus solides des séries Marvel. La mise en scène semble comprendre qu’une conversation venimeuse dans un salon imaginaire peut produire davantage de trouble qu’un combat numérique saturé d’effets spéciaux.
En refermant la trilogie ouverte par WandaVision et poursuivie avec Agatha All Along, VisionQuest choisit donc une voie assez singulière dans le catalogue Disney+ : celle d’un feuilleton de science-fiction qui préfère les conflits intérieurs aux grands discours héroïques. Pour les spectateurs peu familiers de Marvel, l’enjeu reste très lisible : un homme artificiel apprend à vivre avec les voix de son passé. Et l’une d’elles porte le visage troublant de James Spader.



