The Haunting of Hill House : les décors de cette série culte dissimulent un malaise terrifiant

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Par Axel B.

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Revoyez la scène : Theo traverse la cuisine du manoir, concentrée, pressée. Et pourtant, juste derrière elle, dans l'embrasure d'une porte, une silhouette chauve surgit l'espace d'une fraction de seconde. Vous ne l'avez sûrement pas vue la première fois. C'est tout le principe de The Haunting of Hill House, série événement lancée sur Netflix en octobre 2018 et composée de dix épisodes.

Mike Flanagan, qui en signe la création, la réalisation et le scénario d'après le roman de Shirley Jackson, a confirmé avoir dissimulé des dizaines de silhouettes fantomatiques dans le décor des dix épisodes, sans jamais attirer la caméra sur elles. Un pari de mise en scène aussi culotté qu'efficace, qui mérite qu'on s'y attarde.

À retenir
  • Mike Flanagan a dissimulé jusqu'à trente fantômes easter egg dans les décors des dix épisodes de la série.
  • Ces silhouettes fantomatiques restent invisibles aux personnages et ne sont perceptibles que par les spectateurs attentifs.
  • Flanagan a également glissé des visages humains directement dans le design du décor, comme sur le papier peint ou les poignées de porte.

Des fantômes cachés dans chaque recoin de la maison

Le responsable des effets spéciaux Robert Kurtzman l'a révélé sans détour : jusqu'à trente fantômes easter egg se nichent dans les décors de la série, un plan pensé dès le départ par Mike Flanagan. Dès le premier épisode, un revenant se tapit en haut à droite du cadre, derrière une vitre, histoire de planter immédiatement l'ambiance. Un peu plus tard, une dame blanche de grande taille se tient juste derrière Theo pendant qu'elle part à la recherche d'une échelle, sans qu'elle s'en rende compte.

Le fantôme chauve aperçu derrière une porte n'est pas anodin non plus : il s'agit d'un clin d'œil à Mr. Pipes, le spectre tristement célèbre du mockumentary britannique Ghostwatch, diffusé sur la BBC en 1992. Cette référence montre à quel point Flanagan connaît son histoire du genre horrifique et s'amuse à y piocher. Dans l'épisode suivant, c'est sous un chandelier, à l'arrière-plan d'une scène de salle à manger, qu'une silhouette humaine se devine à peine.

Une technique de mise en scène pensée pour échapper au regard

Ce qui frappe, c'est la rigueur du procédé. Flanagan s'est amusé à dissimuler dans la pénombre d'innombrables esprits, tous plus effrayants les uns que les autres, sans jamais les exposer en pleine lumière. L'épisode trois pousse l'idée encore plus loin : Luke et Theo se tiennent littéralement face à un fantôme, la moitié d'un homme en noir juste devant eux, et ne réagissent absolument pas. On comprend alors que ces apparitions sont invisibles aux personnages, réservées au seul regard du spectateur attentif. C'est une inversion maligne du jump scare traditionnel, plus proche du travail patient d'un Jonathan Demme que des effets de surprise habituels du genre. Mike Flanagan a même confié à Entertainment Weekly avoir glissé des visages humains dans le design même du décor, sur le papier peint, les lampadaires ou les poignées de porte. Une obsession du détail qui transforme chaque visionnage en chasse au trésor macabre.

Voilà qui change notre manière de regarder une série d'horreur. Plutôt que de miser sur le choc frontal, Hill House cultive un malaise diffus, tapi dans les angles morts de l'image. Pour qui aime observer un plan dans ses moindres recoins, c'est une masterclass de mise en scène qui récompense la patience et la curiosité, bien plus qu'elle ne cherche à faire sursauter.

Axelb

Passionné de pop culture sous toutes ses formes, Axel ne rate jamais une série qui fait parler, un film à revoir dix fois ou une référence geek à glisser dans la conversation. Mais pas question pour ce jeune quadra de vivre collé à un écran : dès que l’occasion se présente, il enfourche son vélo, prend le large ou part en road trip, toujours curieux de découvrir ce qui l’attend au prochain virage.

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